Éco-Business

Des importateurs agréés assurent la distribution

Le mode d’acheminement vers les marchés à l’export se fait à hauteur de 80% par des camions frigorifiques, tandis que les circuits de distribution et de commercialisation sont maîtrisés par des importateurs agréés par les chaînes de distribution.

S’il y a une filière qui cartonne actuellement à l’export, c’est bien évidement la filière des fruits rouges, qui affiche les meilleures performances grâce a l’implantation au Maroc de grandes firmes internationales. Et pour la seule campagne 2016-2017, cette filière a réalisé un chiffre d’affaires à l’export de 3,440 MMDH grâce aux cultures de la myrtille, de la fraise et de la framboise. Aujourd’hui, la superficie totale des petits fruits rouges au Maroc a atteint 5.363 ha dont 3.050 ha pour la fraise, 1.200 ha pour la myrtille et 1.100 pour la framboise, tandis que le reste est dédié à la mûre et aux baies de Goji. «Étant donné le caractère périssable des fruits rouges, le mode d’acheminement vers les marchés se fait à hauteur de 80% par des camions frigorifiques dans le cadre de quotas d’autorisation de circulation entre les entreprises de TIR marocaines et européennes», explique Mohammed Ammouri, président de la Fédération interprofessionnelle marocaine des fruits rouges (Interproberries Maroc).

Une distribution maîtrisée
Et d’ajouter que «les circuits de distribution et de commercialisation sont maîtrisés par des importateurs agréés par les chaînes de distribution qui livrent la marchandise aux grandes et moyennes surfaces (GMS) et, dans une moindre mesure, par les marchés de gros», indique-t-il. Il va sans dire que l’avantage de ce mode de distribution -surtout dans le marché anglais- est que les prix sont stables et ne changent qu’une fois par semaine en fonction de volume sur le marché. Pour le reste de l’Europe, c’est le flux continu qui est utilisé, le prix changeant quotidiennement en raison de la durée de vie limitée (shelf life) des fruits rouges. «Les producteurs-exportateurs prennent des risques puisqu’il suffit d’enregistrer une grève, un imprévu douanier ou un blocage à cause de la traversée entre le port de Tanger Med et Algésiras pour que la qualité du produit soit affectée», avance Mohammed Ammouri.

La myrtille résiste mieux
À titre d’illustration, c’est la myrtille et la framboise qui résistent le mieux avec des durées de vie respectives de 1 mois et de 8 jours, tandis que la fraise jouit, elle, d’une durée de vie de 7 jours, dont 4 jours de transit time avant de parvenir au client final. «C’est grâce à la durée de vie de la myrtille que ce produit est exporté en Russie après une semaine de voyage. Pour les destinations lointaines, notamment le marché nord-américain, le Moyen-Orient et l’Asie, l’export se fait par fret aérien, d’une durée de 2 jours», explique Ammouri. Quoi qu’il en soit, ce secteur en est à sa troisième décennie de développement, depuis ses débuts dans les périmètres du Loukkos et du Gharb puis son développement dans les régions du Souss et de l’Oriental. La filière veut conquérir d’autres marchés, mais faute de protocoles ou d’accords phytosanitaires, surtout avec la Chine, le Japon et la Corée du Sud, les exportations ne sont pas acheminées vers ces marchés.

Le taux d’exportation élevé
Par ailleurs, la culture des fruits rouges est menée au Maroc par 629 exploitations agricoles dont 593 consacrées à la fraise, tandis que 20 et 12 exploitations sont respectivement dédiées à la framboise et la myrtille. De plus, les grandes firmes internationales ont réalisé d’importants investissements dans les 23 unités industrielles de conditionnement et de surgélation et l’installation de structures d’encadrement bénéficiant aux groupes de producteurs. Aujourd’hui, près de 20% des fraises marocaines sont exportées en frais de novembre à mars, tandis que 55% sont surgelées d’avril à juillet et 25% sont réservées au marché national. La quasi-totalité des exportations sont certifiées et répondent aux normes techniques des marchés européens et américains, notamment en matière de contrôle des résidus des produits phytosanitaires et de traçabilité. Concernant le taux d’exportation, il est actuellement de 75% pour les petits fruits rouges, de 95% pour les myrtilles et de 90% pour les framboises. D’autres cultures sont en cours de développement, à l’instar de la mûre et des baies de Goji. La principale destination des exportations des fruits rouges est l’Union européenne, de par sa proximité avec le Maroc, qui est le 12e exportateur de fruits rouges au niveau mondial. 

Investissement : voici où placer son argent en 2023 au Maroc



Rejoignez LesEco.ma et recevez nos newsletters


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page