Éco-Business

Adnane Addioui : “La crise a permis de franchir le pas vers l’entrepreneuriat”

Adnane Addioui.
Président du Centre marocain pour l’innovationet l’entrepreneuriat socia

Pour le président du MCISE, il est nécessaire de régionaliser les programmes d’accompagnement des entrepreneurs. De fait, les besoins des régions hors axe Casablanca- Rabat sont encore plus prononcés.


Quels sont les obstacles que peuvent rencontrer les entrepreneurs, au stade de démarrage de leurs projets d’entreprise, dans ce contexte de relance économique nationale ?
Avec la crise sanitaire actuelle, plusieurs initiatives et programmes d’accompagnement des entreprises ont été mis en place pour relancer la machine économique. L’objectif étant de donner une impulsion aux entrepreneurs des deux sexes, et d’encourager les plus hésitants d’entre eux à franchir le pas. Des programmes d’accompagnement, d’incubation et/ou d’accélération, réalisent un travail de fond avec les startups en phase d’idéation ou de pré-lancement. Leur mission commune est de doter ces dernières des moyens techniques à même de leur faciliter l’accès au marché, à travers des formations solides en gestion financière, commerciale et stratégique. Des programmes comme Qimam, un partenariat entre le Centre régional d’investissement (CRI) de Casablanca-Settat et le MCISE, Innov’Invest de la CCG, Tatwiir Startup, Intelaka, en plus des plateformes digitales d’accès au marché, à savoir Wuluj, sont mis en place pour répondre aux problématiques de structuration et de modernisation des TMPE et des startups, mais aussi pour donner une réelle impulsion à la dynamique entrepreneuriale des jeunes.

Concernant les obstacles, je pense qu’ils sont essentiellement liés à l’accès des entrepreneurs des régions hors axe Casablanca-Rabat aux programmes d’accompagnement. Il devient nécessaire de régionaliser ces programmes afin de faire bénéficier les porteurs de projets des 12 régions du Maroc des mêmes opportunités d’accompagnement, sachant, bien sûr, que les besoins des régions hors axe Casablanca- Rabat sont encore plus prononcés (chômage, problématiques sociales, accès limité aux réseaux sociaux, culture de l’émigration…). Par auilleurs, l’écosystème des fonds d’amorçage présente une offre qui reste encore trop limitée.

Pour les startups innovantes (FinTech, GreenTech, AgriTech…), la crise sanitaire a été le catalyseur d’un mode de consommation encore plus digitalisé, mais l’accès à des fonds d’amorçage pour soutenir ces startups innovantes reste en deçà des besoins réels. Il existe, pour l’heure, quatre fonds d’amorçage créés dans le cadre du programme Innov Invest, Azur Innovation, Seaf Morocco Growth Fund, Maroc Numeric Fund II et Green Innov Invest, en sus de quelques Business Angels marocains et internationaux. Un long chemin reste à parcourir par rapport à d’autres pays du continent, tels que le Kenya, l’Afrique du Sud ou encore l’Égypte, connus pour avoir mis en place les meilleurs écosystèmes de fonds d’amorçage en Afrique.

Quelle est la mission du programme Dare Inc.  et quel est son impact sur l’entrepreneuriat marocain ?
Dare inc. est le programme d’incubation du Centre marocain pour l’innovation et l’entrepreneuriat social (MCISE). Ce programme vise à accompagner les porteurs d’idées et les entrepreneurs afin de trouver des solutions innovantes aux différentes problématiques sociales. Il a, globalement, pour vocation de dynamiser l’écosystème de l’entrepreneuriat, en particulier social, et propulser sur le marché un flux significatif d’idées de projets, startups et TPME capables d’attirer des investissements tant nationaux qu’étrangers. Cet accompagnement concerne des porteurs d’idées de projets, des entrepreneurs et startuppeurs œuvrant dans tous les domaines d’activités, et quel que soit leur niveau d’avancement. Une fois sélectionnés pour adhérer à nos programmes, nous concevons, ensemble, un plan adapté à leurs besoins et objectifs spécifiques, et leur prodiguons une série de formations à l’entrepreneuriat, au ciblage du marché ou encore à l’élaboration du Business Model. En 2020, en pleine crise sanitaire et avec l’aide de nos partenaires, nous avons accompagné plus de 230 entrepreneurs du Maroc et de 15 autres pays africains, qui ont bénéficié de nos formations pour améliorer leurs compétences managériales (business plans, marketing, communication, finance, savoir-faire technologique, etc.), et qui ont réussi à générer plus de 11 MDH de chiffre d’affaire cumulé. Cette période a été, certes, difficile pour tous, mais a permis à beaucoup de jeunes de franchir le pas vers l’entrepreneuriat. Partant de leurs propres besoins et des problématiques qui les entourent, ils se sont lancés dans des secteurs allant de l’agroalimentaire, le textile, la décoration, aux nouvelles technologies.

Quelle est la vision du MCISE pour les cinq prochaines années ?
Durant les dix dernières années, MCISE s’est forgé une expérience solide sur laquelle nous pouvons capitaliser en perspective des cinq prochaines années. Nous comptons investir le terrain de l’accélération de nos startups et nous baser sur un pôle de recherche visant les doctorants en entrepreneuriat et «Entrepreneurship Lab» en cours de développement, afin de renforcer le développement d’un écosystème entrepreneurial fédérateur, pérenne et innovant. À travers nos programmes Wuluj (Market Place), Dare Space (Inspiration), Dare Inc. (Incubation) et Tanara (Education), MCISE renforce aujourd’hui son positionnement en tant que structure d’accompagnement qui offre des programmes complets, allant de l’inspiration des porteurs d’idées, à l’accès au marché des projets innovants et à forte valeur ajoutée.

Sanae Raqui / Les Inspirations ÉCO

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