Maroc

L’hôpital de campagne d’Agadir, une solution de dernier recours

Selon la Direction régionale de la santé de la Région Souss-Massa, l’hôpital de campagne est une solution envisagée en dernier recours, puisque la capacité litière en réanimation au sein de l’hôpital régional n’est actuellement occupée qu’à hauteur de 70%.

À l’instar des autres villes du royaume, Agadir s’est dotée d’un hôpital de campagne pour la prise en charge des cas Covid-19, afin d’alléger la pression sur les autres structures hospitalières, notamment le Centre hospitalier régional (CHR) Hassan II d’Agadir. Bien que cet hôpital, doté d’une capacité de 101 lits équipés en oxygène sous forme de chapiteau, ait été installé il y a près de deux mois, par les fonds propres du ministère de la Santé, à proximité du Centre hospitalier régional, deux questions restaient en suspens : pourquoi n’est-il pas encore mis en service dans ce contexte de pandémie, et à partir de quand sera-t-il opérationnel ? Selon la Direction régionale de la santé de la Région Souss-Massa, cet hôpital de campagne est une solution de dernier recours, puisque la capacité litière en réanimation au sein de l’hôpital régional n’est actuellement occupée qu’à hauteur de 70%. «Le CHR Hassan II d’Agadir dispose toujours d’une capacité qui prend en charge les malades, que ce soit les cas stables ou bien graves. Jusqu’à présent, la saturation de la capacité ne dépasse pas 70% tant pour les services de réanimation que pour les services des cas stables», assure Rochdi Keddar, directeur régional du ministère de la Santé dans la Région Souss-Massa.


La mise en service dépend de la saturation
C’est la raison pour laquelle le délai de mise en service de cet hôpital de campagne dépend, selon le même responsable, de la question de la saturation des capacités litières au sein du CHR. Rappelons que la construction de cet hôpital a été réalisée, selon la direction régionale, dans le cadre de mesures anticipatives en coordination avec le ministère de tutelle et la commission de veille préfectorale, qui assure la mission de Poste de commandement préfectoral (PCP) à l’échelle locale. «La saturation n’est pas encore atteinte, puisque notre stratégie se base sur la détection et la prise en charge précoce des cas, que ce soit pour les cas suspects ou les personnes contacts», ajoute Rochdi Keddar. Selon lui, le taux de létalité, soit la proportion de décès liés à la Covid-19, est inférieur à la moyenne nationale en raison de la prise en charge précoce, y compris en termes de diagnostic. En chiffres, l’hôpital Hassan II d’Agadir accueille actuellement 32 cas dans le service de réanimation.

La réanimation Covid-19 renforcée
Deux services de réanimation dédiés à la Covid-19 sont opérationnels, en parallèle d’un service pour les cas habituels. Un troisième service consacré à la Covid-19 sera mis en place à côté du bloc opératoire et, en fonction de la demande, un quatrième service est également programmé à côté des urgences. Toutefois, au vu de la situation actuelle, la gestion des ressources humaines, eu égard au personnel soignant quotidiennement touché par la Covid-19, et le maintien des autres services constituent un vrai casse-tête. La Région Souss-Massa dénombre 22.340 cas confirmés, selon les derniers chiffres arrêtés au 26 novembre, avec 424 nouveaux cas. De ce fait, la région est classée 3e en termes de contamination, après les Régions Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kenitra, mais elle compte moins de morts que celles-ci.

Le casse-tête de la gestion des ressources humaines
S’agissant de la question des ressources humaines qui devraient accompagner cette pression dans les services de soins, y compris l’hôpital de campagne, le directeur régional du ministère de la Santé a affirmé qu’un redéploiement des ressources avait été effectué dans le cadre de la gestion des ressources humaines. Il a été réalisé sur les plans local, provincial et régional, tout en renforçant ces ressources dans le cadre du volontariat ou dans le cadre de partenariats avec la société civile, grâce à l’appui de l’association des Amis de l’hôpital Hassan II et la Fondation du Sud. Toujours est-il, l’effort reste concentré à l’intérieur du CHR, vu que la saturation n’est toujours pas atteinte. En ce qui concerne la question de l’oxygène, la structure régionale est dotée de trois citernes pour éviter les pannes, avec deux nouvelles citernes d’une capacité respective 10.000 m3 et 6.400 m3. Un réseau commun, qui intègre aussi l’ancienne citerne, est en cours d’installation. Sur le plan de la capacité de dépistage, quatre laboratoires privés supplémentaires ont été mobilisés pour la réalisation de la technique qRT-PCR, technique de référence pour le diagnostic moléculaire du Sars-CoV-2 pour alléger la pression sur les deux structures publiques, notamment le laboratoire régional et celui relevant de l’hôpital militaire.

Yassine Saber / Les Inspirations Éco

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