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Conjoncture : le HCP prévoit une croissance de 5,8% en 2021

Selon le Haut-commissaire au plan, le royaume devrait enregistrer une croissance de 5,8% à la fin de l’année en cours. Une croissance qui serait notamment portée par le secteur primaire, qui enregistrerait un rebond de 17, 5%, mais aussi par les activités secondaires où le secteur du Bâtiment et travaux publics connaîtrait une hausse d’activité de 3,5%.  Les détails.

Le Haut-commissariat au plan (HCP) a sorti une note sur la situation économique en 2021 et ses perspectives en 2022. Il ressort de ce document que le Maroc devrait enregistrer une croissance de 5,8% à la fin de l’année en cours. Ce sera donc un rebond de croissance, après une profonde récession en 2020, qui serait principalement imputable aux perspectives prometteuses de la campagne agricole 2020/2021, mais également à la reprise des activités non agricoles profitant d’une atténuation des effets négatifs de la crise sanitaire reflétant ainsi le début de redressement de l’économie nationale. En effet, après la succession de deux années de sécheresse, la campagne agricole 2020/2021 se déroule dans des conditions climatiques favorables. La bonne répartition spatio-temporelle des précipitations, devrait permettre la réalisation d’une production céréalière estimée à 98 millions de quintaux en hausse de 206% par rapport à la campagne précédente, et de 54,8% en comparaison avec la moyenne des cinq dernières années.


Une hausse de 17,5% des activités primaires attendue
Ces conditions climatiques devraient également renforcer la production des autres cultures notamment, les arboricultures et les cultures industrielles et maraîchères. En parallèle, l’activité de l’élevage devrait se consolider en 2021, bénéficiant de la disponibilité des fourrages et des pâturages dans les zones bour, permettant ainsi l’amélioration de la production des filières animales. S’agissant des activités de la pêche maritime, elles devraient également s’améliorer, suite à la performance de la commercialisation des produits de la pêche côtière et artisanale, tirant profit de l’orientation favorable de la demande extérieure. Ainsi, le secteur primaire devrait enregistrer un rebond de l’ordre de 17,5% en 2021 au lieu d’une baisse de 6,9% enregistrée en 2020, contribuant ainsi positivement à la croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 2 points au lieu d’une contribution négative de 0,8 point une année auparavant. Les activités non agricoles ne seront pas en reste. Sous l’effet de base, elles devraient afficher une croissance positive de l’ordre de 4,1% contre une baisse de 6% enregistrée en 2020.

Une hausse de 4% des activités secondaires
Cette reprise serait imputable à une hausse de 4% des activités secondaires contre un repli de 3,8% en 2020 et à une amélioration de 4,1% des activités tertiaires au lieu d’une baisse de 7,1% l’année précédente. Ainsi, au niveau du secteur secondaire, les industries de transformation devraient profiter de la reprise des industries du textile et habillement et de la poursuite de l’amélioration des industries agroalimentaires et des activités chimiques et para-chimiques, suite au raffermissement continu de la demande extérieure. Quant aux industries mécaniques, métallurgiques et électriques, elles devraient afficher un rebond considérable, soutenu par la reprise du secteur de l’automobile, atténué toutefois par le ralentissement de l’activité aéronautique au niveau mondial. Le secteur minier devrait continuer à afficher de bonnes performances, avec une croissance de 4,6% en 2021. Le maintien de la demande des industries de transformation locales devrait entraîner une hausse de l’extraction du phosphate roche, grâce au raffermissement de la demande étrangère de ses dérivées en provenance du Brésil, de l’Inde et des pays de l’Afrique de l’Est.

Concernant les minerais métalliques, la hausse prévue de leurs cours sur les marchés internationaux due à un rebond de la demande chinoise, devrait booster leur extraction. Quant au secteur du Bâtiment et travaux publics, il devrait connaître une hausse de 3,5% en 2021 après un repli de 3,8% enregistré en 2020. Cette croissance serait attribuable à la reprise des travaux d’infrastructure et au dynamisme que devrait connaître la branche du bâtiment, stimulé par la politique publique mise en œuvre en 2020 pour encourager la demande. En effet, les mesures entamées par l’État dans le cadre de la loi des Finances rectificative 2020, axées principalement sur l’amélioration et l’assouplissement des conditions de financement et les avantages fiscaux, devraient fortement soutenir la demande des ménages en logement et encourager les promoteurs immobiliers à investir. En outre, les activités tertiaires marchandes, bénéficiant de la reprise de la demande intérieure (voir encadré), devraient renouer avec une croissance positive de l’ordre de 4,7% en 2021 attribuable à la bonne tenue de la plupart des services après une forte baisse de 9,2% enregistrée en 2020.

Des perspectives positives pour  le tourisme et le transport  
Les activités touristiques et le transport, qui ont pâti durant l’année 2020 des effets des restrictions à la mobilité et de la fermeture des frontières, en affichant des récessions aiguës respectives de -55,9% et -32%, devraient connaître un redressement sous l’effet de l’ouverture progressive et de l’assouplissement des mesures restrictives. Il s’agit notamment des dispositifs mis en place, sous les hautes instructions royales, pour faciliter le retour des MRE et encourager les rentrées des touristes étrangers. De leur côté, les activités du commerce devraient également afficher un bon comportement en 2021 stimulées par la performance des activités primaires et l’atténuation des restrictions de déplacement au deuxième semestre. Elles devraient ainsi enregistrer une croissance de 6,3% en 2021 au lieu d’une chute de 10,7% en 2020. Dans ces conditions, et compte tenu d’une augmentation attendue de 5,6% des impôts et taxes sur les produits nets de subventions, la croissance économique nationale devrait connaître un rebond de 5,8% en 2021 au lieu d’une récession de 6,3% enregistrée en 2020.

Reprise de la demande intérieure

Pour le HCP, la maîtrise de la situation pandémique et le bon déroulement de la campagne de vaccination devrait stimuler le retour graduel de l’optimisme des ménages et des entreprises. Cette tendance devrait se traduire par la reprise de la demande intérieure favorisée par la consolidation prévue des transferts des MRE dans un contexte de faibles pressions inflationnistes. Dans ces conditions, la consommation des ménages devrait s’accroître de 3,1% en volume après une baisse de 4,1%, enregistrée en 2020. Sa contribution à la croissance économique serait ainsi de 1,8 point, après une contribution négative de 2,3 points en 2020. Parallèlement, la consommation des administrations publiques devrait également consolider sa tendance haussière en 2021, en augmentant de 5,1% au lieu de 1,7% en 2020, pour enregistrer une contribution de 1,1 point à la croissance économique prévue en 2021. Ainsi, la consommation finale nationale devrait connaître, en somme, une croissance positive de 3,7% au lieu d’un repli de 2,5% en 2020, contribuant positivement à la croissance de 2,9 points au lieu d’une contribution négative de 2 points en 2020.

Aziz Diouf / Les Inspirations ÉCO


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