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Fenelec : le prix du cuivre court-circuite les marchés

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La relance n’est pas pour demain dans le secteur des produits électriques et électroniques. «Il y a une vraie problématique de matière première dont l’impact économique est très fort. Nous subissons actuellement une hausse de pratiquement 100% du court du cuivre», révèle Ali El Harti, président de la Fédération nationale de l’électricité, de l’électronique et des énergies renouvelables (FENELEC). Conséquence: pour les entreprises qui ont des marchés en cours.

Cette hausse est source de tension de trésorerie et de blocage de projets, donc une impossibilité d’honorer leurs contrats étant donné que la hausse du prix ne peut être répercutée sur le donneur d’ordre. Pour les fabricants marocains de câbles, ceux par exemple qui étaient capables d’acheter 1000 tonnes de cuivre par an, réduisent les volumes, voire achètent la moitié, vu qu’ils ne sont plus capables d’acheter les mêmes quantités. Ces derniers adoptent donc une politique de rationnement des ventes. «Le fabricant va vendre la moitié de ce qu’il vendait avant. Il va choisir ses clients, choisir le type de cable qu’il va fabriquer, d’où la tension de trésorerie chez le fabricant, puisqu’il ne peut pas servir le marché avec la même quantité», explique Ali El Harti. De nombreuses matières premières sont cotées en bourse et le cours des métaux est souvent très volatil. Pour les métaux dits «non ferreux» (aluminium, cuivre, plomb et zinc), la cotation de référence est celle du London Metal Exchange (LME), qui représente 80% des échanges mondiaux. En y jetant un coup d’œil, l’on s’aperçoit qu’au soir du 12 octobre le cuivre est côté à 9.527 dollar américain la tonne.


Hausse vertigineuse des prix des produits importés
Il n’y a pas que le métal «cuivre» qui voit son prix grimper. Suite à ce qui précède, l’on assiste à une hausse vertigineuse des prix pour quasiment l’ensemble des produits électriques importés, donc une forte inflation.

L’impact économique fatal pour le opérateurs
Pour le dirigeant de la Fenelec, l’impact économique est fatal pour les entreprises du secteur. «J’ose dire que l’impact négatif de la hausse des courts de la matière première est plus fort que les conséquences de la Covid-19». Sur certains produits, notamment les câbles électriques, cette pénurie se traduit par une hausse du prix de vente. Ce qui au passage fait un appel d’air à la spéculation, «autant sur le marché local et international», précise El Harti.

Les composants électroniques aussi s’y mettent !
L’autre problématique touchant le secteur est celle liée à la logistique et les goulots d’étranglement sur l’offre de transport logistique frappant les composants électroniques, qui se traduit par une incapacité à maîtriser les délais de livraison. À l’inverse, les délais de production sont maîtrisés. «Certains ports aux États-Unis sont congestionnés. Pour décharger leurs conteneurs, dans certains ports du premier marché mondial de produits électroniques, certains bateaux doivent attendre une quinzaine de jours. D’où une indisponibilité de navires. Aujourd’hui, même si vous placez une commande, l’on n’arrive pas à vous livrer», explique le dirigeant. Là aussi, les prix sont directement impactés et tirés vers le haut.

Modeste Kouamé / Les Inspirations ÉCO

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