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Économie nationale : Benkirane revigoré par le FMI

Le FMI vient de publier son dernier rapport sur la situation actuelle de l’économie nationale et ses perspectives d’évolution sur les prochaines années. Le rapport s’inscrit dans le cadre du renouvellement de la 3e Ligne de précaution et de liquidité (LPL) qui a été accordé au Maroc par l’institution monétaire, il y a quelques jours, a salué les performances enregistrées par le pays, ces dernières années, grâce à la mise en œuvre des réformes structurelles. Un bon point pour le gouvernement même si beaucoup reste à faire pour maintenir la dynamique.

En cette veille de campagne électorale qui semble avoir débuté bien avant l’heure, le rapport que vient de livrer le FMI sur la situation économique va certainement faire l’affaire des autorités***. La publication du rapport s’inscrit dans le cadre de l’accord au titre de la 3e Ligne de précaution et de liquidité (LPL) que le Conseil d’administration du FMI a accordée au Maroc à l’issue de sa réunion du 22 juillet dernier (voir les ecos.ma). À cette occasion déjà, le Conseil d’administration du fonds monétaire a tenu à exprimer tout son appui au programme de réformes menées par les autorités***, ces dernières années, afin de poursuivre la consolidation budgétaire, à renforcer davantage la résilience et la compétitivité de l’économie nationale ainsi qu’à promouvoir une croissance plus forte, plus inclusive, et plus créatrice d’emplois. Dans le même cadre, le rapport d’évaluation de l’économie du pays vient d’être rendu public et détaillé, au cours d’une conférence de presse mardi à Rabat, par le chef de mission du FMI au Maroc, Nicholas Blancher, également conseiller au département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI. Tant dans le rapport que dans les explications de l’économiste, le FMI n’a cessé de tresser des lauriers au Maroc, «une économie qui performe», selon l’expression consacrée par l’institution, un des plus grands partenaires techniques et financiers du royaume.


Motifs de satisfaction
Sans le dire expressément, le rapport du FMI a de quoi encenser la politique macroéconomique des autorités*** depuis 2012, date de la signature du premier accord au titre de la LPL, ce qui a permis d’assainir la situation sur plusieurs plans, notamment budgétaires et financiers. À en croire l’institution, le Maroc est en bonne voie d’assainir sa situation économique et à atteindre les objectifs convenus, en vue de parvenir à assainir les équilibres macroéconomiques. Beaucoup reste certes à faire et l’économie nationale doit faire face à plusieurs risques du choc, mais pour le FMI, l’essentiel c’est que la dynamique de réformes structurelles engagées par les autorités soit maintenue. «Ces efforts dénotent d’une dynamique forte», a estimé Nicholas Blanche.

Le gouvernement boosté en pleine précampagne
Malgré, les performances de l’économie marocaine, beaucoup reste à faire pour parvenir à une croissance durable inclusive et qui devrait permettre de relever les défis du chômage  et ceux relatifs à la réduction des inégalités sociales. Selon les analyses du HCP ou de BAM, il s’agit de la poursuite de la mise en œuvre des réformes structurelles que les autorités ont promis d’accélérer le rythme des prochaines années. Il n’y a donc rien de nouveau sur ces aspects, mais le rapport du FMI qui intervient, en pleine précampagne électorale, va certainement intégrer le débat politique.

Le gouvernement qui a été malmené, ces derniers temps, sur «le faible impact de sa politique économique» a de quoi répondre du tac au tac à ceux qui mettent en avant la décélération de la croissance attendue cette année, comme principal argument critique à l’égard du cabinet de Benkirane. C’est d’ailleurs sur ces aspects que se sont, dernièrement, orientés les débats politiques et qui transcendent, dans une large mesure, les programmes économiques que les principales formations sont en train d’ébaucher en prélude à leur campagne électorale. Avec l’évaluation succincte que vient de faire le FMI sur la situation économique, la campagne promet mais pour l’essentiel, le nouvel accord du FMI qui s’étale sur deux années, constitue déjà une feuille de route qui lie, d’ores et déjà, le prochain gouvernement. Les partis politiques devront par conséquent en prendre compte avant de promettre d’autres orientations économiques…  


 

Assurance contre les chocs exogènes
Selon le FMI, le renouvellement de cette nouvelle facilité financière, dont le montant a été réduit significativement par rapport à 2014 et 2012, en raison du renforcement des marges de manœuvre macroéconomiques, vise particulièrement à servir d’assurance pour le Maroc contre d’éventuels risques de dégradation accrue de l’environnement international. Les deux premières LPL ont servi de couverture pour l’assainissement de la situation macroéconomique à travers notamment la réduction des déficits budgétaires et du compte courant et l’approfondissement des réformes économiques et financières. Autant dire qu’en comparaison à 2012, les motifs d’inquiétude sont plus liés au contexte extérieur qu’à la situation interne. C’est pour cette raison, d’ailleurs, que la 3e LPL devra davantage contribuer à renforcer la confiance des investisseurs et des partenaires financiers étrangers dans les perspectives et les politiques économiques et financières de notre pays. Selon Nicolas Blancher, l’économie marocaine reste toujours confrontée à des risques baissiers dont la conjoncture externe, la montée des risques géopolitiques et sécuritaires, outre le risque d’une plus grande volatilité financière internationale. De même, le FMI s’est engagé à soutenir les politiques du Maroc en matière d’assainissement budgétaire ainsi que les efforts visant à poursuivre la décentralisation budgétaire dans le cadre de la régionalisation avancée, «des efforts contribueront à préserver et à améliorer les finances publiques».


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