Éco-Business

Dans l’Oriental, 96% des entreprises sont des « micro-entreprises »

L’analyse du tissu des entreprises actives dans l’Oriental fait ressortir, selon le rapport relatif à son tissu entrepreneurial, une prépondérance des micro-entreprises. En effet, près de 98,3% des entreprises de la région ont généré un CA n’excédant pas 10 MDH.

À l’instar de Casablanca-Settat et Fès-Meknès, la Région de l’Oriental vient de se doter de son rapport annuel relatif au tissu entrepreneurial de la région. Réalisé par l’Observatoire marocain de la très petite, petite et moyenne entreprise (OMTPME) avec la contribution du Centre régional d’investissement, ce document est une déclinaison régionale du rapport annuel de l’Observatoire réalisé au niveau national.

L’objectif est de fournir un diagnostic du système productif régional et de mettre à la disposition des acteurs publics et privés une série d’indicateurs clés relatifs à la démographie et à la santé économique et financière des entreprises, notamment les TPME, qui constituent une composante importante de l’économie nationale.

Le rapport en question a été établi sur la base des données sur l’emploi, arrêtées à fin 2019 et fin 2020. Il dresse aussi l’état des lieux du tissu productif de la Région de l’Oriental qui concentre près de 6,4% du total des entreprises déclarées au niveau national, à la DGI, la CNSS ou à l’OMPIC, soit 36.563 entreprises actives, dont près de 96% sont des micro-entreprises (chiffre d’affaires individuel inférieur à 3 MDH).

À noter que 65% des entreprises de cette région sont concentrées dans la préfecture d’Oujda et la province de Nador. Au niveau sectoriel, plus de 52% des entreprises opéraient, en 2019, dans le commerce et la construction, contre 48% au plan national.

Aussi, les TPME employaient près de 84% de l’effectif déclaré à la CNSS, contre 73,1% à l’échelle nationale. Plus de 40% de ces emplois étant concentrés au niveau de la préfecture d’Oujda.

La prépondérance des micro-entreprises

Au titre de l’année 2020, la crise pandémique a provoqué une baisse de 52,8% du nombre des entreprises affiliées à la CNSS, ainsi qu’une régression des emplois déclarés de 46,2%, contre, respectivement, 48,3% et 35,4% au niveau national. Il va sans dire que l’assouplissement des règles sanitaires décidé par les autorités, en juillet 2020, a eu un impact immédiat à la fois sur le nombre d’entreprises affiliées et sur les déclarations des emplois de l’Oriental, qui ont retrouvé des niveaux quasi-similaires à ceux de juillet 2019, à l’exception des entreprises opérant dans les secteurs de «l’hébergement et la restauration» dont les actes d’affiliation et les déclarations d’emplois ont baissé, respectivement, de 4,5% et de 0,8%.

Quant à la situation financière des TPME de la Région de l’Oriental, elle fait ressortir, au titre de l’exercice 2019, des marges de liquidité et de solvabilité limitées, ainsi qu’une trésorerie nette positive qui reflètent un manque de dynamisme de leurs activités. Par ventilation de l’effectif des entreprises actives de l’Oriental par sous-branches d’activité, au titre de l’année 2019, près de 98,3% des entreprises ont généré un CA n’excédant pas 10 MDH. L’analyse du tissu des entreprises actives de l’Oriental fait ressortir, par catégorie, durant la même période, la prépondérance des micro-entreprises ayant un CA compris entre 0 et 1 MDH, qui constituent 91,4% de l’effectif total.

Cette proportion est limitée à 4,3% pour les entreprises dont le CA est compris entre 1 et 3 MDH. Quant aux moyennes et grandes entreprises, elles n’ont représenté que 0,2% et 0,1% de ce total. Cette prédominance concerne les secteurs des «arts, spectacles et activités récréatives», ainsi que «d’autres activités de services» et «activités financières et d’assurance», avec, respectivement, des parts de 100%, 99,6% et 99,3%.

La personne physique est la forme prédominante


On relève que le status de personne physique est prédominant dans la Région de l’Oriental. La répartition des entreprises actives selon leurs formes juridiques montre, en effet, la prépondérance des entreprises personnes physiques actives (EPPA) avec une part de 64,4% dans l’effectif total. La seconde forme juridique la plus importante est celle des sociétés à responsabilité limitée (SARL) dans une proportion de 22,8%. Elle est suivie de la SARL à associé unique (SARL-A.U.) avec 9,6%.

La répartition des créations d’entreprises par secteur d’activité fait ressortir que 62,4% d’entre elles ont été opérées dans trois secteurs, à savoir le «commerce, réparation d’automobiles et de motocycles», la «construction» et les «activités de services administratifs et de soutien», avec des parts respectives de 27,2%, 21,3% et 13,9%. En termes de dissolutions anticipées des entreprises «Personnes Morales», au cours de l’année 2019, 395 structures étaient concernées par ce phénomène au niveau de la région. La ventilation provinciale révèle la prédominance de la préfecture d’Oujda qui recense, à elle seule, 47,3% du total. Au second rang, vient la province de Nador, avec une part de 31,1%.

Pour ce qui est de la province de Berkane, cette proportion est de 13,9%. Trois secteurs ont totalisé une part de 68,2% de ces dissolutions anticipées. Il s’agit du «commerce, réparation d’automobiles et de motocycles» qui détient la plus grande part avec 30,9%, suivi de la «construction» avec 29,1% des dissolutions, et des «activités de services administratifs et de soutien» avec 8,2%.

Par ailleurs, les entreprises personnes morales actives (EPMA) et les entreprises personnes physiques actives (EPPA) de la région ont généré un chiffre d’affaires (CA) de 34 MMDH au titre de l’exercice 2019, dont 63,3% généré par les TPME et 36,7% par les GE (Grandes entreprises). Près de 88% du CA des entreprises de l’Oriental est concentré sur Nador et Oujda.

La ventilation provinciale montre qu’en 2019, la province de Nador et la préfecture d’Oujda ont contribué, à elles seules, à près de 88% du CA global des EPMA et EPPA de la région. Elles sont suivies par la province de Berkane qui enregistre une part de 6,4%.

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO

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