Maroc

Conjoncture : comment répondre à ces incertitudes qui guettent ?

Depuis l’apparition du Covid, l’économie a connu un climat d’incertitude angoissant. Les trois crises cumulées, à savoir la crise sanitaire, le conflit en Ukraine et le changement climatique, ont engendré des conséquences néfastes, et ce sont les ménages qui en supportent le coût. Entre cherté des produits alimentaires, hausse des prix des hydrocarbures, resserrement monétaire…, on ne sait plus par quel bout prendre ce fléau. C’est à se demander si le gouvernement doit changer de méthode. Contacté par Les Inspirations ÉCO, Lahcen Haddad, conseiller du Parti de l’Istiqlal et ancien ministre du Tourisme,  livre son avis.

Le cycle inflationniste qui s’installe dans la durée pèse sur le citoyen. Avec cette flambée des prix, principalement alimentaires, les ménages ont de plus en plus de mal à joindre des deux bouts. La maîtrise des prix – comme promis par le gouvernement – n’est visiblement pas au rendez-vous.
Bientôt le printemps pour les produits maraîchers ?
Les mesures prises par le gouvernement se sont heurtées à des situations difficiles, voire complexes, estime Lahcen Haddad, conseiller du Parti de l’Istiqlal et ancien ministre du Tourisme. Selon lui, «la perturbation de la production maraîchère, en raison du manque d’eau, a fait que seule la région de Souss peut fournir les tomates nécessaires», surtout pendant Ramadan. Il explique que les intrants importés (dont l’azote), même défiscalisés, constituent 40% de la structure des prix de fruits et légumes. Ajouté à cela, «le coût d’intermédiation et des marchés de gros ont fait qu’on se retrouve avec un prix trop élevé pour les ménages moyens, sans parler des couches sociales vulnérables».
Malgré cette augmentation imputée aux changements climatiques, l’ancien ministre se montre confiant. Selon lui, le fait que le gouvernement ait arrêté l’export des tomates et avec les températures élevées, le prix des tomates devrait certainement baisser. Pour preuve, le prix à Inezgane la semaine dernière variait de 1,50 à 3 DH le kilo. «Il est fort possible qu’il arrive bientôt chez le consommateur final à un prix entre 3 et 6 DH», laisse entendre notre interlocuteur. Idem pour les patates.
La saison de la récolte vient de commencer et il est possible de constater une réduction du prix des patates du Loukkos, et plus tard celles du Gharb. Autre alternative proposée par le conseiller. «Si les choses ne changent pas, il faut réfléchir à un moyen pour intervenir directement sur le marché, acheminer les légumes et fruits directement aux marchés de gros, et mieux contrôler les prix aux niveaux de ces plateformes», suggère-t-il. Autre moyen de stopper l’hémorragie. Notre source juge impératif d’agir sur la production (surtout au Loukkos, Gharb et au Souss), contrôler l’intermédiation et les marchés de gros, défiscaliser complètement les intrants, et étudier la possibilité de court-circuiter les intermédiaires quand il le faut.
«Le prix de la tonne  du raffiné devrait baisser»
Les prévisions de Haddad restent optimistes pour ce qui est des hydrocarbures. «Avec la baisse du prix du brut, normalement le prix de la tonne du raffiné doit baisser, chose qui devrait se répercuter sur le prix à la pompe», juge-t-il. Évoquant la suppression de la TIC sur les hydrocarbures, notre interlocuteur se déclare contre. Selon lui, cette mesure favoriserait les grands consommateurs. «C’est un manque à gagner de 30 MMDH. A mon sens, si la situation ne change pas, il faudra peut-être penser à faire des transferts directs comme cela a été fait pendant la période du Covid, afin d’aider les ménages vulnérables et moyens à faire face à la cherté des prix. Pourvu que le registre social soit prêt.»
Comment contrer l’inflation autrement que par la hausse du taux directeur ?
Pour venir à bout de l’inflation installée, les banques centrales ont dû affermir leur politique monétaire. Interrogé sur la décision de Bank Al-Maghrib de relever son taux directeur de 50 points de base à 3%, Lahcen Haddad pense, à son tour, que l’impact sur la croissance et l’investissement serait minime. Et d’ajouter que le gouvernement a pour rôle de dynamiser l’économie et ses programmes d’emploi, via la croissance des revenus (Forsa, Awrash, augmentation des salaires…), pour justement doper la demande. «C’est pourquoi l’intervention de Bank Al-Maghrib va relativement empêcher une surchauffe susceptible d’exacerber la tendance inflationniste», conclut-il.

Kenza Aziouzi / Les Inspirations ÉCO


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