Maroc

Maths, lecture, sciences : mauvais bulletin du Maroc dans l’enquête PISA 2022

Les milliers d’enseignants qui font l’école buissonnière depuis des semaines devraient lire attentivement les résultats de l’enquête PISA/OCDE, publiée mardi 5 décembre. Les compétences de nos élèves de 15 ans en mathématiques, en lecture et en sciences décrochent. En tout cas, elles ne progressent pas.

6.867 élèves marocains font partie de l’échantillon de l’enquête PISA/OCDE qui comprend 690.000 élèves provenant de 81 pays. Sans surprise, ce sont les pays asiatiques – Japon, Singapour, Corée – qui dominent le classement. Des pays où le système éducatif est basé sur l’excellence et une compétition acharnée aux effets parfois pervers. Tous les trois ans, ce test auquel le Maroc participe depuis 2018 mesure les compétences des élèves de 15 ans de l’OCDE (pays membres et associés) en mathématiques, en compréhension de l’écrit et en culture scientifique. Le moins que l’on puisse dire est que le bulletin du Royaume n’est pas bon. Quoi qu’ils en pensent, nos enseignants ne peuvent pas se dédouaner de toute responsabilité dans ce tableau.

De manière générale, les élèves marocains obtiennent des résultats inférieurs à la moyenne de l’OCDE en mathématiques, en lecture et en sciences. A propos de maths, il s’agit d’une surprise pour un pays dont les lycéens trustent souvent les premières places dans les concours internationaux. Selon l’enquête PISA 2022, une plus faible proportion d’élèves marocains obtient un meilleur résultat (niveau 5 ou 6) dans au moins une matière que la moyenne des membres de l’OCDE.

Ce que savent et peuvent faire nos élèves
Seuls 18 % des élèves marocains ont atteint au moins le niveau 2 en mathématiques, loin derrière les 69% en moyenne dans l’OCDE. Au minimum, ces élèves peuvent interpréter et reconnaître, sans instructions directes, comment une situation simple peut être représentée mathématiquement (par exemple, comparer la distance totale sur deux itinéraires alternatifs ou convertir les prix dans une devise différente), soulignent les auteurs du rapport. Presque aucun élève n’a excellé en mathématiques, c’est-à-dire atteint le niveau 5 ou 6 du test PISA contre une moyenne de 9% dans les pays OCDE.

Pendant ce temps, six pays asiatiques explosent les compteurs : Singapour (41 %), le Taipei chinois (32 %), Macao (29 %), Hong Kong (27 %), le Japon ( 23%) et la Corée (23%). En termes de compétences mathématiques, les élèves des pays/circonscriptions peuvent modéliser des situations complexes et sélectionner, comparer et évaluer des stratégies de résolution de problèmes appropriées pour y faire face. Cela explique en partie le déplacement du centre de gravité de l’économie mondiale vers cette région.

L’enquête PISA 2022 révèle par ailleurs de grosses lacunes en lecture de nos élèves (15 ans). En attendant que les réformes en cours produisent de l’impact à moyen terme, il y aura de la casse en cours de route. Environ 19 % des élèves au Maroc atteignent le niveau 2 ou plus en lecture. La moyenne des pays OCDE est de 74 %. «Au minimum, ces élèves peuvent identifier l’idée principale d’un texte de longueur moyenne, trouver des informations basées sur des critères explicites, quoique parfois complexes, et réfléchir au but et à la forme des textes lorsqu’on leur demande explicitement de le faire». Presque aucun élève marocain n’a atteint le niveau 5 ou plus en lecture (moyenne OCDE : 7 %). Ces élèves peuvent comprendre de longs textes, traiter des concepts abstraits ou contre-intuitifs et établir des distinctions entre faits et opinions.

Ce que les élèves marocains savent et peuvent faire en sciences
Environ 25 % ont atteint le niveau 2 ou plus en sciences (la moyenne OCDE est de 76 %). «Ces élèves peuvent reconnaître l’explication de phénomènes scientifiques familiers et utiliser ces connaissances pour déterminer, dans des cas simples, si une conclusion est valide sur la base des données fournies». Presque aucun élève marocain ayant participé au test n’était très performant en sciences (ndlr : ce qui signifie qu’il maîtrisait le niveau 5 ou 6). Ces élèves peuvent appliquer de manière créative et autonome leurs connaissances scientifiques à une grande variété de situations, y compris des situations peu familières. Les résultats moyens en 2022 étaient à peu près identiques qu’en 2018 en mathématiques, et en baisse par rapport à 2018 en lecture et en sciences.

Néanmoins, si l’on considère l’intégration dans le secondaire de certaines populations auparavant marginalisées, la tendance globale semble plutôt positive, tempèrent les auteurs de l’enquête PISA. Cela suggère que la baisse apparente des résultats en lecture et en sciences peut s’expliquer entièrement par l’intégration massive d’élèves de 15 ans issus de populations marginalisées, et que les performances pour les autres élèves n’ont pas changé du fait de l’expansion des effectifs.

Au cours de la période 2018 à 2022, l’écart entre les élèves les plus performants (10 % ayant les scores les plus élevés) et les élèves les plus faibles (10 % ayant les scores les plus faibles) s’est rétréci en mathématiques, alors qu’il n’a pas changé de manière significative en mathématiques. Les dépenses consacrées par les gouvernements à l’éducation sont certes importantes, mais elles ne sont pas toujours décisives dans les performances des élèves.

Parmi les pays dont les dépenses cumulées par élève dans les cursus primaire et secondaire (entre 6 et 15 ans) étaient inférieures à 75.000 dollars (en parité de pouvoir d’achat, PPA) en 2019, la corrélation entre les budgets et les scores des élèves en mathématiques est certes très élevée, mais l’argent n’est pas le critère décisif. Au Maroc, la dépense cumulée moyenne par élève, sur dix ans, entre 6 et 15 ans, s’élevait à environ 24.900 dollars (PPA).

Les filles, meilleures que les garçons

Au Maroc, la part des élèves peu performants est similaire chez les garçons (81 %) et les filles (82 %) en mathématiques; en lecture, cependant, la part est plus importante chez les garçons (78 % des filles et 84 % des garçons ont obtenu des résultats inférieurs au niveau 2 en lecture).

Entre 2018 et 2022, les performances en mathématiques sont restées stables tant chez les garçons que chez les filles au Maroc. En considérant l’’enquête PISA 2022 de manière générale, les filles ont surpassé les garçons de 4 points en mathématiques et de 22 points en lecture.

A l’échelle mondiale, en mathématiques, c’est la tendance inverse : les garçons dépassent les filles dans 40 pays tandis que les filles ont surpassé les garçons dans 17 autres pays de l’échantillon.

En lecture, les filles, en moyenne, ont obtenu de biens meilleurs résultats que les garçons dans quasiment tous les pays ayant participé au PISA 2022 (79 sur 81).

Abashi Shamamba / Les Inspirations ÉCO

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