Maroc

Traditionnellement bohémienne

Yasmine Rmiki : Styliste

Elle est libre, téméraire et elle a le style dans le sang. Yasmine Rmiki passe ses journées dans son atelier à créer, à penser puis à recréer. À 37 ans, la mode finit par la rattraper alors qu’elle avait décidé de la mettre de côté. Aujourd’hui, confiante, elle propose un style ancré dans la tradition et ouvert sur un style très bohémien.

Elle a l’œil, sait toujours ce qu’il faut ou ne faut pas mettre, et a toujours l’accessoire qu’il faut pour rehausser une tenue. Un tout qui lui vient tout naturellement parce que, selon elle, la clé de la mode, c’est le naturel. Elle, c’est Yasmine Rmiki, styliste de talent qui travaille dans l’ombre, dans son petit atelier où elle refait le monde tous les jours. Chroniqueuse mode pour les Matinées conseil de Medi1 radio, c’est elle qui règle les complexes des auditeurs en matière de mode et qui donne des conseils affûtés pour être sous son meilleur jour ! «Je n’aime pas tomber dans la vulgarité, dépasser la ligne tout en ne portant que des choses simples. Les gens veulent trop en faire et perdent leur personnalité en étant «fashion».


Toutes les tendances ne sont pas bonnes à prendre». Tel sera le premier conseil de la chroniqueuse mode qui ne mâche pas ses mots lorsqu’il s’agit de son domaine de prédilection. Un domaine qui est présent depuis longtemps. «J’ai toujours gribouillé dans mes cahiers, cela rendait ma mère folle de rage! Je détruisais mes cahiers de cours mais je ne pouvais pas m’en empêcher. Je dessinais des silhouettes constamment», se souvient Yasmine Rmiki, qui entame une carrière de business woman après le bac, avant que la passion n’intervienne. «J’ai arrêté mes études de business sur un coup de tête et suis rentrée pour faire un défilé.

Cela m’a pris 18 mois. Je ratais les saisons constamment. Mais j’ai continué, et ai réalisé 3 défilés», continue celle qui sait, à ce moment-là, qu’il faut tenter de vivre de sa passion avant de le regretter. «Je ne voulais pas faire de couture. J’ai réalisé à un moment que j’étais devenue couturière. Les gens venaient chez moi pour que je réajuste ou que je retravaille de l’existant. Ce n’était pas moi.

J’ai senti que je n’étais pas en phase avec le marché, avec la demande. Je suis repartie terminer mes études et j’ai mis la mode de côté». Mais seules quelques années passeront avant que la mode rattrape la jeune créatrice. La mode étant omniprésente dans sa vie, elle se voit proposer une chronique traitant de ce sujet dans une des radios les plus écoutées du royaume et se sent comme un poisson dans l’eau. «Ce qui me plaît, c’est de créer, de faire ce que j’aime, de penser la robe du début jusqu’à la fin, de conseiller, de proposer! Je préfère cela à exécuter.

J’adore l’exécution quand elle est bien faite, mais lorsqu’il s’agit d’exécuter mes propres idées». Elle commence alors à penser à des collections et continue de gribouiller dans ses cahiers, dans un atelier qu’elle finit par créer. Celle qui avoue ne pas être inspirée par une personne se veut inspirée par une saison. «J’adore l’automne, je trouve que c’est une saison versatile, on peut passer de l’été à l’hiver dans ce qu’on porte. Les endroits, l’histoire, m’inspirent. Les différentes dynasties, les monarchies françaises et russes par exemple. J’aime les costumes, et pas seulement arabo-musulmans». Passionnée par la tradition et l’histoire, c’est là qu’elle puise son amour pour un style classieux, raffiné et épuré, où le relief est roi et où le détail a toute son importance. «J’aime ce qui est travaillé dans le détail mais qu’on ne voit en relief. J’adore les coupes». Côté bohémien oblige, elle adore la vague hippie, sa folie et sa liberté, et propose une sorte de fusion entre le passé et le présent, entre le minimalisme et le décalé. «J’adore la tendance seventies, que ce soit au niveau des couleurs, des coupes comme des matières. Terre, ocre, bleu, vert, c’est une année très disco.

Quand on combine cela avec l’automne, cela donne des possibilités illimitées». Des possibilités illimitées certes, mais toujours avec précaution puisque lorsqu’on lui demande un conseil beauté ou ce qui, pour elle, reste indémodable, la réponse est évidente : «Jean-chemise-blazer ! Si on est grande on va opter sur des flats nude, et si on est petite, on va aller sur des escarpins ou sandales nude toujours, avec l’accessoire qu’il faut: une pochette ou juste un collier ou un bracelet. L’indémodable c’est rester soi-même surtout !». Conseil d’une experte, conseil d’une femme tout court… 


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