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Acquis et défis : bilan de deux décennies de transformation du Maroc

L’économie marocaine a fait preuve d’une capacité remarquable à s’ajuster et s’adapter face aux contraintes liées à la pandémie. Mais le Maroc n’a pas attendu l’arrivée du virus pour se démarquer.

Bien avant la crise sanitaire, le royaume a enregistré de nombreux acquis indiscutables en termes de modernisation économique, réforme institutionnelle et développement humain. C’est, du moins, ce que révèle le cabinet Deloitte dans son tout dernier rapport. En effet, entre 1999 et 2019, le pays s’est profondément métamorphosé. Et pour cause, sur le plan politique, souligne le document, le Royaume a engagé un processus de réforme institutionnelle, reconnaissance du pluralisme culturel et politique et renforcement de l’État de droit.


«Le point d’orgue de cette transformation réside en la promulgation d’une nouvelle Constitution en 2011 et la mise en oeuvre de la régionalisation avancée, qui tout en cristallisant une volonté de décentralisation et un meilleur accompagnement des plans de développement régionaux, donne de nouvelles perspectives au chantier de décentralisation», expliquent les auteurs de ce rapport de 47 pages.

Même constat sur le plan sociétal, où des réformes considérées comme audacieuses telles que Code du statut personnel ou «moudawana», réforme du code de la nationalité, doctrine spécifique de l’Islam marocain… ont été consacrées à l’égalité homme-femme et à la pluralité de l’identité marocaine. S’agissant du développement économique, plusieurs acquis ont été enregistrés durant ces deux décennies, de la création de nouvelles infrastructures autoroutières, ferroviaires, portuaires et aéroportuaires, à la modernisation de celles déjà existantes. S’y ajoutent la libéralisation et la privatisation des activités économiques, donnant naissance à la création d’entreprises publiques à caractère commercial, comme Maroc Télécom ou la Régie des Tabacs. L’ouverture commerciale sur l’extérieur, consolidée par la signature de nombreux accords commerciaux (UE, US, Egypte, Turquie, ZLECAF), le lancement de plusieurs stratégies sectorielles dans l’industrie, l’agriculture, le tourisme, la pêche et les énergies renouvelables, et la mise en oeuvre de stratégies transverses dans l’économie numérique et la logistique, viennent compléter une liste déjà longue. «Le complexe portuaire et industriel de Tanger-Med, la ligne Grande vitesse Tanger-Agadir et la centrale solaire Noor à Ouarzazate figurent parmi les réalisations les plus emblématiques de cet élan modernisateur», soulignent les experts de la firme britannique pour qui, dans le domaine social, des réformes ambitieuses ont également été mises en œuvre, assorties de dispositifs de transferts sociaux ciblés.

Le RAMED et les solutions Tayssir, pour ne citer que ceux-ci, ont permis de réduire «significativement» la pauvreté monétaire et non-monétaire, généraliser la scolarisation primaire et secondaire, et désenclaver le monde rural, à travers, notamment, l’électrification universelle et la construction de nombreuses routes. Par ailleurs, toujours selon la même source, le Maroc s’est résolument engagé dans la transition verte et le développement durable, à travers le lancement de plusieurs programmes de développement des énergies renouvelables (centrales solaires à concentration thermique et photovoltaïques, champs d’éoliennes), de préservation de la biodiversité et des ressources hydriques et la lutte contre la pollution et le changement climatique. Toutefois, si le Maroc a connu une période de forte croissance économique, au début des années 2000, le rythme en a ensuite ralenti dans les années 2010, pour des raisons à la fois exogènes et endogènes. La lenteur de transformation structurelle de l’économie marocaine, à la fois cause et résultante du ralentissement de la croissance, a abouti à la persistance d’un poids élevé de l’économie informelle, un fort taux de chômage des jeunes diplômés et une faible participation des femmes à l’emploi. La création d’emplois, issus de la croissance, a en effet fortement régressé, passant de 0,31 à 0,16 entre les périodes 2000-2009 et 2010-2019.

Par ailleurs, en dépit des efforts déployés dans le domaine social et des stratégies mises en œuvre à cet effet, une part importante des Marocains ne bénéficie toujours pas d’une véritable protection sociale. Le lancement du chantier de la généralisation de la protection sociale, à tous les Marocains à horizon 2025, revêt, en conséquence, une importance cruciale, concluent les experts du cabinet, à ce sujet.

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO

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