Opinions

Aït Taleb, personne ne voudrait prendre sa place

Dans le contexte actuel, personne ne voudrait être à la place de Khalid Aït Taleb. Le département de la Santé, déjà bien assez fragilisé par les insuffisances chroniques qu’il traîne depuis de nombreux mandats gouvernementaux, se trouve actuellement plus que sollicité. Il est également attendu au tournant par les observateurs politiques et les citoyens, quant à sa gestion de la crise sanitaire et sa réactivité en la matière. En comparaison avec les premiers mois de la pandémie, la situation sanitaire a dégénéré et bien des critiques sont formulées à l’égard du gouvernement.

Certes, au cours des premières semaines, l’émoi était tel que nombre d’entre nous applaudissaient la mobilisation du personnel soignant. Aujourd’hui, cette ferveur a disparu. Avec la recrudescence des cas confirmés positifs à la Covid-19, la confiance en notre capacité à surmonter cette épreuve est hélas ébranlée. Aurait-on pu faire les choses autrement ? Doit-on en faire plus ? Si la réponse à la première question reste mitigée, celle de savoir si nous devrions monter en cadence est indiscutablement un «oui». Moyens limités, imprévisibilité de la pandémie, manque de personnel soignant, disparités au niveau de la carte sanitaire… malgré toutes ces lacunes, nous nous devons de riposter efficacement. Le relèvement du budget de la Santé, doléance incessamment répétée depuis de longues années, est un premier pas, mais il est loin d’être suffisant. D’abord, l’enveloppe additionnée au budget du ministère est minime comparée à l’ampleur des dysfonctionnements du secteur.


Ensuite, c’est d’une refonte globale dont la Santé a besoin. Un check-up complet, minutieux, pour que tous les maux puisse être définitivement éradiqués, et que ce grand corps malade qu’est notre système de santé puisse trouver en lui l’immunité nécessaire pour tenir bon face aux crises. D’autres pays ont balisé ce chemin depuis des décennies. Et aujourd’hui, ils arrivent, en pleine pandémie, à s’offrir le luxe de vivre «presque» normalement. Prenons-en de la graine ! 

Meriem Allam / Les Inspirations Éco

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