Maroc

PJD-PPS : Le mariage de raison renouvelé

Accolades, signes de victoire, forte émotion… l’ambiance est à l’unité entre le PPS et le PJD. Les deux partis ont décidé d’aller main dans la main à la conquête des électeurs lors des prochaines législatives. Benkirane n’a pas tari d’éloges sur les ministres PPS qu’il a soutenus même aux dépens de certains ministres de son propre parti.


L’émotion était à son comble, hier à Skhirat, lors de la présentation du bilan ministériel du PPS. Les larmes aux yeux, Nabil Benabdellah, SG du parti du livre, n’a pas tari d’éloges sur la personne d’Abdelilah Benkirane, qui a pris part à l’événement, accompagné de son ministre de la Justice, Mustapha Ramid. Il y a quelques années, ce spectacle qui signe « l’arrêt de mort» des idéologies en politique aurait été impossible. Mais les choses ont changé et le PPS s’est découvert, depuis, plein d’affinités et de points communs avec les pjdistes. Jusqu’au bout, le PJD et le PPS ont gardé intacts les liens qui les unissent au sein de la majorité et ils le crient haut et fort. «Je tiens ici à saluer la patience et l’esprit de compréhension dont le chef de gouvernement a fait preuve, surtout en cette période cruciale», a lancé Benabdellah. Accolades, signes de la victoire, les deux hommes ont multiplié les effusions amicales pour montrer leur union face à l’adversité en dehors et au sein de la majorité. «C’est une expérience unique,  que deux mouvements aux référentiels opposés se mettent d’accord pour défendre la stabilité du pays.

Cela a été possible car le sérieux n’a pas d’idéologie», a souligné Benkirane devant une salle pleine de militants PPS. Et le chef de gouvernement d’enchaîner : «j’ai toujours été aux côtés des ministres PPS aux dépens même de certains ministres de mon propre parti. Nous sommes d’accord pour être ensemble dans le prochain gouvernement». Ce n’est pas fini. Benkirane a lancé un message subliminal en affirmant que si le PPS n’avait pas donné son cachet à ce gouvernement, il n’aurait pas réussi. Dans ce sens, Benabdellah a précisé que son parti n’a pas pris part au gouvernement uniquement pour occuper des postes ministériels. «Dans la gauche, nous avons été critiqués, mais aujourd’hui ces mêmes personnes qui nous ont fait des reproches reconnaissent le choix judicieux du PPS», ajoute le chef des PPSistes. Néanmoins, pour préserver les frontières du parti de toute assimilation, Benabdellah a crié que son parti est indépendant et fidèle à ses convictions. «Nous sommes aussi restés fidèles à la charte de la majorité et non pas avec un pas dedans et un pas dehors.

Il y avait au départ des tentatives pour avorter cette expérience gouvernementale et pour personnifier le combat», a-t-il expliqué. Et de conclure que le PPS a été, tout au long de l’expérience gouvernementale, un facteur de rapprochement pour maintenir une majorité homogène.


Bilan et regrets
S’il faut faire le bilan des ministres PPS, l’exercice sera difficile, mais des indicateurs s’imposent et donnent un aperçu assez significatif. D’abord, c’est la première fois au Maroc qu’il y a un ministère chargé de l’Eau. Chrafat Afailal s’est félicitée de l’adoption de deux lois sur l’eau et sur la sécurité des barrages. Aujourd’hui, 38 millions de m3 d’eau sont produits à travers le traitement des eaux usées. Dans le domaine de l’emploi, Abdelouahed Souhail et Abdeslam Seddiki ont cité le Plan législatif quinquennal, l’ouverture de la formation professionnelle à un âge plus bas. Et surtout la loi sur la perte d’emploi qui permet de toucher 2.500 DH/mois sur 6 mois. À ne pas perdre de vue, l’importante loi sur les travailleurs domestiques et le renforcement du nombre d’inscrits à la CNSS qui totalise aujourd’hui 3,1 millions de personnes. La couverture des indépendants et des étudiants, figure aussi parmi les acquis. Toutefois Souhail a exprimé son regret de ne pas pouvoir appliquer une nette séparation entre formation professionnelle et formation continue. «Des budgets colossaux partent dans ce gouffre qu’est la formation professionnelle», a-t-il souligné. Dans la santé, El Houssaine Louardi, a réalisé des prouesses comme la fermeture de Bouya Omar, la baisse des prix de 2.600 médicaments et un médicament à 3.000 DH pour l’hépatite C, produit au Maroc. Toutefois, reconnaît Louardi, le secteur connaît des déséquilibres surtout dans le rural. Heureusement, il y a 3 MMDH d’allocation pour améliorer les choses dans ce sens.

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