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Migrants illégaux à Sebta : Des terroristes potentiels ?

Un document rédigé par le gouvernement de Sebta met en garde contre la vulnérabilité de certains jeunes migrants marocains placés sous la tutelle de l’administration sebtie. Les autorités de l’enclave craignent que des actes terroristes ne soient commandités par ces jeunes au passé inconnu.

Après Mélilia, c’est au tour de Sebta de tirer la sonnette d’alarme à propos des jeunes migrants marocains placés sous la tutelle du gouvernement local. Selon un rapport élaboré par un département relevant du gouvernement autonome de la ville, les adolescents du centre, appelé Esperanza, où sont accueillis les jeunes migrants n’ayant pas atteint l’âge de 18 ans, peuvent être recrutés par des organisations criminelles. Selon ce document qui retrace les dangers qui menacent cet établissement, les 160 jeunes Marocains, admis dans ce centre, ont un passé inconnu et leur conduite est imprévisible.


Selon une évaluation des risques, effectuée par les auteurs de ce texte, l’Espagne, en général et Sebta, plus concrètement, sont «sous la menace d’attaques douloureuses par des organisations et groupuscules terroristes, infiltrés dans toutes les structures de la société». Les pouvoirs publics craignent que des les jeunes admis dans le centre, des visiteurs ou même certains travailleurs (en majorité des éducateurs d’origine marocaine, pour pouvoir communiquer avec les jeunes migrants) ne soient impliqués dans d’éventuels actes terroristes. Les pouvoirs publics de la ville estiment que l’accès au centre d’accueil est excessivement permissif, «ce qui se contredit avec la situation géopolitique actuelle», dénonce le texte. Celui-ci a dénombré bon nombre d’incidents causés par cette absence de rigueur dans l’accès au centre et le non-respect des normes par les jeunes résidents. Selon les dernières statistiques du gouvernement sebti, outre les jeunes migrants marocains de sexe masculin, des jeunes filles originaires du Maroc sont également placées sous la tutelle du gouvernement de l’enclave. Contrairement aux jeunes Marocains qui sont en majorité des adolescents, les jeunes filles sont beaucoup moins âgées. Actuellement, 9 fillettes sont hébergées dans un centre de protection appelé «Mediterraneo».

Au total, la ville a offert la protection à 814 jeunes Marocains, durant les trois dernières années. Seules 64 adolescents ont pu rejoindre leurs familles, soit en Espagne ou dans le territoire européen. Contrairement à Mélilia, Sebta connaît moins de tensions sociales, à cause de ce sujet, quoique des voix commencent à s’élever pour dénoncer la passivité du Maroc à prendre en charge ses propres enfants.

Dans des déclarations devant les députés locaux, le porte-parole du gouvernement sebti,(sous la férule du PP), Jacob Hachuel a estimé que la proposition de l’Exécutif de Mélilia de rapatrier les jeunes Marocains n’est pas une sage décision. Selon ce responsable sebti, ces jeunes sont encouragés par leurs propres familles à mener ce projet migratoire. D’où l’inutilité de les renvoyer chez eux. Une position qui va à l’encontre des sorties fulgurantes du gouvernement de Mélilia qui appelle Madrid à intervenir auprès de Rabat pour mettre en exécution l’accord bilatérale de réadmission des jeunes Marocains. À souligner que le gouvernement de Sebta dédie une enveloppe budgétaire de 10 millions d’euros à la gestion de ce dossier.


Colère de la population
Malgré les efforts du gouvernement pour éviter la stigmatisation des jeunes migrants marocains placés sous la protection de la ville, la population locale voit d’un mauvais œil cette présence. De nombreuses associations de voisins où se trouve le centre qui abrite le plus grand nombre d’adolescents marocains ont manifesté contre la présence de cet établissement dans leur voisinage. Pour calmer les ardeurs des résidents, les autorités publiques sebties ont annoncé le transfert de ce centre d’accueil dans la périphérie, à côté d’une prison locale nouvellement construite. De même, le gouvernement joue la carte de la modération en appelant les habitants de la ville à ne pas mettre tous les adolescents dans le même sac et à séparer le bon grain de l’ivraie car tous les jeunes ne sont pas condamnables. Toutefois, les faits sont tenaces. Selon le bilan des infractions pénales commises par des mineurs en 2015 à Sebta, 52 jeunes étrangers (marocains en totalité) ont commis des infractions contre 108 jeunes sebtis.

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