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Le PAM appelle à un nouveau modèle économique

Avec une croissance molle et une dépendance à l’égard de l’agriculture, le modèle économique actuel est arrivé à ses limites. Le parti du tracteur appelle à un nouveau modèle avec un taux de croissance de plus de 6% et quelque 60.000 emplois créés chaque année. Proposition sérieuse ou promesse de précampagne ?


À quelques semaines des législatives, le Parti authenticité et modernité (PAM) a lancé une opération séduction à l’égard de la communauté des affaires en organisant, samedi dernier à Casablanca, un débat sous un thème qui lui est fort sensible : «Vers un nouveau modèle économique». Anas Sefrioui, Faouzi Chaabi, Moncef Belkhayat, El Hachmi Boutegueray…de gros calibres de l’économie nationale ont pris part à ce rendez-vous. «Nous souhaitons ouvrir le débat autour de cette question d’actualité dans une démarche interactive qui associe les acteurs économiques. Un travail qui débouchera sur des recommandations qui seront incluses dans le programme économique du parti», précise d’emblée Mustapha Bakkoury, membre du bureau politique du PAM.

Essoufflement
Pour le patron Masen, le modèle économique actuel est arrivé à ses limites, et il faudra revoir de fond en comble le système actuel. Les signes d’essoufflement qui en témoignent ne manquent pas : un taux de croissance décevant, des stratégies sectorielles mal pilotées, des leviers importants, comme les nouvelles technologies, complètement négligés, une gouvernance défaillante…Bakkoury n’y est pas allé avec le dos de la cuillère, et le gouvernement de Benkirane y a pris pour son grade : «A-t-on vraiment besoin d’un Exécutif pléthorique de 40 ministres ? Nous sommes dans une configuration où plusieurs membres du gouvernement s’occupent du même dossier, tandis que personne ne chapeaute d’autres chantiers importants». Autre dysfonctionnements pointé par l’ancien patron de la CDG, le financement de l’économie : «Le niveau de l’épargne du pays est bon, c’est sa structure qui pose problème. Comment peut-on s’attendre à des finances publiques saines dans une économie qui n’est pas saine», se demande-t-il ironiquement. De son côté Samir Belefkih, député et membre du bureau politique du parti du tracteur, a pointé du doigt la crise du marché de l’emploi. «Les créations d’emplois ont chuté d’une manière drastique, ces derniers temps, ce qui renseigne sur la faiblesse des autres chaînes de l’économie nationale».

Alternative
Les cadres du parti d’Ilyas El Omari ont passé à la loupe les défaillances du modèle économique actuel en taclant au passage le gouvernement d’Abdelilah Benkirane. Seulement, côté alternative, le parti a laissé la communauté des affaires sur sa faim. «Nous pensons qu’un modèle économique alternatif est possible. Un modèle où l’on peut réaliser un taux de croissance de 6% et plus avec la création de 60.000 emplois par an. Nous comptons sur ce débat pour faire émerger des propositions qui seront prises en compte dans l’élaboration de notre programme électoral», a annoncé fièrement Samir Belefkih. Sauf que sa démarche a laissé perplexe : «À trois mois des élections, vous vous y mettez un peu tard», signale Faouzi Chaabi.

Sur le fond, les chiffres annoncés par le député du PAM ont suscité plusieurs interrogations : «Comment comptez-vous réaliser un taux de croissance à 6%», se demande Bouthyana Iraqi-Houssaïni, ancienne présidente de l’Association marocaine des femmes chefs d’entreprises du Maroc (AFEM). On le sait, le jeu de la spéculation sur le taux de croissance comme argument électoral peut être dangereux. En témoigne l’expérience du PJD qui a promis monts et merveilles, lors de la campagne électorale précédente avec, en prime, un taux de croissance de 7% avant de faire face aux dures réalités économiques et revoir ses ambitions à la baisse. En fait, les opérateurs économiques qui ont pris part au débat ont des attentes plus terre à terre : tracasseries administratives, manque de main-d’œuvre qualifiée, appareil judiciaire long et inconstant, climat des affaites délétère…Autant de problèmes qui donnent des sueurs froides aux chefs d’entreprises, et qui sont restés sans réponses jusque-là…En attendant le programme économique du parti !

Ilyas El Omari,
SG du PAM

La transition vers un nouveau modèle économique efficace nécessite la participation de toutes les forces vives du pays (opérateurs économiques, économistes, société civile…). C’est la raison pour laquelle nous ouvrons ce débat à la veille des élections législatives pour recueillir les propositions et attentes du monde économique afin de les inclure dans notre programme économique qui sera prêt dans les prochaines semaines.

Mustapha Bakkoury,
Membre du bureau politique du PAM

Le modèle économique actuel s’essouffle. Le rendement de notre économie et le taux de croissance du PIB sont décevants, les potentiels des stratégies sectorielles sont sous-exploités, certains leviers comme les nouvelles technologies sont négligés… Pour dépasser ces carences, un nouveau modèle économique qui capitalise sur les atouts du pays en y mettant plus d’efficacité s’impose.

Moncef Belkhayat,
Membre du bureau politique du RNI

 Nous avons besoin d’un véritable électrochoc. D’abord au niveau de la culture pour changer les mentalités concernant l’entrepreneuriat qui demeure mal perçu. Ensuite, il faut rétablir la confiance des investisseurs dans l’acte d’entreprendre à travers des actions et engagements concrets. Et enfin, cela doit s’accompagner par des choix politiques courageux liés au monde de l’entreprise.


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