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Climat des affaires : le Maroc peut booster ses exportations

Selon le Centre marocain de conjoncture, les perspectives du commerce mondial se sont améliorées. L’Organisation mondiale du commerce estime que le commerce mondial des marchandises devrait augmenter, en 2021, de 8% en volume. Un domaine où le Maroc a une carte à jouer, notamment avec la relocalisation industrielle, actuellement en plein boom.

Le Maroc est susceptible de tirer avantage du climat particulièrement favorable qui caractérise actuellement le commerce mondial, pour rehausser le niveau de ses exportations. C’est, du moins, ce que vient de recommander le Centre marocain de conjoncture (CMC), dans sa dernière publication mensuelle, « Maroc Conjoncture » n°337, publiée ce lundi 19 juillet. Selon les auteurs de ce numéro spécial «Climat des affaires : atouts et mesures d’amélioration», les perspectives du commerce mondial se sont améliorées avec un commerce des marchandises qui a progressé plus rapidement que prévu au second semestre de l’an dernier, dépassant son niveau d’avant la pandémie. Et cette tendance ne semble pas se démentir, puisque le commerce mondial de marchandises devrait augmenter de 8%, en volume, en 2021, après s’être rétracté de 5,3% en 2020, selon les nouvelles estimations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le Maroc a, de ce fait, une vraie carte à jouer, notamment dans la relocalisation industrielle, où il a pour seuls sérieux concurrents, les pays d’Europe centrale et orientale (PECO). Certes, de par leur proximité, mais aussi leur attractivité, ces PECO se positionnent comme des destinations privilégiées pour cette nouvelle vague d’investissements directs étrangers (IDE). Néanmoins, le Maroc ne manque pas d’atouts pour contrer cette rude concurrence. Sa position géographique et ses progrès enregistrés dans le classement international, relatif au climat des affaires, renforcent considérablement son positionnement en tant que destination de plus en plus attractive pour les investissements internationaux, y compris ceux liés à la relocalisation industrielle.

Une conjoncture du commerce mondial favorable
D’ailleurs, le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Chakib Alj, s’était exprimé sur la question lors de la 12e réunion annuelle du Comité national de l’environnement des affaires (CNEA), présidée par le chef de gouvernement, Saad Dine El Otmani. C’est ainsi qu’il a appelé, lors de cette rencontre marquée par l’adoption de la politique nationale de l’environnement des affaires 2021-2025, à une mise en œuvre rapide de la politique nationale de l’environnement des affaires. Le patron des patrons avait déclaré, à cette occasion, que «maintenant que nos priorités sont définies, accélérons la cadence de mise en œuvre. Notre pays dispose d’innombrables acquis qui le rendent très attractif en matière d’investissement. Ces acquis doivent être consolidés rapidement par des réformes». Après avoir Insisté sur le le timing idéal que constitue cette période post-Covid, El Alj a estimé que «les chaînes de valeur mondiales sont actuellement en train d’être redéfinies, et le Maroc ne doit pas rater ce tournant décisif pour se positionner».

En effet, même si la BERD a déjà approché le royaume en y organisant, en partenariat avec la CGEM et la Bourse de Casablanca, une série de neuf workshops destinés à repositionner le Maroc dans les chaînes de valeur industrielles post-Covid 19 en Europe, la partie ne saurait être véritablement gagnée qu’à l’issue de réformes favorisant la compétitivité de l’entreprise marocaine, a-t-il souligné. Autrement dit, il y a encore des efforts à faire en matière de réformes pour améliorer l’environnement des affaires. Alj avait notamment pointé du doigt les problématiques du foncier et de l’énergie, et défini, en tant que chantiers prioritaires, les questions liées au financement, l’innovation et la technologie.

Profiter de la redéfinition des chaines de valeurs
Pour leur part, les experts du  CMC appellent au recours massif aux nouvelles technologies, et à la valorisation du capital humain et matériel, en vue d’améliorer le climat des affaires. Parallèlement, ils ont salué la grande réforme actuellement en vogue, visant à généraliser la protection sociale. Une réforme qu’ils ont qualifiée de défi de taille d’aspiration à la cohésion sociale, la préservation de la dignité des citoyens, la restructuration du secteur informel et l’amélioration des conditions de vie des Marocains. Selon eux, «par cette orientation, le royaume adhère à la recommandation de l’Organisation internationale du travail (OIT), traitant de la protection sociale, en adoptant l’agenda relatif aux Objectifs de développement durable (ODD) qui ciblent, entre autres, l’élargissement de la couverture de la protection sociale». Dans ce but, une série de «réformes dans la réforme» a déjà vu le jour, dont les plus notables ont trait à la couverture médicale de base, par l’introduction de l’assurance maladie obligatoire (AMO), la mise en place du système d’assistance médicale (RAMED), l’extension de l’assurance-maladie et du régime de retraite aux travailleurs indépendants non salariés, ainsi que l’instauration d’instruments de transferts monétaires au profit de certaines catégories de populations démunies. Bref, tout en saluant ces avancées, les experts du CMC estiment que le plus dur sera d’assurer la durabilité de ce projet. Dans la foulée, ils ont ensuite rappelé l’importance de la statistique officielle dans la prise de décision économique. Selon eux, «le rôle de l’information en général , et de l’information statistique en particulier, est crucial pour le décideur économique. C’est devenu tellement important que les données chiffrées, ainsi que les cadres et les outils qui les maintiennent en cohérence, ont conquis une place prépondérante dans les montages des stratégies des entreprises, et se sont imposées comme point nodal incontournable des prises de décision en matière de politiques économique, sociale et environnementale». Et ce ne sont pas Mohamed Benchaâboun, ministre de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration et Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib qui les contrediront. Intervenant lors d’un séminaire organisé par l’Académie Hassan II des sciences et techniques, le gouverneur de la Banque centrale avait notamment déclaré que le cadre du système statistique national doit impérativement être révisé. Celui-ci est encore régi par des textes qui remontent à 1968, soit plus d’un demi-siècle. Ajoutant que, s’il faut prioriser un axe de réforme, celui-ci devrait concerner l’amélioration de la production des données économiques quantitatives infra-annuelles. De son côté, Mohamed Benchaâboun a estimé que cette refonte devra s’appuyer sur la mise en place de systèmes d’information conformes aux normes internationales, à même de répondre aux besoins récurrents et émergents tant en quantité qu’en qualité, sur les plans national et régional. C’est ainsi que le Maroc pourra être plus percutant, sur fond de concurrence accrue.

Pour le ministre, un intérêt particulier devra être accordé à la Big Data, et ce travail devrait se faire avec toutes les autorités compétentes. «Le renforcement de notre système d’information est tributaire de la sensibilisation et de la mobilisation de tous les partenaires, qu’ils soient publics ou privés», avait-il insisté. En attendant le lancement de ce chantier, l’espoir n’est malheureusement toujours pas encore permis pour le commerce de services, qui demeurera encore morose tant que la pandémie n’est pas suffisamment maitrisée, au grand dam des opérateurs du tourisme et du transport.

Aziz Diouf / Les Inspirations ÉCO

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