Maroc

Commission des curricula. Enfin, le bout du tunnel !

Le décret fixant la composition de la commission permanente de renouvellement et d’adaptation des curricula et des programmes vient enfin d’être adopté par le conseil de gouvernement. Cette instance est très attendue pour opérer une révision de fond en comble des programmes et améliorer, ainsi, la qualité de l’enseignement. Les détails.

La commission permanente chargée du renouvellement et d’adaptation des curricula et des programmes devra bientôt voir le bout du tunnel après l’adoption, lundi dernier, par le conseil de gouvernement du décret portant sa création. Selon nos sources, un grand intérêt a été accordé par l’exécutif à ce texte qui a été adopté «en tenant compte des remarques soulevées à son sujet».


Compte tenu du contexte électoral, ce sera visiblement au prochain gouvernement de mettre sur les rails les dispositions de ce décret et de donner forme à cette commission qui est stipulée par l’article 28 de la loi-cadre relative au système d’éducation, de formation et de recherche scientifique. Cela fait des années que cette instance est attendue pour combler les lacunes pédagogiques du système.

Il faut dire que la réforme tant souhaitée de l’enseignement reste tributaire de la révision des curricula qui ont été pendant longtemps pointés du doigt et considérés comme l’une des causes essentielles du mauvais score des élèves marocains dans les classements internationaux.

Rappelons à cet égard que les élèves marocains sont classés en queue de peloton dans la dernière édition de TIMSS (Trends in Mathematics and Science Study) qui évalue les connaissances en mathématiques et en sciences. Le Maroc est en effet classé en 2019 parmi les cinq derniers pays bien qu’il ait amélioré légèrement son score par rapport aux éditions précédentes. Aujourd’hui, le défi est de pouvoir rectifier le tir et d’améliorer la qualité de l’enseignement qui passe par la révision programmes scolaires.

Un cadre référentiel

La future commission devra établir un cadre référentiel des curricula et des guides référentiels des programmes et formations puis veiller à leur actualisation et leur adaptation permanente aux évolutions pédagogiques modernes. Lors de l’élaboration de ces documents stratégiques, il faudra prendre en considération nombre de principes, de règles, de mécanismes et d’orientations.

Il s’agit notamment de «la coordination étroite entre les divers composantes et niveaux du système d’éducation, de formation et de recherche scientifique en s’inspirant des expériences étrangères réussies et des bonnes pratiques en la matière ainsi que de la planification prévisionnelle des besoins et des spécificités des apprenants, en tenant compte des exigences locales et régionales de leur environnement social et économique», comme le préconise la loi-cadre.

Une méthodologie d’interaction des connaissances et de complémentarité des spécialités devra être adoptée «pour assurer plus de flexibilité et de cohésion des apprentissages et des formations».

Sur le volet de la gouvernance, c’est l’autorité gouvernementale chargée de l’Education nationale qui pilotera cette commission qui sera composée des représentants de huit départements ministériels: les Droits de l’Homme, les Affaires islamiques, l’Education nationale, la Formation professionnelle, l’Enseignement supérieur et la recherche scientifique, la Culture, la Jeunesse et Sports, et la Solidarité, le développement social, l’égalité et la famille.

Selon la mouture qui a été présentée au conseil de gouvernement de lundi dernier, outre ces représentants qui doivent avoir au moins le rang de directeur central, le département de l’Education nationale est chargé de nommer, pour une durée de quatre ans, renouvelable une seule fois, quelque quinze experts reconnus pour leur expérience, leurs compétences et leur expertise dans les domaines pédagogique, éducatif, scientifique, technique, économique, historique, environnemental et culturel.

Le principe de la parité devra être pris en considération dans les nominations. Ces experts représenteront plusieurs institutions dont le Conseil supérieur des oulémas, le Conseil national des langues et de la culture marocaine, le Conseil économique, social et environnemental (CESE), le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger ( CCME), l’Autorité pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination, l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC), l’Académie Hassan II des sciences et techniques, l’Académie du royaume et l’Observatoire national des droits de l’enfant.

Y siègeront aussi le directeur de l’Agence nationale d’évaluation et d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (ANEAQ) et le directeur de l’Agence nationale de lutte contre l’analphabétisme (ANLCA). Le secteur privé sera aussi représenté dans cette commission par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). La commission de sages devra se réunir au moins deux fois par an et chaque fois que ce sera nécessaire. Les décisions devront être prises par consensus, et à défaut par la majorité absolue des membres présents.

Cinq groupes thématiques

Afin d’assister la commission dans l’exercice de ses missions, cinq groupes de travail spécialisés seront créés, selon les composantes et les niveaux du système d’éducation, de formation et de recherche scientifique: l’enseignement scolaire, la formation professionnelle, l’enseignement supérieur, l’enseignement traditionnel ainsi que l’éducation informelle et la lutte contre l’analphabétisme et l’enseignement des enfants des Marocains résidant à l’étranger.

eD’autres groupes de travail pourront être créés pour accompagner la commission permanente. Les membres de ces groupes seront nommés par le département de l’Education nationale, sur proposition des départements concernés. Ils doivent se réunir au moins trois fois par an.

Jihane Gattioui / Les Inspirations ÉCO

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