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Ventes automobiles : la situation se corse à fin juin

Les ventes de voitures au Maroc se sont établies à 83.831 unités au titre des six premiers mois de l’année, en repli de 10,84% par rapport à la même période en 2021. Plusieurs raisons expliquent cette situation, notamment, la pénurie des semi-conducteurs et la baisse de la demande. Ce trend baissier risque de perdurer pour le restant de l’année.

L’activité de vente des véhicules neufs n’est pas au top de sa forme, et ceci depuis quelques mois déjà. Plusieurs causes sont à l’origine de cette situation morose du marché. En effet, après un effet rattrapage en 2021, suite au ralentissement dû au déclenchement de la crise sanitaire en 2020, la courbe des ventes de véhicules ne fait que fléchir depuis quelques mois.

L’effet baisse de la demande
Les ventes de voitures au Maroc se sont établies à 83.831 unités au titre des six premiers mois, en repli de 10,84% par rapport à la même période en 2021. C’est ce qui ressort des statistiques mensuelles de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM). Adil Bennani, président de l’Aivam, affirme dans ce sens que «cette situation morose est causée par deux effets. Le premier concerne la pénurie des puces électroniques, un problème qui persiste encore chez plusieurs marques mondiales.

L’autre nouveauté cette année, c’est qu’en plus de la pénurie, il y a également une baisse de la demande nationale». Il faut dire que la période de rattrapage en termes de demande est révolue. A part une catégorie de clients qui attendent la livraison de leurs véhicules neufs, la nouvelle génération de commandes a nettement ralenti et l’engouement est de moins en moins important sur le marché du véhicule neuf. «La génération des commandes nouvelles a ralenti depuis deux à trois mois, sous l’effet de l’inflation, de l’incertitude pour investir, de la hausse des prix du carburant et de la guerre en Ukraine. Avec ces facteurs, les clients reconsidèrent leur intention d’acheter un véhicule neuf», affirme le président de l’Aivam.

Problématique des stocks
Il y a aussi la problématique de l’indisponibilité des stocks de véhicules chez les concessionnaires, certains sont même à zéro stock pour certains véhicules. Justement, cet aspect découle en grande partie du manque flagrant de disponibilité des semi-conducteurs chez les producteurs automobiles mondiaux. Une situation dont souffrent plusieurs pays en termes d’approvisionnement, dont le Maroc.

Adil Bennani assure qu’«il y a toujours des tensions sur les stocks chez les opérateurs du marché. Cela dit, les producteurs automobiles asiatiques s’en sortent mieux, puisqu’ils ont moins de problématique sur la disponibilité des semi-conducteurs». Ce qui est certain c’est que le manque de disponibilité des semi-conducteurs risque de perdurer, «au minimum jusqu’au premier trimestre de l’année prochaine», estime le président de l’Aivam.

Dacia domine toujours le marché
Pour ce qui est des chiffres du mois de juin de cette année, par segment, le nombre des nouvelles immatriculations de véhicules particuliers (VP) s’est élevé à 75.179 unités, en baisse de 9,58%, alors que celui des véhicules utilitaires légers (VUL) a diminué de 20,48% à 8.652 voitures, précise l’Aivam dans ses statistiques.

La marque «Dacia» domine le segment des VP, avec une part de marché (PDM) de 27,54%, soit 20.703 unités écoulées à fin juin 2022, suivie de Renault qui a vendu 10.833 unités, avec une PDM de 14,41%. Elles sont suivies par la marque Hyundai avec 7.535 unités vendues et 10,02% de part de marché. Pour ce qui est du segment VUL, Renault a augmenté ses ventes de 54,73% à 2.160 unités (24,97% de part de marché), tandis que DFSK a écoulé 1.242 véhicules (14,36% de PDM) et Ford 1.075 unités (12,42% de PDM).

Pour le seul mois de juin, les ventes de voitures neuves au Maroc ont reculé de 15,78%, suite à la baisse du nombre de VP (-14,84% à 15.176 unités) et des VUL (-23,61% à 1.647 véhicules).

La demande toujours présente pour le premium
Contrairement aux autres catégories de véhicules, il est à noter que la demande est toujours présente pour le segment premium, bien qu’il soit lui aussi impacté par la pénurie des semi-conducteurs. Ainsi, Audi a vendu 2.148 unités au premier semestre, soit une part de marché de 2,86% et assurant une hausse de 13,53% par rapport à juin 2021. La marque est suivie par BMW avec 1.405 véhicules vendus et 1,87% de PDM, puis Mercedes qui enregistre 1.339 unités avec une PDM de 1,78%.

En outre, l’Aivam fait savoir que les ventes de Porsche ont diminué de 2,76% à 176 véhicules, et celles de Jaguar de 34,91% à 69 voitures. L’année 2022 sera-t-elle à l’image des réalisations de l’année Covid 2020 ? Malheureusement oui, mais pas aussi catastrophique. Les professionnels du secteur automobile national s’attendent à une baisse qui oscille, au moins, entre 10 et 15% par rapport à l’année 2021.

Il sera aussi très délicat pour les acteurs automobiles présents sur le marché de corriger la donne et enregistrer plus de ventes pour le reste de l’année, encore plus pour le marché du véhicule utilitaire qui subit les effets de la hausse des prix du carburant.

Sanae Raqui / Les Inspirations ÉCO

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