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E-gov : vers où s’orienter ?

La transformation digitale et l’implémentation de grands projets de transformation digitale des structures de gouvernance sont en tête des priorités de plusieurs pays. Au Maroc, également, cette thématique figure parmi les leviers de transformation les plus importants du Nouveau modèle de développement. Cependant, vers quelle transformation digitale s’orienter en matière d’e-gov ?  

Après tant d’années et d’initiatives, sommes-nous encore en train de tâtonner pour accélérer la transformation digitale du Royaume ? Heureusement que l’adoption du digital a cet avantage d’offrir aux retardataires la possibilité d’opérer des sauts technologiques et de combler leur lacune sur leurs devanciers pour accélérer leur développement.

Cependant, sur quelles technologies le Maroc devrait parier ? Quel digital pour accompagner le développement du Royaume ? Quel modèle suivre ? Soulignons que d’un pays à l’autre, les environnements sont différents, idem pour les challenges. En matière d’e-gov, par exemple, le principal défi qui a guidé le besoin de digitaliser l’administration des Émirats Arabes Unis est la gouvernance centrée sur les citoyens.

Ainsi, ce pays du Moyen-Orient a lancé des initiatives du secteur public centrées sur les citoyens sous la forme de laboratoires d’innovation. En Asie, notamment à Singapour, l’on a créé une initiative appelée PS21 (ou Public Sector 21) pour susciter un esprit de services publics centrés sur l’utilisateur.

Le Canada, le Royaume-Uni et les États-Unis expérimentent tous divers instruments pour exploiter la contribution et l’expérience des citoyens dans la conception des services et des politiques publiques. Chaque pays aborde la question de la transformation digitale selon différents angles et selon ses défis. Qu’en est-il au Maroc ?

Dans le royaume, également, plusieurs défis orientent la transformation digitale qui s’opère. «Moyennant une feuille de route inclusive, l’ADD a pu identifier trois piliers majeurs pour le développement de la transformation digitale au Maroc : l’inclusion digitale et le développement du capital, le développement de l’écosystème digital et de l’innovation, et le Smart governement», explique Aziz Saouli, chef département coordination des infrastructures ADD.

L’expérience égyptienne
En matière d’e-gov, l’expérience de l’Égypte, en termes de transformation digitale, mérite d’être partagée. Selon Yassine Sekkat, directeur Associé McKinsey Expérience Egypte, c’est un pays qu’on n’a pas souvent dans les radars au Maroc. Pourtant, en matière de transformation digitale, l’expérience de l’Égypte mérite d’être partagée. «C’est un pays qui, selon la Banque mondiale, va devenir en 2025 la première économie africaine, devant l’Afrique du Sud et le Nigéria. On ne le sait pas assez.

La croissance de l’Égypte ces trois dernières années est égale au PIB marocain. C’est aussi un pays qui est en train de connaître sur le plan digital une croissance dont le Maroc pourrait beaucoup s’inspirer, y compris dans le secteur public et la digitalisation de l’administration. Le problème qui était à l’origine du cas égyptien est que l’État perdait beaucoup d’argent, entre sa capacité à collecter ses entrées financières et son aptitude à distribuer, payer ses fournisseurs, les fonctionnaires… Mais aussi à distribuer directement les subventions aux populations, en particulier les agriculteurs.

À cela s’ajoutaient les défis d’un système de santé loin d’être performant, un accès à la santé mitigé, avec des temps de remboursement très longs, et un besoin d’aider directement la population». Pour Yassine Sekkat, l’État égyptien est partie de problèmes «très similaires à ce que rencontre le Maroc aujourd’hui, notamment le RSU, la généralisation de la protection sociale, mais aussi le besoin de gérer la partie paiement».

Pour le consultant, ce sont les exigences qui ont guidé le besoin de digitaliser l’administration égyptienne. «L’originalité du cas égyptien est qu’il ont fait confiance au secteur privé pour digitaliser l’administration, avec un succès assez phénoménal».

Après plusieurs initiatives, comment donner un coup d’accélérateur à la  transformation digitale au Maroc
La transformation digitale et l’implémentation de grands projets de transformation digitale des structures de gouvernance figurent en tête des priorités de plusieurs pays. Au Maroc, également, cette thématique est parmi les leviers de transformation les plus importants du Nouveau modèle de développement. Et ce ne sont pas les initiatives qui ont manqué. Le plan Maroc numérique en 2013, le plan Maroc digital 2020, la création de l’Agence de développement du digital (ADD) en 2019, la création de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP)…

Autant d’initiatives qui ont été implémentées cette dernière décennie et qui ont permis d’aboutir à un certain nombre de projets et d’initiatives digitales réussis, notamment au niveau de plusieurs secteurs (Direction générale des impôts, Portnet,…).

Cependant, «ces efforts n’arrivent pas à accélérer la transformation digitale au Maroc», souligne Mohammed Essaidi, chef de pôle SI&TD CMR et vice-président de l’AUSIM. D’où l’intérêt d’un tel sujet et la volonté de l’AUSIM de mettre autour de la table des acteurs importants de ce secteur, afin d’émettre un certain nombre de recommandations à soumettre aux pouvoirs publics dans l’optique d’améliorer le processus de transformation digitale au Maroc.

Modeste Kouamé / Les Inspirations ÉCO
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