Maroc

Covid-19 : le CESE nous recommande de « vivre avec »

Alors que le débat fait rage sur un possible retour au confinement général, le Conseil économique, social et environnemental publie une étude sur les impacts de la Covid-19 et nous recommande de vivre avec le virus.

De toute crise émerge une opportunité, dit-t-on. Celle que nous vivons présentement n’échapperait pas à cette règle. C’est du moins ce que veut nous faire croire le Conseil économique, social et environnemental (CESE) qui vient de publier une étude sur «les impacts sanitaires, économiques et sociaux du virus Covid-19 et les leviers d’actions envisageables». Dans cette étude, en réponse à une saisine du président de la Chambre des représentants, le CESE considère que la pandémie liée au coronavirus est une réelle opportunité pour opérer une transformation radicale des mentalités et des modes de pensée, organisation, gestion, production et de consommation prédominantes au Maroc. «Une transformation qui requiert de profondes reformes structurelles à même de contribuer à réunir les conditions propices à la mise en place du nouveau modèle de développement, en cours d’élaboration», estiment les rédacteurs du document, dont la production s’inscrit dans le cadre d’une double dynamique, marquée par la nécessité de faire face à la crise sanitaire et ses répercussions d’une part, et de la nécessité de mettre en place un modèle de développement renouvelé pour le Maroc, d’autre part, souligne le conseil dans un communiqué.


La Covid-19, une réelle opportunité
Pour passer de la théorie à la réalité, en cette période de trouble, le CESE préconise un ensemble de leviers majeurs de transformation et des recommandations d’une dimension graduelle et cumulative pour atteindre trois principaux objectifs stratégiques. Il s’agit de renforcer la résilience du Maroc face aux perturbations et sa capacité à cohabiter avec le virus Covid-19, d’autant plus que cela est devenu nécessaire, ajoute le communiqué, notant qu’il est question de garantir le droit des citoyens à la santé, soutenir le pouvoir d’achat des ménages et protéger le tissu productif. Le deuxième objectif est celui de relancer l’économie nationale, en incitant les entreprises à gagner en compétitivité et créer des postes d’emploi, tout en veillant à suivre les changements produits par la crise, d’une façon à saisir les opportunités qui découlent de la reconfiguration des chaînes de valeurs mondiales. Troisièmement, il s’agit de mettre le Maroc sur les rails d’un nouveau processus de développement, en palliant les lacunes et les fragilités dont pâtit notre actuel modèle de développement, à travers l’accélération des réformes et des mesures de restructuration nécessaires pour l’éclosion d’un Maroc prospère d’une manière durable, plus inclusive, solidaire et résiliente face aux changements. Concrètement et dans le détail, ces recommandations, qui sont au nombre de 149, s’articulent autour de 7 axes principaux.

Plus d’une centaine de recommandations
Primo, il est question de cohabiter avec le virus, compte tenu des exigences de l’état d’urgence et la nécessité d’adaptation. «Ces mesures concernent la réforme des secteurs sociaux de base (santé et éducation), la reconfiguration des procédés et relations de travail (secteurs public et privé) et l’adoption d’une approche efficace et participative de la gestion des risques, tout en consacrant les fondements de l’État de droit», détaille le CESE. Secondo, il s’agit de renforcer trois principaux rôles de l’État (un État qui fournit l’assurance à tous durant les crises, un État qui assure la mission de couverture sociale, où le citoyen occupe une place centrale et un État doté d’une vision à long terme et qui assure la planification stratégique), poursuit l’institution avant de recommander, tertio, une transition d’un «système de soins» à un «système sanitaire». Autrement dit, la mise en place d’un système de santé efficace et intégré qui garantit le bon fonctionnement de la médecine préventive et fournit et facilite une offre de santé de qualité couvrant l’ensemble du territoire national sans aucune discrimination. En plus de ces défis, le CESE préconise la mise sur pied d’un système de couverture sociale généralisée et des stratégies innovantes pour intégrer le secteur informel ainsi que la relance de l’économie à court terme tout en œuvrant à moyen terme en renforçant sa résilience face aux chocs futurs, à travers notamment un examen complet des politiques économiques.

Dans un contexte difficile
Enfin, l’établissement dirigé par Ahmed Reda Chami, nommé à ce poste depuis décembre 2018, prône le développement des secteurs stratégiques pour consolider la souveraineté économique nationale, notamment l’industrie pharmaceutique, l’agro-alimentaire, le secteur de l’énergie, ainsi que celui de la recherche et développement sans oublier l’instauration d’une politique économique nationale intégrée et inclusive en matière de transformation numérique, en particulier les services publics fournis aux particuliers et aux entreprises et les services sociaux de base. Cette étude, qui appelle à cohabiter avec le virus de la Covid-19, intervient dans un contexte difficile marqué par l’explosion des cas de la Covid-19, et un vif débat sur un possible retour au confinement général. Si beaucoup de spécialistes estiment que le pays n’a pas les moyens de confiner à nouveau la population sur une longue durée, le HCP recommande de son côté un jour de confinement hebdomadaire devant permettre de réduire la transmissibilité du virus de 10%. Tout porte à croire que le débat à ce propos ne sera pas tranché de sitôtq

Khadim Mbaye / Les Inspirations Éco

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