Éco-Business

Agrumes. Les exportations freinent

Cette année, on enregistre une production record de 2,6 millions de tonnes. Pourtant, ce ne sont que les deux tiers qui sont exportés. La filière est confrontée à des problèmes structurels tels que la transformation, la diversification des marchés et la réforme des marchés de gros.


La production agrumicole affichent un record de 2,6 millions de tonnes. Pourtant, les opérateurs sont loin d’afficher la mine des grands jours. De fait, les difficultués persistent qu’il s’agisse de la question de la valorisation à travers la transformation puisque la superficie du verger agrumicole s’est élevé à 128.000 ha actuellement, soit un dépassement de 22% par rapport à l’objectif 2018 qui est de 105.000 ha tandis que la diversification des marchés et la logistique restent insuffisants pour écouler cette pléthore de productions. Résultat : même si la profession a augmenté sa part acheminée vers l’Amérique du Nord, cette évolution n’est pas suffisante pour absorber tout le tonnage qui est en passe d’être produit.

Export : peut mieux faire !
Et à peine les deux tiers de la production sont exportés vers l’étranger alors que le reste est commercialisé sur le marché local. C’est pourquoi les marchés ciblés par «Maroc Citrus» exigent le développement des exportations vers le marché allemand, qui reste le premier pays importateur d’agrumes, et de la France et de la Pologne, avec un soutien à l’export pour le retour du Maroc sur ces marchés, y compris la Scandinavie, le Benelux et l’ouverture d’autres marchés, notamment l’Afrique de l’Ouest, l’Asie et les Pays de l’Est et du Golfe. De surcroît, cette situation est amplifiée davantage par le retard de la réforme des marchés de gros avec sa multitude d’intervenants et la situation du marché interne avec sa faible capacité réceptive surtout pour les petits producteurs.

Marché local : le prix oscille entre 50 centimes et 1 DH
Ces derniers ne peuvent pas emballer leurs agrumes puisque la production actuelle dépasse de loin la capacité des stations d’emballage et de conditionnement qui est réservée en grande partie aux grands groupes exportateurs. Aujourd’hui, le prix de vente au consommateur final oscille entre 50 centimes et 1 DH, au marché d’Inezgane, chose qui plombe la rentabilité financière des producteurs devant l’augmentation des coûts de production. À ce jour, les guichets uniques du Fonds de développement agricole (FDA) ont déjà reçu 49 demandes de subventions pour la création des unités de valorisation pour un investissement prévisionnel de 840 MDH dans le cadre du Contrat de l’industrie agroalimentaire (IAA) alors que l’arrêté conjoint fixant les conditions et modalités d’octroi de l’aide financière de l’État à la promotion et à la diversification des exportations des produits agricoles a été élaboré et publié au Bulletin officiel n°6.670 du 3 mai 2018. Ainsi et compte tenu de la spécificité de l’activité des exportations agricoles, ce projet d’arrêté sera rétroactif, ce qui implique que les exportations réalisées depuis 2017 seront éligibles pour bénéficier des subventions. Parallèlement, la subvention dédiée aux variétés de petits calibres a été exclue des subventions de plantations et l’arrêté n°3294-17 a fixé une aide de 11.000 DH/ha aux seules variétés d’oranges. En attendant, c’est le rajeunissement des vergers qui a entraîné un déséquilibre en termes de production puisqu’après la signature du contrat-programme agrumes, les vergers ont augmenté mais sans prendre en considération l’équilibre du profil variétal et les spécificités géographiques sur le plan de la plantation des vergers. 

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