Éco-Business

Échanges extérieurs : les chiffres de l’Office des changes ne rassurent guère sur le blé

Au titre du premier mois de l’année 2022, les importations ont augmenté de 39,5%. De même, les exportations enregistrent une hausse de 23%.

À l’heure où les inquiétudes enflent au sujet de l’impact que pourrait avoir la crise ukrainienne sur la facture alimentaire du Maroc, les chiffres que viennent de publier l’Office des changes sur les indicateurs mensuels des échanges extérieurs ne viennent pas rassurer. Selon les données publiées, les importations de produits alimentaires s’accroissent de 56,3% ou +2,467 MMDH. Celles-ci sont principalement tirées vers le haut par la hausse des achats de blé (+1,706 MMDH), qui selon l’office «atteignent leur plus haut niveau durant les cinq dernières années».

Rappelons que ces indicateurs ne sont que ceux du mois de janvier, de quoi croiser les doigts. «Cette évolution est due à l’élévation simultanée des prix (+21,3% : 3.238 DH/t à fin janvier 2022 contre 2.669 DH/t à fin janvier 2021) et des quantités qui ont plus que doublé (805 mt à fin janvier 2022 contre 338 mt à fin janvier 2021)», explique l’Office des changes.

La facture énergétique toujours salée
La hausse des importations de biens touche l’ensemble des groupes de produits. En effet, la facture énergétique augmente de 67% ou +3,172 MMDH. Cette évolution est tributaire, principalement, de la hausse des approvisionnements en gas-oils et fuel-oils (+1,712 MMDH) due à l’accroissement des prix de 60,4% (6.436 DH/t à fin janvier 2022 contre 4.013 DH/t un an auparavant). Les quantités importées restent quasiment stables : 579 mt à fin janvier 2022 contre 502 mt à fin janvier 2021.

Le déficit commercial se creuse
Au titre du premier mois de l’année 2022, les importations ont augmenté de 39,5% ou +14,425 MMDH se situant à 50,905 MMDH. Ce niveau reflète la reprise post-Covid-19 qui s’est ressentie au 2e semestre de l’année 2021. En effet, ces importations ont affiché une moyenne de 45,514 MMDH/mois durant cette période. De même, les exportations s’élèvent à 30,645 MMDH enregistrant une hausse de 23% ou +5,729 MMDH. Au cours du 2e semestre de 2021, ces ventes ont enregistré une moyenne mensuelle de 29,095 MMDH. Ainsi, le déficit commercial augmente de 75,2%. Le taux de couverture, quant à lui, s’établit à 60,2%.

Les ventes d’engrais naturels et chimiques boostent les exportations
A fin janvier 2022, les exportations de marchandises se situent à 30,645 MMDH contre 24,916 MMDH un an auparavant, soit une hausse de 23% ou +5,729 MMDH. Cet accroissement concerne la majorité des secteurs, essentiellement, les phosphates et dérivés, le secteur de l’agriculture et agroalimentaire et celui du textile et cuir. Les ventes des phosphates et dérivés ont plus que doublé s’établissant à 7,793 MMDH à fin janvier 2022 contre 3,483 MMDH à fin janvier 2021. Cette évolution fait suite à l’augmentation des ventes des engrais naturels et chimiques (+3,120 MMDH) due à l’effet prix qui a plus que doublé (7.163 DH/t à fin janvier 2022 contre seulement 2.882 DH/t à fin janvier 2021). De leur côté, les quantités exportées n’enregistrent qu’une légère augmentation de 2,6%.

Hausse des ventes de l’industrie alimentaire
En parallèle, les exportations du secteur agricole et agroalimentaire augmentent de 8,4% ou +595 MDH, se situant à 7,654 MMDH à fin janvier 2022. Cette évolution s’explique par la hausse des ventes de l’industrie alimentaire (+36,2% ou +849 MDH). En revanche, les ventes de l’agriculture, sylviculture et chasse accusent une légère baisse de 5,3% ou -245 MDH.

Les professionnels du secteur textile et cuir se frottent les mains
De leur côté, les exportations du textile et cuir s’accroissent de 20% ou +499 MDH au titre du premier mois de l’année 2022. Cette évolution est attribuable à la hausse des ventes des principaux segments de ce secteur, en l’occurrence des vêtements confectionnés (+18,3% ou +280MDH), des articles de bonneterie (+18,4% ou +97MDH) et des chaussures (+21,7% ou +46MDH). Ces exportations dépassent, en moyenne, celles réalisées durant la période 2018-2021.

Les ventes d’automobile reculent
En revanche, les ventes du secteur de l’automobile reculent de 11,5% ou -911MDH s’élevant à 6,988 MMDH à fin janvier 2022 contre 7,899 MMDH une année auparavant. Le nombre de voitures de tourisme exportées à fin janvier 2022 affiche une quasi-stabilité par rapport au même mois de l’année précédente (22.112 voitures exportées à fin janvier 2022 contre 22.144 à fin janvier 2021).

Baisse des exportations de services
A fin janvier 2022, la balance des échanges de services affiche un excédent en baisse de 37,7% ou -1,647 MMDH : +2,725 MMDH contre +4,372 MMDH. Ce recul fait suite à une baisse des exportations (8,241 MMDH contre 10,081 MMDH, soit -18,3% ou -1,840 MMDH) plus importante que celle des importations (5,516 MMDH contre 5.709 MDH, soit -3,4% ou -193 MDH).

Chute des recettes de voyages
De leur côté, les recettes de voyages continuent leur chute pour la deuxième année consécutive atteignant 1,062 MMDH à fin janvier 2022, soit une régression de 58,6% par rapport à fin janvier 2021 et de 84,3% par rapport au même mois de l’année 2020. Les dépenses, quant à elles, ne baissent que de 12,6% ou -99MDH. Ainsi, le solde des voyages, principale composante des échanges de services, se situe à +375MDH à fin janvier 2022 contre +1,779 MMDH à fin janvier 2021 et +4.919MDH à fin janvier 2020. Les transferts de MRE baissent mais restent supérieures à ceux enregistrées durant le même mois entre 2018 et 2020. Les transferts de fonds effectués par les Marocains Résidents à l’Étranger s’établissent à 6,091 MMDH à fin janvier 2022 contre 6,748 MMDH à fin janvier 2021, affichant une baisse de 9,7% ou -657MDH. Néanmoins, ces recettes restent supérieures à celles enregistrées durant le même mois entre 2018 et 2020.

Légère baisse des IDE
A fin janvier 2022, les recettes des Investissements directs étrangers (IDE) enregistrent une légère baisse de 4,5% ou -79MDH (1,696 MMDH à fin janvier 2022 contre 1,775 MMDH à fin janvier 2021). De leur côté, les dépenses baissent de 14,8% ou -171MDH. Ainsi, le flux net des IDE augmente de 14,9% ou +92MDH passant de 618MDH à fin janvier 2021 à 710MDH à fin janvier 2022.

Les IDME aussi baissent
Au titre du premier mois de l’année 2022, les investissements directs marocains à l’étranger (IDME) se situent à 1,540 MMDH, affichant une baisse de 30,6% ou -678MDH par rapport au même mois de l’année précédente. D’un autre côté, les cessions de ces investissements portent sur un montant de 1.208MDH en hausse de 64,6% ou +474MDH. Ainsi, le flux net des IDME baisse de 77,6% ou -1,152 MMDH.

Modeste Kouamé / Les Inspirations ÉCO

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