Éco-Business

Croissance : la reprise s’annonce bonne

Après une douloureuse expérience liée à la crise de la Covid-19, tout porte à croire que les mois à venir seront moins difficiles que le tout dernier trimestre de 2020.

L’arrêté des comptes nationaux fait ressortir une croissance de l’économie nationale à 1% au premier trimestre 2021. Une évolution positive comparée à la performance de 0,9%, durant le même trimestre de l’année précédente. Selon le Haut-commissariat au plan (HCP), à l’origine de ces évaluations, cette hausse est le résultat d’une forte hausse de l’activité agricole de 20,5%.


«Le secteur agricole s’est très bien comporté contribuant ainsi à hauteur de 20,5 % à la croissance économique» et ce, «grâce à une bonne pluviométrie à la portée de l’économie», confirme Zakaria Firano, enseignant-chercheur à l’Université Mohammed V de Rabat Agdal.

Déjà au tout début de l’année, le cumul pluviométrique moyen national s’élevait à 184 mm, soit presque l’équivalent des précipitations d’une année normale (184,2 mm), et en hausse de 42% par rapport à la même période de l’année 2019. Néanmoins, la clémence du ciel n’est pas l’unique locomotive de cette prouesse.

En parallèle de cette belle moisson, l’on retrouve une bonne résistance de bon nombre de secteurs non agricoles, lesquels n’ont pas été à la merci de la Covid-19. Il s’agit notamment de l’automobile et l’aéronautique, souligne le spécialiste. En effet, la valeur ajoutée du secteur secondaire a réalisé une augmentation de 1,5% au lieu de 1,8% durant le premier trimestre de l’année précédente. Ceci découle de l’amélioration des valeurs ajoutées de l’industrie d’extraction de 5,2% au lieu d’une baisse de 0,5%, des industries de transformation de 1,6%, le même taux de l’année précédente de l’électricité et eau de 0,6% au lieu d’une baisse de 2,6% et du bâtiment et travaux publics de 0,2% au lieu d’une hausse de 5,8%. Un autre facteur: la hausse de la demande intérieure expliquerait également cet exploit annonçant ainsi «des lendemains meilleurs». Avec une progression de 3,5% au premier trimestre 2021 au lieu de 0,1% la même période de l’année 2020, la demande de biens et de services adressée par toutes les unités résidentes pour satisfaire leurs besoins a contribué ainsi pour 3,8 points à la croissance économique nationale au lieu de 0,2 point.

Dans ce cadre, explique le HCP, les dépenses de consommation finale des ménages ont connu une hausse de 2,4% au lieu de 5,8%, contribuant pour 1,5 point à la croissance au lieu de 3,4 points.De même, poursuit la même source, la consommation finale des administrations publiques a affiché une augmentation de 6,2% au lieu de 3,6%, avec une contribution à la croissance de 1,3 point au lieu de 0,7 point.

De son côté, l’investissement brut (formation brute de capital fixe et variation de stocks) a enregistré une augmentation de 4,1% au lieu d’une baisse de 13,2%, avec une contribution à la croissance de 1 point au lieu d’une contribution négative de 4 points, durant le même trimestre de l’année précédente. Cependant, la valeur ajoutée du secteur tertiaire s’est contractée de 2,9% au premier trimestre 2021 après avoir enregistré un accroissement de 1,5% le même trimestre de l’année précédente. Cette baisse a résulté de l’effet conjugué du repli des valeurs ajoutées des hôtels et restaurants, des transports, des postes et télécommunications, des services financiers et assurances et du commerce.

Au total, la valeur ajoutée des activités non agricoles a connu, ainsi, une baisse de 1,4% au premier trimestre 2021, au lieu d’une hausse de 1,7% à la même période de l’année passée. Dans ces conditions, et tenant compte de la baisse de 0,4% des impôts sur les produits nets des subventions, le Produit Intérieur Brut (PIB) en volume a enregistré une hausse de 1% durant le premier trimestre 2021 au lieu de 0,9% une année auparavant. On est encore très loin des prévisions très optimistes de Bank Al-Maghrib qui prévoient une croissance du PIB de 5,3% pour l’année 2021 de mêmes que celles du Fonds monétaire international (FMI) pour qui l’économie marocaine devrait enregistrer un taux de croissance de 4,5% en 202. Ces propositions reposent essentiellement sur une année agricole normale et une reprise économique pleine à partir du deuxième semestre de l’année. Celle-ci est tributaire au bon déroulement du déploiement de la stratégie nationale de vaccination contre le virus de la Covid-19. 

Khadim Mbaye / Les Inspirations Éco

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