Maroc

Parc national d’Ifrane : 1,8 million d’euros mobilisés par le FFEM

L’Ambassade de France au Maroc et l’Agence française de développement ont conclu une convention de subvention du Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) d’un montant de 1,8 million d’euros. L’objectif est la réalisation par l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) du projet-pilote «Activités de pleine nature au service de la biodiversité dans le Parc national d’Ifrane».

Avec ses 11 parcs nationaux, le Maroc dispose d’une superficie globale de 766.647 ha, couvrant 3,7% de sa superficie totale. C’est dire le rôle de ces territoires en tant que support au développement local en matière d’activités d’écotourisme et de sports de nature.

Dans l’optique de valoriser ces espaces par un tourisme responsable et des activités en pleine nature, l’Ambassade de France au Maroc et l’Agence française de développement (AFD) ont conclu une convention de subvention octroyée par le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM). D’un montant de 1,8 million d’euros, cette dernière a pour objectif la mise en œuvre par l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) du projet-pilote «Activités de pleine nature au service de la biodiversité dans le Parc national d’Ifrane».

Ce projet vient en complément du programme «Ghabati, Hayati», lancé il y a un an par l’AFD à l’échelle nationale, à hauteur de 103 millions d’euros. Il vise aussi à contribuer, à titre de projet-pilote, aux objectifs de la nouvelle stratégie forestière «Forêts du Maroc 2020-2030». Prévu sur une durée de cinq ans (2022-2026) pour un budget total de 7,6 millions d’euros, ce programme est co-financé par le Royaume et le FFEM, ce dernier y contribuant pour 1,8 million d’euros (23% du budget total).

Un programme d’appui budgétaire global de l’AFD
Il s’agit d’un projet pilote qui relève d’un programme d’appui budgétaire global de l’AFD à la stratégie «Forêts du Maroc 2020-2030», à travers un prêt de 100 millions d’euros et une subvention de 3 millions d’euros, sous forme d’assistance technique. Créé par décret royal en date du 8 octobre 2004, le Parc national d’Ifrane couvre 125.000 ha et englobe 155.000 habitants. Il concentre les plus grandes cédraies de l’Atlas, abrite 24.000 espèces animales, et se caractérise par un taux d’endémisme global de 11% pour la faune.

Ce patrimoine naturel subit cependant de nombreuses pressions dont le stress hydrique, la surexploitation des ressources forestières, le surpâturage et le tourisme de masse. Face à ces enjeux, le projet en question fait partie d’un large programme d’aménagement et de développement de cet espace pilote. Pour rappel, la stratégie «Forêts du Maroc 2020-2030» ambitionne de concilier entre conservation de la biodiversité et développement d’un tourisme de nature responsable, générateur de revenus et d’emplois locaux.

«Le projet s’appuiera sur des activités pilotes d’aménagement de la zone cœur du parc d’Ifrane, la réintroduction d’espèces menacées et le développement de produits écotouristiques basés sur l’implication des opérateurs privés internationaux et nationaux ainsi que la promotion d’initiatives locales génératrices d’emplois en faveur des jeunes», explique Abderrahim Houmy, directeur général de l’ANEF.

Une mise à niveau du réseau des 10 parcs nationaux
La réussite de cette expérience devrait permettre une mise à niveau du réseau des 10 parcs nationaux du pays. En effet, elle servira de modèle duplicable aux autres parcs du Royaume. «Ce projet incarne aussi les efforts menés conjointement par la France et le Maroc pour concilier la préservation des aires protégées et la revitalisation des territoires ruraux. La structuration d’une offre écotouristique, autour de l’expérience sportive en pleine nature, est une opportunité nouvelle pour les communautés locales comme pour la biodiversité», précise Quiterie Pincent, directrice de l’AFD au Maroc.

Dans le détail, il s’agit de structurer la filière des sports doux de nature (VTT, randonnées, escalades, balades équestres…) afin de valoriser le patrimoine naturel et de contribuer à sa restauration. Toutefois, «l’implication de l’ensemble des parties-prenantes sera déterminante pour sa réussite», a insisté Augustin Jeanjean, chargé de projet biodiversité à l’AFD au Maroc. Le projet donnera lieu à une coopération institutionnelle renforcée entre les deux pays avec l’échange des bonnes pratiques et de savoir-faire des parcs nationaux français des Cévennes et des Calanques avec ceux d’Ifrane.

Cette expérience viendra ainsi nourrir la réflexion commune, de part et d’autre de la Méditerranée, sur la préservation des aires protégées et les voies de développement d’un tourisme répondant à la fois aux attentes de la population locale et à la sensibilité écologique de ces territoires.

Yassine saber / Les Inspirations ÉCO

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