Maroc

Fès-Meknès : l’ADER-Fès transformé en SDR

Le Conseil régional de Fès-Meknès a adopté une convention pour la transformation de l’Agence de dédensification et de réhabilitation de la médina de Fès en Société de développement régional. Créée sous forme de société anonyme en 1989, l’ADER avait pour but de générer des profits à même d’assurer la continuité et le développement de la société, ce qui n’est pas le cas jusqu’à présent. 

Le Conseil régional de Fès-Meknès a procédé, cette semaine lors de la session ordinaire du mois de mars, à l’approbation d’une convention pour la transformation de l’Agence de dédensification et de réhabilitation de la médina (ADER) de Fès en Société de développement régional (SDR).


Cette décision vient pour répondre aux orientations de la loi organique sur les régions qui a consacré son troisième chapitre aux sociétés de développement régional en stipulant que «les régions, les groupements de régions et les groupements de collectivités territoriales peuvent créer des SDR sous forme de sociétés anonymes ou participer à leur capital, en association avec une ou plusieurs personnes morales de droit public ou privé. Ces sociétés sont créées pour exercer des activités à caractère économique entrant dans le champ des compétences de la région ou pour la gestion d’un service public relevant de la région».

Pour le cas de l’ADER Fès, elle ne fera pas l’objet de création, mais plutôt de transformation de statut juridique, puisque l’agence a été créée en 1989 sous forme de société anonyme. Son but étant d’assurer «l’exécution des programmes relatifs à la sauvegarde de la ville de Fès dans le cadre des prérogatives gouvernementales». Un rapport de la Cour régionale des comptes (CRC) avait pointé du doigt les limites du mode de gestion du service de réhabilitation de la Médina de Fès.

La création de l’ADER sous forme de société anonyme (S.A.) était dans le but de conférer à celle-ci une large liberté d’action en allégeant les contrôles exercés par l’État sur ce type d’organismes. De plus, la forme de S.A. permet essentiellement de produire des prestations rémunérées et, partant, de générer des profits à même d’assurer la continuité et le développement de la société, ce qui n’est pas le cas de l’ADER. En effet, l’agence n’a pas pu générer de bénéfices du fait qu’elle agit, essentiellement, dans un secteur à connotation plutôt social, à savoir la réhabilitation du tissu ancien de la Médina de Fès, connue pour sa dégradation avancée et pour des taux élevés de pauvreté et de précarité.

De plus, pour plusieurs raisons (non jouissance des prérogatives de la puissance publique, absence de subventions directes de l’État…), ce statut (S.A.) est devenu pour l’agence une entrave devant l’accomplissement de ses missions de réhabilitation. Selon plusieurs études sur la Médina de Fès, cette dernière abrite une population parmi les plus pauvres au niveau national.

Ainsi, plus de 30% des ménages vivent en dessous du seuil de pauvreté. Cette réalité représente un obstacle de taille devant les ambitions de la réhabilitation de la médina. Dans le même sens, durant l’exécution de la composante «Aide à la réhabilitation» de la médina financée par la Banque Mondiale, la difficulté de l’adhésion des intéressés était manifeste. Le peu de demandes présentées pour bénéficier de l’aide a fait que ladite composante s’est trouvée au début paralysée.

Près de 2 MMDH de projets de réhabilitation
L’ADER Fès a piloté plusieurs projets de développement destinés à rendre à la ville son rayonnement culturel et son lustre d’antan. L’on peut citer, entre autres, le programme de restauration de 27 sites historiques de la Médina, de quelque 4.000 bâtisses menaçant ruine, ainsi que des tanneries, des ponts et des médersas édifiées par la dynastie des Mérinides aux 13e et 14e siècles, et ce, avec un investissement de 615 millions de DH. Cette opération vise à insuffler une nouvelle dynamique socio-économique et culturelle dans un contexte chargé d’histoire et de patrimoine.

L’objectif est également d’assurer la pérennité des monuments, tout en érigeant ces sites en outils de création d’emplois et de richesse et dont les revenus seront réinjectés dans les opérations de conservation du patrimoine culturel de la médina. Une autre initiative concerne la dynamisation de la cité et la promotion de son patrimoine, à travers l’ouverture des célèbres foundouks Chemmaïne-Sbitriyine, Barka et Staouniyine, situés au cœur de la médina, à des activités de l’artisanat en voie de disparition et à des services culturels et touristiques.

Ces monuments architecturaux, qui datent des 13e et 14e siècles, ont pu retrouver une seconde et ce,  avec eux un pan entier du patrimoine. Il importe aussi de rappeler le programme complémentaire pour la valorisation de l’ancienne médina qui mobilise une enveloppe budgétaire de 583 millions de DH. Il vise à rendre la ville attractive pour la population, notamment la classe moyenne, mais aussi pour les visiteurs.

Les projets inscrits dans le cadre du programme complémentaire concernent six axes majeurs, dont la réhabilitation de 11 monuments historiques et lieux emblématiques, la restauration des lieux de culte, les activités d’artisanat et de commerce traditionnel et autres 37 sites, dont 30 fontaines, outre la réhabilitation du site historique de Dar Al Makina.

Mehdi Idrissi / Les Inspirations ÉCO


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