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Écosystèmes industriels : Une dernière fournée avant les élections

Un contrat d’investissement pour le secteur automobile et trois contrats de performance dans le secteur du textile: voici le dernier cadeau de Moulay Hafid Elalamy aux industriels, en cette fin de mandat à la tête du ministère de l’Industrie. Il s’agit notamment d’un contrat d’investissement de près de 1,2 MMDH dans l’industrie du verre automobile et de trois écosystèmes portant sur le secteur de la maille, du textile de maison et du textile à usage technique.

Sprint final pour le département de Moulay Hafid Elalmy dans le cadre de l’actuelle législature. Le ministre de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique aura poursuivi l’effort jusqu’à la dernière minute de vie de ce gouvernement. Ainsi, l’officiel finit son mandat par la signature de 4 méga-projets portant sur le secteur automobile et textile. «Nous sommes à la veille des élections législatives, mais cela ne nous empêche pas de travailler», lance Moulay Hafid Elalamy.


Il s’agit notamment d’un contrat d’investissement dans le secteur automobile avec l’équipementier AGC Automotive Europe de 1,183 MMDH sous forme de partenariat avec Induver Morocco permettant la production de 1,2 million de «carsets» vitrage par an, la création de 650 emplois fortement qualifiés et la génération d’un chiffre d’affaires à l’export de 1 MMDH. Ce partenariat revêtira la forme d’une joint-venture entre AGC Automotive et Induver Morocco à travers la création d’une unité industrielle, «AGC Automotive Induver Morocco», à Kénitra, spécialisée dans la production des verres trempés pour lunettes arrières et vitres latérales ainsi que du verre feuilleté pour pare-brise. En parallèle, AGC Automotive participera à hauteur de 45% dans le capital d’Induver et assurera un transfert de savoir-faire et un accompagnement dans son développement commercial en Europe. La prise de participation du groupe japonais dans le capital d’Induver permettra ainsi à cette dernière de s’ouvrir davantage sur le marché international, de diversifier sa gamme de produit et de gagner en compétitivité et en qualité.

Ce projet permettra également à la filière japonaise de renforcer son positionnement dans le continent africain. La mise en service de l’usine AGC Automotive Induver Morocco devrait opérer une réelle montée en valeur dans les filières qui assurera une «offre quasi-complète au niveau de l’industrie du verre», précise Moulay Hafid Elalamy. Il est à noter que ce projet s’inscrit dans le cadre du déploiement de l’écosystème Renault dont l’objectif est de mobiliser autour du constructeur un tissu de fournisseurs pour former un écosystème performant favorisant la montée en valeur dans les filières et une intégration poussée de la chaîne de valeur de l’automobile. Avec Renault et plus récemment PSA, qui installe une usine produisant 90.000 véhicules par an et 200.000 à terme à Kénitra, le secteur de l’automobile continue donc d’attirer un grand nombre d’équipementiers séduits par le mode opératoire du Maroc dans ce sens. Le ministre de l’Industrie a également procédé à la signature de trois nouveaux écosystèmes dans le secteur du textile. Il s’agit des écosystèmes maille, textile de maison et textile à usage technique. «L’AMITH a été extrêmement dynamique dans le cadre de la démarche des écosystèmes», témoigne le ministre de l’Industrie qui vante la clairvoyance de l’industrie marocaine face au nouveau modèle de croissance chinois qui s’est traduit par un vent de transfert d’investisseurs partout dans le monde. L’objectif étant d’atteindre plus de 16.763 emplois à terme avec un chiffre d’affaires additionnel de 8,4 MMDH et une valeur ajoutée additionnelle de 3,1 MMDH. L’export devrait connaître d’ailleurs un bond de 2,75 MMDH.

À ce niveau, le ministre encourage les industriels à aller vers les accords de libre-échange, notamment l’ALE avec les États-Unis pour lequel le Maroc a déjà raté le coche de certains contingents tarifaires intégrant de grandes souplesses en matière de règles d’origine. «Pour y arriver, tout le monde doit agir. Nous proposons un set complet de mesures d’accompagnement», précise le ministre. Le département de l’Industrie intègre notamment un soutien financier puisé dans le Fonds de développement de l’industrie ainsi que des mesures d’accompagnement portant notamment sur l’adaptation de la formation au besoin et la mise en place de foncier à des tarifs compétitifs. Les écosystèmes signés prévoient notamment la formation de près de 3.000 profils annuellement à l’horizon 2020. Pour le foncier, 62,4 hectares seront mobilisés, principalement dans la région Casablanca-Settat (39,67 hectares). «Nous ne tolérerons aucune spéculation immobilière», prévient Moulay Hafid Elalamy. «Nous sommes dans une période d’alignement des astres pour le secteur du textile. Aujourd’hui, le secteur peut avoir une nouvelle vie mais il faut compléter les écosystèmes et aller au combat», conclut le ministre. 

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