Maroc

Fès : De nouvelles fosses pour les tanneurs

Les artisans-tanneurs des tanneries de Sidi Moussa, Aïn Azleiten et Chouara procèdent aux derniers préparatifs pour rejoindre leurs nouvelles «khzaines» et fosses. Il s’agit de la première tannerie complémentaire traditionnelle au Maroc qui va donner un nouvel élan à la filière et permettre de réduire la pollution dans l’ancienne médina de Fès.


Avant la fin de l’année 2018, les artisans tanneurs de l’ancienne médina de Fès s’installeront sur un nouveau site. Il ne s’agit pas d’un déménagement total mais plutôt d’une division du processus du travail de tannage. En effet, la nouvelle tannerie sera spécialisée dans l’exécution des travaux de rivière qui génère normalement un taux de pollution liquide et solide élevé. Rappelons que le Conseil communal de Fès a promulgué un arrêté approuvé le 21 avril 2015 interdisant l’utilisation des produits chimiques au sein des tanneries traditionnelles de la médina, à savoir Sidi Moussa, Aïn Azleiten et Chouara, qui ont notamment bénéficié d’une opération de réhabilitation et de restauration dans le cadre du projet royal relatif à la restauration et la réhabilitation des monuments historiques de l’ancienne médina de Fès avec un montant de 75,5 MDH. Cette nouvelle tannerie complémentaire traditionnelle sera la première dans son genre au Maroc, elle va donner un nouvel élan à la filière et permettra de réduire la pollution dans l’ancienne médina de Fès, préserver le métier de tannage végétal dans son état traditionnel et original dans l’ancienne médina, augmenter l’attractivité de l’ancienne médina et y développer le nombre de touristes compte tenu de l’amélioration de l’aspect esthétique des tanneries traditionnelles. Situé dans le quartier industriel d’Ain Nokbi et étalé sur une superficie de 1,08 ha, près du marché des peaux brutes dédié au tannage, la première tranche de ce projet a nécessité un investissement de 42 MDH, dont 35 MDH fournis par le ministère de l’Artisanat et de l’économie sociale et solidaire et 7 MDH par le Conseil de la région Fès-Meknès. L’acquisition du terrain a été assurée par le Conseil communal de la ville de Fès. Le maître d’ouvrage de ce projet est la Wilaya de la région Fès-Meknès. Quant à la deuxième tranche, elle sera consacrée à la station de prétraitement des eaux usées avec un budget estimé à 14 MDH.

Une seule filière, plusieurs projets
Il faut noter que, depuis 2008, la filière du cuir artisanal à Fès a bénéficié de plusieurs projets d’investissements d’un montant de 151,48 MDH. Sans oublier le projet pour la mise en place du Parc industriel d’Aïn Cheggag (PIAC) qui sera dédié à la filière cuir et qui nécessitera à lui seul un investissement de plus de 146 MDH. Pour vérifier la concordance des différents projets dédiés à la filière cuir, Les Inspirations ÉCO a demandé au président de la Chambre de l’artisanat de la région de Fès-Meknès, Abdelmalek Al Boutayne,  des explications sur l’avenir des métiers du cuir dans le cadre du district d’Ain Cheggag. D’après lui, le projet d’Ain Cheggag ne concerne pas les artisans tanneurs de l’ancienne médina. Et d’ajouter que «nous avons reçu des propositions par le comité de pilotage du district afin de dédier un espace aux fabricants de chaussures artisans dans cette nouvelle zone mais finalement, nous avons décidé, en collaboration avec les professionnels, de mettre en place une zone d’activité dédiée aux artisans (fabricants de chaussures) sur la route vers Sidi Harazem, tout du marché des peaux et de la nouvelle tannerie complémentaire d’Ain Nokbi», explique le président de la chambre. 

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