Maroc

Journée mondiale de la presse : le numérique, menace ou opportunité ?

C’est sous le thème du numérique que le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a axé l’essentiel de son discours prononcé mardi, à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse. Tout en rappelant l’importance du rôle que jouent les médias dans la démocratisation des sociétés et lors des crises, il a mis le doigt sur le modèle commercial de bon nombre de médias sociaux ainsi que sur le numérique.  

«En cette journée mondiale de la liberté de la presse, nous mettons en avant le travail essentiel des journalistes et des autres professionnels des médias qui œuvrent à la transparence et cherchent à mettre les puissants face à leurs responsabilités, souvent au prix de grands risques». C’est en ces termes que le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a débuté son discours, prononcé mardi dernier, lors de la célébration de la journée mondiale de la presse.

Le patron de l’ONU est également revenu sur le rôle joué par les médias lors de la crise sanitaire, notamment, en déclarant que «tout au long de la pandémie de Covid-19, de nombreux professionnels des médias ont été en première ligne, rendant compte de la situation de façon précise, en s’appuyant sur la science pour informer les décideurs et sauver des vies. Parallèlement, les journalistes qui traitent les questions liées au climat, à la biodiversité et à la pollution ont réussi à attirer l’attention du monde entier sur cette triple crise planétaire».

Cependant, a-t-il regretté, les menaces contre la liberté des journalistes et des professionnels des médias s’intensifient de jour en jour. «Quel que soit le domaine, santé mondiale, crise climatique, corruption ou atteintes aux droits humains, on politise toujours plus le travail de ces femmes et de ces hommes, et on les presse, de toutes parts, de garder le silence», a-t-il souligné.

Ensuite, parlant du numérique, Guterres a déclaré que «le numérique a démocratisé l’accès à l’information, mais a également fait naître des défis de taille».

Revoir le modèle commercial des médias sociaux


Le premier de ces défis est, notamment, lié au modèle commercial des médias sociaux en général. Selon le patron de l’ONU, «le modèle commercial de bon nombre de médias sociaux repose non pas sur l’amélioration de l’accès à des informations rigoureuses, mais sur la multiplication des réactions, ce qui signifie souvent provoquer l’indignation et propager des mensonges».

Comme second défi, Guterres pointe la facilité de la censure. Selon lui, en effet, «le numérique facilite encore plus la censure. De nombreux journalistes et responsables de médias à travers le monde sont en permanence victimes de la censure de leurs émissions et reportages qui sont rendus inaccessibles en ligne». Le Secrétaire général de l’ONU déclare également, exemples à l’appui, que «le numérique crée de nouveaux moyens d’oppression et d’abus.

Les femmes journalistes sont tout particulièrement exposées au harcèlement et à la violence en ligne. L’UNESCO a établi que près de trois femmes sur quatre ont subi des violences en ligne». Il a souligné enfin, toujours à propos des défis que pose le numérique à la presse, que «le piratage et la surveillance illégale empêchent également les journalistes de faire leur travail».

Une question non encore solutionnée


Finalement, la question est de savoir si le numérique représente une menace ou une opportunité pour la presse ? En tous, cas, c’est un dispositif qui montre que les méthodes et les outils évoluent. Il est, aujourd’hui, beaucoup plus simple de toucher du monde. En même temps, l’objectif, qui est de discréditer les médias, de dissimuler la vérité ou semer le doute, est également devenu beaucoup plus accessible.

Rappelons que la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai de chaque année, sert à rappeler aux gouvernements la nécessité de respecter leur engagement en faveur de la liberté de la presse et constitue également une journée de réflexion pour les professionnels des médias sur les questions relatives à la liberté de la presse et à l’éthique professionnelle.

Tout aussi importante, cette date anniversaire est une journée de soutien aux médias qui sont des cibles pour la restriction ou l’abolition de la liberté de la presse. C’est aussi une journée de commémoration pour nombre de journalistes qui ont perdu la vie dans leur quête de vérité.

Sami Nemli / Les Inspirations ÉCO

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