Maroc

Maroc-Suriname : le meilleur est à venir !

Les deux pays établissent une feuille de route portant sur le renforcement des relations bilatérales pour la période 2021-2024. Tourisme, aviation, portuaire, environnement… les champs de coopération ne manquent pas, et le potentiel non plus.

Avec sa population de près de 520.000 habitants, sur un territoire d’un peu plus de 163.000 km2 , le Suriname est jusqu’ici un pays très peu connu au Maroc. Pourtant, du potentiel de coopération économique avec cette nation, il y n’en manque pas pour le Royaume ! Les choses semblent, par ailleurs, bouger dans ce sens puisque les deux pays entendent renforcer leurs relations bilatérales. Une feuille de route traçant les contours d’une coopération plus dense vient d’être actée, jeudi dernier, par le ministre des Affaires étrangères, du commerce international et de la coopération internationale du Suriname, Albert Ramdin, et le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita. Ledit accord, couvrant la période 2021-2024, devrait être appuyé par un mécanisme de suivi pour en assurer la mise en œuvre. Sur le fond, les chefs de la diplomatie des deux pays ont examiné les opportunités de développer les relations b2b, dans le but de renforcer les échanges. Faut-il le rappeler, depuis 2016 quand le Suriname avait retiré sa reconnaissance de la pesudo-rasd, un premier accord, axé sur le développement humain et la solidarité Sud-Sud, avait été conclu entre les deux pays. Pour Bourita, la feuille de route signée aujourd’hui reflète l’évolution considérable des relations bilatérales. Elle prévoit la réalisation de projets dans de nombreux domaines tels que le tourisme, l’agriculture et les énergies renouvelables d’ici à l’année 2024.


Multi-dimensionnel
Dans la palette de secteurs qui suscitent l’intérêt du partenaire surinamais, figure l’expérience marocaine en matière de Partenariats public privé (PPP), mais aussi le développement des relations bilatérales dans les domaines de l’eau, de la logistique et des infrastructures ainsi que la coopération entre les autorités du port de Paramaribo et de celui de Dakhla. Ces ambitions, le ministre surinamais les a clairement explicités lors de sa rencontre avec le ministre de l’Équipement, des transports, de la logistique et de l’eau, Abdelkader Amara. Le royaume entend, d’ailleurs dans ce sens, conclure un accord de coopération dans les secteurs portuaire et maritime. En matière de coopération touristique, d’aviation civile et d’artisanat, le potentiel n’est pas moindre. Lors de la réunion du diplomate Ramdin avec la ministre du Tourisme, de l’artisanat, du transport aérien et de l’économie sociale, Nadia Fettah Alaoui, l’ordre du jour a porté sur le développement des flux touristiques et la signature d’un accord de coopération dans le domaine du tourisme, en vue d’échanger les expériences, notamment dans les domaines du produit touristique, du tourisme d’affaires et du tourisme culturel. Il était aussi question du domaine de l’artisanat et de l’économie sociale, de partage d’expérience entre les experts des deux pays, de l’organisation de réunions virtuelles d’affaires entre les deux parties (investisseurs potentiels, fédérations et associations professionnelles du tourisme) et d’exploration des opportunités d’investissement. Sur le registre environnemental, aussi, l’ambition est partagée. Le Suriname est, en effet, particulièrement intéressé par l’expérience «green» du Maroc. «Nous espérons avoir dans le futur une coopération technique (…), surtout en environnement, mais aussi développer le secteur des mines et de l’énergie», a affirmé Ramdin, au terme de ses entretiens avec le ministre de l’Energie, des mines et de l’environnement, Aziz Rabbah. «C’est très important pour nous, car nous sommes le deuxième pays dans le monde en terme de couverture forestière, donc nous avons beaucoup à protéger», a-t-il expliqué, soulignant que son pays peut s’inspirer de l’expérience du Maroc dans ce domaine. Un comité bilatéral et d’autres rencontres sont envisageables avec des ministres de Suriname, a ajouté de son côté Rabbah à propos de ce pays pouvant «jouer un très grand rôle dans la connexion de l’Amérique latine avec notre pays, dans tous les domaines». Pour l’heure, semble-t-il, ni le Maroc ni le Suriname ne souhaitent perdre davantage de temps, puisque des réunions virtuelles entre les deux parties devraient être entamées, à partir du mois d’avril. 

Sahara marocain : une position confirmée

Le Maroc et le Suriname ont signé un communiqué conjoint qui incarne la volonté des deux pays de soutenir mutuellement leurs causes. Dans ce document, le Maroc salue les efforts du gouvernement du Suriname pour lancer des projets de développement en vue de réaliser les aspirations de progrès et de prospérité de son peuple, en plus de son ouverture sur l’espace arabe et africain. Pour sa part, le Suriname réaffirme son soutien « à l’intégrité territoriale du Maroc en réitérant sa position inébranlable concernant la marocanité du Sahara et la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud », tel que souligné par le ministre des Affaires étrangères, Albert Ramdin. Dans cette lignée, le Suriname a décidé d’ouvrir une ambassade à Rabat et un consulat à Dakhla. Objectif : « d’impulser la coopération bilatérale et de promouvoir les investissements et le commerce », a expliqué le diplomate surinamais en visite de travail au Maroc du 10 au 12 mars.

Mariama Ndoye / Les Inspirations Éco

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