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Secteur minier. La feuille de route pour 2015-2025

Le Maroc s’est toujours donné les moyens de parfaire son attractivité géologique et minière en se donnant d’une infrastructure géoscientifique performante, laquelle constitue une assise indispensable.

Les études menées par des chercheurs tant nationaux qu’internationaux en différentes disciplines des sciences de la terre ont montré que les ressources minérales du Maroc et ses structures géologiques présentent une forte complexité, tant par la diversité des phénomènes rentrant en jeu que par la multitude des paramètres à étudier. Cela a suscité l’amorce de la mise en place, à l’échelle nationale, d’une infrastructure géologique performante représentée notamment, sous forme de cartes géologiques, géophysiques, géochimiques et de cartes de synthèse thématique aux échelles régionale et nationale, et accompagnée d’études et de recherches fondamentales et appliquées.


Feuille de route pour la période 2015-2025
À cet effet, une feuille de route nationale de développement de l’infrastructure géologique et géo-thématique pour la période 2015-2025 a été élaborée en 2015 et mise en œuvre. L’objectif étant d’assurer la disponibilité d’une infrastructure géologique et géothématique de qualité et de mettre en valeur les ressources naturelles à travers la mise à disposition du public concerné et des sociétés minières et pétrolières d’informations documentaires et cartographiques couvrant les zones métallogéniques prometteuses. Un plan d’actions de cette feuille de route, articulé autour d’objectifs stratégiques et opérationnels liés notamment à la stratégie minière, a été fixé et qui vise à faire passer le taux national de couverture en cartes géologiques, géochimiques et géophysiques, respectivement de 36%, 8% et 42% en 2014 à 51%, 25% et 49% à l’horizon 2025. Vision stratégique 2021-2030.

Dans le même élan, le MEME prévoit l’élaboration d’une vision stratégique 2021-2030 pour donner plus d’ampleur et une nouvelle dynamique à la cadence et à la répartition des infrastructures géoscientifiques nationales afin qu’elles puissent répondre et assurer la mise à disposition des opérateurs et investisseurs miniers une information probante, numérique et tri-thématique englobant la géologie, la géophysique et la géochimie. Cette nouvelle vision stratégique est appelée à contribuer activement dans la mise en œuvre du Plan Maroc Mines, dont le pilier II, relatif à la structuration de l’écosystème minier, prévoit le renforcement des efforts de recherche, de promotion et de supervision, via trois axes stratégiques à savoir la structuration du développement et de l’exploitation de l’infrastructure géologique , le développement d’un laboratoire national minier ainsi que la définition du portage et des mécanismes de coordination interministérielle du développement des minerais stratégiques. Aussi, des travaux d’inventaires des ressources minérales et le capital de connaissances géologiques sur le sous-sol pour mener des projets de valorisation du potentiel minéral à la recherche de nouvelles cibles, à plus de profondeur, devront être mis en œuvre.

Dans ce sens, les différentes approches de prédictivité permettent de mettre en évidence des zones avec un fort potentiel de découverte. L’analyse des résultats de la prédictivité amènerait à identifier les secteurs à explorer en priorité. Il s’agirait entre autres de développer des travaux de compilation et de traitement des données sur un chantier régional pilote (zone minière de Tafilalet-Figuig), et d’intégrer progressivement d’autres chantiers régionaux au niveau des zones prioritaires. Il faudra également communiquer sur les travaux sans oublier la réalisation d’un démonstrateur et la valorisation des résultats avec un retour d’expériences. Enfin, ajouter à tout cela, le lancement des travaux d’un chantier régional avec les partenaires académiques et la mise en place d’une structure d’échanges. Ces immenses investissements et excellents outils mis en place ou en passe d’être déployés par le Maroc ne visent pas uniquement à valoriser le potentiel géologique du Royaume, mais vont permettre, également, aux investisseurs et aux sociétés minières et pétrolières nationales et internationales d’éviter les très efforts coûteux liés principalement à la phase de recherche.

Nombreux challenges

Face à la complexité croissante des enjeux à maîtriser dans la mise en œuvre des politiques publiques et à la demande d’expertise induite, impliquant le sous-sol, ses ressources et les risques associés, naturels et anthropiques, le MEME s’attèle à insuffler une nouvelle dynamique au secteur minier en mesure de développer davantage toute la chaîne des valeurs de l’industrie minière depuis l’exploration jusqu’à la valorisation et la transformation des minerais. Ces enjeux se traduisent par des challenges à relever en déployant des mesures concrètes et anticipées. Il est question essentiellement d’assurer la sécurité d’approvisionnement, dans un contexte marqué par une demande accrue des matières premières énergétiques et minérales avec une raréfaction de ces ressources, d’instaurer des politiques d’atténuation du changement climatique ainsi que la gestion des risques (submersion marine, mouvements de terrain, érosion des sols, …) exacerbée sous l’impact du changement climatique global lié à la forte concentration démographique dans les zones urbaines et les zones fragiles, tel que le littoral, et à l’action de l’homme (émission des gaz à effet de serre, déforestation, aménagement des espaces verts). La gestion et promotion des ressources géo-patrimoniales en tant que véritable levier d’un développement territorial durable ainsi que l’adhésion à l’ouverture de notre pays sur le continent africain par le renforcement de la coopération dans le domaine de la recherche minière sont cruciales.

Khadim Mbaye / Les Inspirations Éco Docs

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