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Agroalimentaire : des potentiels d’exportation encore à saisir

Totalisant 139,014 MMDH, les exportations agroalimentaires sont appelées, selon la société «Assurance Trade», à saisir un potentiel sous-exploité à l’export en comparaison avec le taux de pénétration des produits marocains sur les marchés ciblés.

Hausse des matières premières et des intrants, perturbations des chaînes logistiques à l’international et hausse des coûts de transport et d’énergie… Plus que jamais, l’industrie agroalimentaire (IAA) marocaine est interpellée par la hausse des coûts des agrégats de production et des tensions géopolitiques.
Il va sans dire que le développement de cette industrie, qui demeure le second poste de consommation d’énergie après celui des matériaux de construction au Maroc, est appelé à affronter plusieurs défis. Il s’agit essentiellement de l’impact de la flambée actuelle des prix sur la rentabilité économique et la nécessité de s’adapter de la part des entreprises au contexte international actuel.
Selon l’Office des changes, à fin avril 2022, les exportations du secteur agroalimentaires se sont établies à 139,014 milliards de DH (MMDH) contre 103,596 MMDH un an auparavant, soit une hausse de 34,2% correspondant à un gain de 35,418 MMDH.
Pour maintenir cette tendance à l’export tout en se prémunissant des risques liés à l’export, AssurTrade et Allianz Trade ont initié, au milieu de la semaine dernière, à Agadir, une conférence sur les modalités d’adaptation des entreprises à vocation agroalimentaire et agricole dans un paysage mondial en pleine mutation.
Selon Mehdi Arifi, fondateur et directeur général d’Assurance Trade, qui est une société de conseil spécialisée dans les solutions de gestion du poste clients des entreprises, «les entreprises marocaines sont face à un énorme potentiel de développement puisque les exportations marocaines représentent à peine 0,2 % des exportations mondiales».
Doper les exportations, c’est possible…
En se référant au taux de pénétration des produits marocains en comparaison avec les opportunités à saisir encore sur les marchés, Mehdi Arifi a dressé un tableau des potentialités à saisir pour doper les exportations. Selon les chiffres présentés par ses soins, ce sont les produits halieutiques, ceux transformés et l’industrie de conserve qui représentent les secteurs à fort potentiel de croissance à l’export.
Rien que pour l’export de poissons et des fruits de mer, dont le taux de pénétration est égal à 56%, le potentiel est à appeler à se développer pour passer de 1,3 milliard de dollars à 2,3 milliards de dollars selon les chiffres exposés. Le constat est le même pour les produits de la pêche transformés et de la conserve qui peuvent doper la balance commerciale en passant, respectivement, de 0,9 à 1,3 MM de dollars et 0,5 à 0,7 MM de dollars.
Pour rappel, le taux de pénétration au sein de ces deux secteurs d’activité est de l’ordre de 67 et 73%, c’est dire les opportunités encore à saisir sur ces segments. S’agissant du potentiel à l’export concernant les fruits & légumes, le potentiel à saisir peut passer de 1,5 milliard de dollars à 2,1 milliards de dollars pour les fruits et agrumes alors que pour les légumes, dont le taux de pénétration est de 92%, il peut enregistrer un gain de 1,1 à 1,2 milliard de dollars.
Pour donner un tableau plus complet, le DG d’Assurance Trade a présenté aussi les cinq pays concernés par le gap d’exportation et ayant la plus grande différence entre les exportations actuelles et potentielles avec une analyse de leur classement risque-pays, leur délai moyen de paiement ainsi que le risque d’insolvabilité et la complexité du recouvrement.
La protection contre le risque à l’export
S’agissant des risques à l’export, «le champ des causes d’impayés est bien plus large et celles-ci n’ont pas forcément de lien avec la solvabilité de l’acheteur, qui peut d’ailleurs être beaucoup plus difficile à évaluer du fait du manque d’informations financières» précise Mehdi Arifi.
À l’issue de cette rencontre, des solutions pour se protéger contre les risques liés à l’export ont été proposées pour limiter le risque, notamment le crédit management qui a pour but la gestion du risque client en sécurisant les ventes et en assurant la gestion du poste clients et les créances clients. Il s’agit aussi de la mise en place de contrats d’affacturage pour assurer les besoins en matiére de fonds de roulement (BFR), en plus de la dématérialisation du crédit management et du recouvrement à travers des solutions IT.
Par ailleurs, le secteur des industries agroalimentaires englobe 2.000 entreprises au Maroc et emploie 152.000 personnes, selon les chiffres de la CNSS de 2020. Il génère 160 MMDH dont 36 MMDH de chiffres d’affaires à l’export. Il va sans dire que la banque de projets, lancée en 2020 pour apporter des solutions à la substitution des importations, a évolué pour intégrer la souveraineté industrielle sanitaire et alimentaire.
L’équivalent de 1.611 projets qui totalisent 46 MMDH et qui vont permettre la génération de 100.000 emplois directs ont été identifiés. Pour les projets agroalimentaires, ils constituent 25% des projets identifiés alors que la région Souss-Massa représente 10% des projets déjà ciblés avec un investissement de 2,9 MMDH permettant la création de 7.500 emplois.

 


Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO


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