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Conjoncture : le net ralentissement de l’activité économique au 1er trimestre confirmé

Bank Al-Maghrib confirme l’important ralentissement de l’activité au cours des trois premiers mois de l’année, affirmant ainsi ce qui a été déjà annoncé par le Haut-commissariat au plan. Au niveau sectoriel, hormis trois branches, toutes les autres sont en régression. Parallèlement, la demande intérieure et l’investissement ont repris, mais les exportations ont cru moins vite que les importations. Sur le marché du travail, le taux de chômage a baissé, mais on est encore loin de la situation pré-pandémique. 

La Banque centrale vient de confirmer le ralentissement de l’activité économique au premier trimestre. Précédemment annoncé par le Haut-commissariat au plan, ce ralentissement découlerait d’un environnement extérieur difficile, en lien notamment avec le conflit en Ukraine, et les conditions climatiques défavorables qui ont marqué la campagne agricole.


Au niveau sectoriel, cette saison s’est, en effet, caractérisée par un déficit pluviométrique au niveau de l’ensemble des régions, atteignant au 10 mai, près de 29% aussi bien par rapport à la campagne précédente que par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Le taux de remplissage des barrages est ainsi demeuré bas, se limitant, au 13 mai, à 34,2% contre 51,2% un an auparavant .

Le TUC à 70,5%
Au niveau des industries de transformation, les résultats de l’enquête de conjoncture de Bank-Al Maghrib indiquent une baisse du TUC (Taux d’utilisation des capacités) en moyenne de 1,1 point à 70,5%, au premier trimestre. Dans le BTP, la valeur ajoutée a progressé de 6,4% au quatrième trimestre 2021 contre une baisse de 1,9% à la même période une année auparavant.

Au premier semestre 2022, par contre, les données disponibles indiquent un repli de 22,8% des ventes de ciment au cours du mois d’avril, ce qui a ramené la baisse sur les quatre premiers mois de l’année à 5,1%, contre un accroissement de 19,5% un an auparavant. Concernant la branche «électricité et eau», la croissance de la valeur ajoutée s’est élevée à 6,9% au quatrième trimestre de l’année écoulée, après une quasi-stagnation.

Au premier trimestre, l’activité aurait continué à s’améliorer comme l’indique la hausse de 4,2%, après 0,7% une année auparavant, de la production de l’électricité. Par source, celle-ci s’est accrue de 7,3% pour le thermique et de 12,7% pour l’éolien et a, en revanche, chuté de 39,7% pour le solaire et de 32% pour l’hydraulique.

Parallèlement, la demande a progressé de 2,2% et le solde des échanges extérieurs d’électricité est resté excédentaire, s’établissant à 35 GWh.

Repli de 11% de la production marchande de phosphates
Pour les industries extractives, leur valeur ajoutée a accusé une régression de 2% au quatrième trimestre contre un accroissement de 8,8% une année auparavant. Cette contreperformance devrait persister au premier trimestre 2022 comme le laisse présager le repli de 11% de la production marchande de phosphates.

Cependant, l’activité devrait tirer profit, au cours des mois prochains, de la baisse de l’offre mondiale à la suite notamment de la décision des autorités russes de suspendre les exportations de cette matière première.

Une progression de 5,9% des arrivées de touristes
De son côté, la branche «hôtels et restaurants» a poursuivi son redressement graduel, avec une croissance de 44% au lieu d’une diminution de 57,7% un an auparavant. Cette reprise devrait se confirmer au premier trimestre 2022, à la faveur notamment de la réouverture des frontières nationales au début du mois de février et de la mise en œuvre par le gouvernement du programme d’urgence -d’un montant de 2 milliards de dirhams- pour soutenir le secteur.

Les dernières données disponibles à fin février indiquent une progression de 5,9% des arrivées de touristes, avec une hausse de 47,6% pour les touristes étrangers et un repli de 9,1% pour les MRE. De même, les nuitées recensées dans les établissements classés ont augmenté de 19,8% globalement, (+33,1% pour les non-résidents et +15,5% pour les résidents).

S’agissant des services de transport, leur valeur ajoutée s’est accrue de 5,5% au quatrième trimestre 2021, en glissement annuel, après une baisse de 22,8% un an auparavant. Au premier trimestre 2022, les données disponibles révèlent une amélioration de l’activité pour l’aérien avec la réouverture des frontières à partir du 7 février, le volume de trafic de voyageurs ayant atteint 2,2 millions de passagers, soit un taux de récupération de 65% par rapport à la même période de 2019.

En revanche, pour le maritime, les indicateurs disponibles montrent une accentuation de la baisse du trafic à 5,5%, après 1,9% un an auparavant, du transport de marchandises au niveau des ports gérés par l’Agence nationale des ports. Au niveau des postes et télécommunications, la valeur ajoutée a enregistré un repli de 2% au quatrième trimestre 2021, après celui de 1% il y a un an.

Au premier trimestre 2022, l’activité resterait atone, comme l’atteste la nouvelle contraction de 2,7% du chiffre d’affaires de Maroc Télécom, suite à la diminution des revenus des activités Mobile.

Ralentissement de la consommation des ménages

Subissant les retombées de la sécheresse sur les revenus agricoles et le renforcement des pressions inflationnistes, la consommation des ménages se serait ralentie, affichant une augmentation de 0,8%, au lieu de 5,1% un trimestre plus tôt. La consommation des administrations publiques aurait, pour sa part, progressé de 5,3%, au lieu de 5,2% un trimestre plus tôt, en ligne avec l’accroissement des dépenses de fonctionnement.

Une perte de 183.000 postes dans l’agriculture 

La situation du marché du travail a enregistré, entre le premier trimestre 2021 et celui de 2022, une perte nette de 58.000 postes. La baisse de l’emploi a concerné uniquement le milieu rural où l’agriculture a accusé une perte de 183.000 postes.

Dans les autres secteurs, la hausse a été de 85.000 dans les services, de 29.000 dans le BTP et de 13.000 dans l’industrie y compris l’artisanat. Tenant compte d’une sortie nette de 126.000 demandeurs d’emplois, le taux d’activité a affiché une nouvelle baisse, revenant de 45,5% à 44,5%, et le taux de chômage est passé de 12,5% à 12,1% au niveau national, (de 17,1% à 16,3% en milieu urbain et de 5,3% à 5,1% en zones rurales).

Pour les jeunes de 15 à 24 ans en particulier, ce taux a augmenté de 0,9 point à 33,4% globalement et de 2,1 points à 47,7% dans les villes.

Sami Nemli / Les Inspirations ÉCO


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