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La voiture électrique brave la crise

Malgré la contraction du marché automobile mondial de 16% en 2020, en raison de la pandémie de Covid-19, les voitures électriques se sont très bien vendues. Un record de 3 millions de nouvelles immatriculations de voitures électriques a été, en effet, enregistré l’année dernière, soit une augmentation de 41% par rapport à 2019. Selon l’Agence internationale de l’énergie, cette forte dynamique s’est poursuivie au premier trimestre de 2021.

Le monde avance rapidement vers la mobilité durable. Même si les voitures électriques, conçues pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur du transport, ne sont pas à la portée de toutes les bourses, l’élan des ventes enclenché avant la crise n’a pas faibli. En témoignent les derniers chiffres publiés dans les «Perspectives mondiales des véhicules électriques» de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Ce document révèle que malgré la pandémie, qui a déclenché une cascade de récessions économiques pratiquement partout dans le monde, un record de 3 millions de nouvelles immatriculations de voitures électriques a été enregistré en 2020. Ce qui représente une augmentation de 41% par rapport à l’année précédente, et ce, en dépit de la contraction du marché automobile mondial de 16% l’année dernière.


Déjà 10 millions sur les routes du monde
Cette augmentation a notamment porté le nombre de voitures électriques en circulation dans le monde à plus de 10 millions, dont environ 1 million de fourgonnettes électriques, de camions lourds et de bus supplémentaires. Et pour la première fois, l’année dernière, l’Europe a dépassé la Chine en tant que point focal du marché mondial des voitures électriques. Les immatriculations de voitures électriques sur le Vieux continent ont plus que doublé pour atteindre 1,4 million, tandis que chez le géant asiatique, elles ont augmenté de 9% à 1,2 million. Les dépenses de consommation en voitures électriques ont également augmenté de 50% l’an dernier pour atteindre 120 milliards de dollars (environ 1.065 MMDH). Les mesures de soutien des gouvernements se sont élevées à 14 milliards de dollars, ce qui veut dire que les achats de voitures électriques sont de plus en plus dictés par le choix des consommateurs. L’année dernière, ces derniers ont pu choisir entre 370 modèles de voitures électriques proposées par les constructeurs automobiles, un chiffre en augmentation de 40% par rapport à 2019. Forts de cela, 18 des 20 plus grands constructeurs automobiles, qui représentent 90% de toutes les ventes automobiles mondiales (avec Tesla en tête), ont annoncé leur intention d’augmenter le nombre de modèles disponibles et de stimuler la production de véhicules légers électriques. Sans doute parce qu’ils savent que la dynamique de vente des voitures électriques ne fait que commencer. En effet, au premier trimestre de 2021, les ventes ont atteint près de deux fois et demie leur niveau de la même période de l’année dernière. Et selon le rapport, les véhicules électriques devraient connaître une croissance significative au cours de la prochaine décennie.

145 millions en 2030
L’AIE projette que le nombre de voitures électriques, fourgonnettes, camions lourds et bus sur les routes dans le monde atteindra 145 millions d’ici 2030. Cette flotte mondiale pourrait même atteindre 230 millions, à condition que les gouvernements accélèrent les efforts pour atteindre les objectifs climatiques et énergétiques internationaux. En effet, selon Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, «les tendances actuelles des ventes sont très encourageantes, mais nos objectifs communs en matière de climat et d’énergie exigent une adoption encore plus rapide du marché. Les gouvernements devraient maintenant faire le travail de base essentiel pour accélérer l’adoption des véhicules électriques en utilisant des programmes de relance économique pour investir dans la fabrication de batteries et le développement d’une infrastructure de charge étendue et fiable». En tous cas, les véhicules électriques ont un rôle clé à jouer dans la lutte contre les émissions de GES. Sur une base «du puits à la roue», leur contribution nette à la réduction des émissions, déjà évidente aujourd’hui, augmentera parallèlement au rythme de décarbonation de la production d’électricité. Cela met en évidence la nécessité pour les décideurs politiques de réfléchir à la transition énergétique de manière globale et dans tous les secteurs afin de garantir que les progrès dans un domaine ne soient pas compromis par des lacunes dans un autre.

Une transition qui va au-delà des voitures

Le rapport sur les «Perspectives mondiales des véhicules électriques» de l’AIE souligne que la transition du secteur des transports routiers vers les véhicules électriques va bien au-delà des voitures. Le mode de transport routier le plus électrifié à ce jour est celui des véhicules à deux et trois roues -comme les motos et les cyclomoteurs- avec plus de 25 millions d’unités vendues, dont la plupart en Asie. Les bus urbains se sont également électrifiés rapidement. Et au niveau des camions lourds, les ventes de modèles électriques n’ont commencé à croître considérablement que récemment, notamment grâce à l’amélioration des performances des batteries et l’allongement de l’autonomie.

Aziz Diouf / Les Inspirations Éco

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