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Caisse centrale de garantie : les grandes priorités de la prochaine étape

Avec l’arrivée à échéance de son plan de développement 2017-2021 et sous l’impulsion de l’entrée en vigueur du nouveau cadre légal la régissant, la CCG prépare les orientations de son plan d’action et business plan pour la période 2022-2026.

Depuis l’adoption de la loi 36-20, en 2020, La Caisse centrale de garantie (CCG) a pris un nouveau cap stratégique. Ce texte est en effet venu remplacer la loi 47-95, pour déclencher le processus de transformation de la CCG en société anonyme, dont le capital serait entièrement détenu par l’État. L’entreprise en découlant est donc devenue « Société nationale de garantie et du financement de l’entreprise» ( SNGFE), avec notamment le transfert des fonds gérés pour le compte de l’État vers le bilan de ladite structure. Le périmètre d’intervention de la CCG s’est donc trouvé élargi aux services non financiers et la gouvernance a été renforcée grâce à l’introduction des administrateurs indépendants et la mise en place de nouveaux comités.


Aujourd’hui, la CCG est en pleine préparation de son plan de développement pour la période 2022-2026, une feuille de route censée concrétiser les nouvelles orientations de l’entreprise, sur la base du nouveau cadre légal la régissant.

Le challenge réussi de la Covid-19
Il faut dire qu’avec le déclenchement de la pandémie de la Covid-19, la CCG a joué un rôle clé dans l’accompagnement des entreprises impactées par la crise. Une efficacité qui s’explique, selon le management, par la grande agilité qui caractérise les interventions de cet organisme ainsi que par son choix d’opter pour les échanges dématérialisée avec les banques et ce, depuis près de 10 ans.

Cette stratégie s’est, par ailleurs, avérée fructueuse en période de crise sanitaire, ayant permis le déploiement rapide des instruments de garantie spéciale et la distribution par les banques de plus de 55 milliards de DH de crédits au profit des entreprises lésées par les effets de la pandémie. Ceci représente plus de 3 fois le niveau de l’activité normale de la CCG, qui évoluait à un rythme soutenu déjà avant la crise.

Soulignons que la bonne tenue de l’activité de la Caisse est le fruit d’un processus de développement stratégique, construit au fil de longues années. Une évolution à l’issue de laquelle la CCG a pu se positionner en tant que partenaire de premier ordre de l’écosystème des startup et des TPME, en couvrant les besoins de ces entreprises tout le long de leur cycle de vie et en s’appuyant sur un réseau diversifié de partenaires (banques, société de financement, associations de microcrédit, fonds d’investissement…). Quels seront donc les aspects cruciaux de la feuille de route 2022-2026, qui permettraient à la CCG de capitaliser sur ses acquis et son expertise pour prendre son élan à l’aune de sa nouvelle identité et ses nouveaux objectifs stratégiques ?

Des priorités
Il est indéniable que le point de départ du plan de développement à concevoir, et qui devrait être bouclé au cours des six prochains mois, devra se baser sur la feuille de route l’ayant précédé et qui couvrait la période 2017-2021. Une démarche qui permettrait, en filigrane, de cerner les besoins du marché pour le prochain cap et donc de poser les priorités en conséquent. Une multitude de volets seront ainsi passés au crible, tels la viabilité du portefeuille de la Caisse, l’efficience de ses interventions en termes de couts et d’impact économique et fiscal pour l’État, les retours d’expérience et diagnostic des attentes des diverses parties prenantes actuelles ou encore potentielles quant aux modalités opérationnelles… Dans la foulée, il sera bien entendu question de tâter le pouls du marché pour ce qui est du volet du financement.

Selon les premiers éléments, la CCG entend dans ce cadre étudier l’offre adressée aux micro-entreprises, les très petites, petites et moyennes entreprises et celles de taille intermédiaire. Sera aussi analysée l’inclusion financière des ménages, le financement de l’innovation, des startup et du haut du bilan. Outre l’analyse du cadre légal, réglementaire et fiscal régissant l’activité de la CCG, ainsi que des bonnes pratiques en matière de RSE, un benchmark international sera également mené. Une fois toutes ces phases, et bien d’autres, franchies, la conception du plan de développement, en bonne et due forme, sera enclenchée. Une étape au cours de laquelle la CCG définira son offre cible, mais aussi des montages institutionnel et financier cible, notamment en lien avec les impératifs de la refonte légale. Le business plan de la Caisse sera évidemment révisé, afin de mettre à jour tous les chiffrages (ceux des prévisions de production et ceux des dépenses à engager).

CCG, une saga qui remonte à 1949

La Caisse centrale de garantie (CCG) a été créée par le Dahir du 4 juillet 1949. Il s’agit d’un établissement public à caractère financier, assimilé à un établissement de crédit, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière sous la tutelle de l’État, en la personne du ministre de l’Economie et des finances. En 1996, la loi n° 47-95 est venue déclencher la réforme institutionnelle de la CCG, en désignant désormais les PME comme cible prioritaire des interventions de la Caisse.

En 2006, en ligne avec les principes de l’accord de Bâle, la loi bancaire a assimilé la CCG à un établissement de crédit avec des changements majeurs sur la gouvernance de cette institution et son fonctionnement interne. En 2014, la nouvelle loi bancaire n°103-12 a confirmé le caractère financier de la CCG en tant qu’établissement de crédit assimilé. Ces dispositions sont restées en vigueur jusqu’à l’adoption de la loi 36-20, en 2020, qui a institué la transformation de la CCG en société anonyme, dont le capital est détenu par l’État. En gros, depuis sa création, la Caisse centrale de garantie a connu bon nombre d’évolutions institutionnelles, dictées par les priorités du paysage financier national.

Trois plans de développement, une croissance soutenue

Depuis l’adoption de ses plans stratégiques 2009-2012 et 2013-2016, qui ont permis de grandes avancées sur les produits de la CCG et de l’interface CCG- partenaires, une croissance significative a été réalisée par la Caisse. Dans son plan de développement 2009-2012, une grande priorité était donnée à l’activité garantie et cofinancement des entreprises. Ceci a permis à la CCG de renforcer ses interventions au profit des PME. Par ailleurs, le plan 2009-2012 a connu l’amorce du déploiement régional de la CCG, la refonte de l’organisation, l’adaptation du système de gestion des risques à la réglementation bancaire ainsi que l’amendement de la loi régissant la CCG.

Le plan de développement 2013-2016 s’est inscrit dans la continuité en poursuivant le renforcement de l’offre particuliers et entreprises par l’introduction de noyaux instruments de financement. Ce plan a également donné un coup de booster à la régionalisation de la CCG en plus du renforcement d’autres aspects stratégiques, tels le dispositif de gestion des risques et des mises en jeu. Est ensuite venu le plan de développement 2017-2021. Celui-ci a poursuivi le renforcement de l’offre, notamment en faveur de l’entreprise, en introduisant des instruments tels l’innovation, l’économie verte, la microfinance, mais surtout en explorant des segments peu couverts par le marché comme ceux des startup et des micro entreprises. La principale nouveauté de cette feuille de route, a par ailleurs été l’accent mis sur la modernisation du cadre institutionnel, de gouvernance et de financement. L’objectif étant de traiter les insuffisances décelées et doter la CCG des moyens nécessaires à son développement.

Sami Nemli / Les Inspirations Éco

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