Maroc

Agadir : enfin du concret pour la réutilisation des eaux usées

Dans le cadre d’une première desserte couvrant 500 ha, la première tranche du réseau d’eau potable du «bas service» permettra, selon la Régie autonome multi-services d’Agadir (RAMSA), de couvrir le besoin en arrosage d’espaces verts d’environ 50 ha. Objectif : atteindre un taux de valorisation des eaux usées de 60% à l’horizon 2025. 

Avec une production de 12 millions de m3 par an d’eaux usées, soit 25 % de la consommation annuelle d’eau potable du Grand Agadir, la réutilisation des eaux usées épurées n’était plus une option, mais plutôt une obligation, compte tenu du déficit hydrique auquel est confrontée la région du Souss. Il va sans dire que le recours aux eaux non conventionnelles, notamment la réutilisation des eaux usées épurées, constitue, selon la Régie autonome multi-services d’Agadir (RAMSA), une alternative pour contribuer à la préservation de l’équilibre hydrique de la région. Ainsi, ce procédé permettra aux communes relevant du Grand Agadir de faire l’économie des factures d’arrosage consacrées aux espaces verts. Aujourd’hui, parallèlement à l’approvisionnement attendu du Grand Agadir par de l’eau dessalée, le projet de généralisation de la réutilisation des eaux usées entre dans sa phase opérationnelle. Dans ce sens, la RAMSA, qui assure la distribution d’eau potable et la gestion de l’assainissement liquide dans la région, a déjà procédé à la mise en service de la première tranche «Bas service» du projet de réutilisation des eaux usées épurées dans le Grand Agadir.

Plus de 62% de taux d’avancement
Doté d’un montant global frôlant 150 MDH, ce projet est le fruit d’un partenariat conclu en 2018 entre le ministère de l’Intérieur et le secrétariat d’État chargé de l’Eau, qui ont mobilisé chacun l’équivalent de 40 MDH alors que la RAMSA a injecté 70 MMDH. Pour rappel, cette convention de financement a porté sur la période 2018-2021. Par ailleurs, des conventions spécifiques de distribution ont été signées entre la RAMSA et les différents usagers. Actuellement, la réalisation des ouvrages prévus dans le cadre de ce projet enregistre un taux d’avancement de 62%. À noter qu’une première mise en service de la partie gravitaire du réseau de distribution a déjà permis de desservir une superficie d’environ 500 ha, par la livraison d’eau épurée à quatre établissements golfiques, à hauteur de 13.000 à 20.000 m3/j et par la mise à disposition de ces eaux au niveau de la commune d’Inezgane. La mise en service de la première tranche du réseau «bas service» permettra, quant à elle, la mise à disposition des eaux épurées au niveau des bornes de livraison implantées à l’avenue Mohamed V, l’entrée de Bensergao, en plus du Barreau Es–Ouest et le Boulevard Hassan II, couvrant le besoin en arrosage des espaces verts d’environ 50 ha. Le programme de réalisation de l’infrastructure précitée se poursuivra en 2022 en vue de couvrir les différents espaces verts liés à la deuxième tranche des réseaux «bas service» et «haut service» situés dans les communes du Grand Agadir.

60% de taux de valorisation à l’horizon 2025
Selon la RAMSA, l’objectif tracé est d’atteindre un taux de valorisation des eaux usées épurées de 60% à l’horizon 2025. C’est la station d’épuration du Grand Agadir M’zar qui se trouve au cœur de ce processus. Il constitue le maillon principal de l’ensemble des investissements consentis dans le cadre de ce projet au niveau de la partie Sud d’Agadir. Avec sa capacité de traitement journalière, cette station assure actuellement un potentiel annuel de 11 millions de m3 en eaux épurées, ce qui permettra de satisfaire le besoin en arrosage des golfs et espaces verts du Grand Agadir pour une superficie globale estimée à 1.000 Ha. Pour rappel, la mise en service de cette station a été effectuée en 2010. La distribution des eaux épurées est assurée à travers une infrastructure constituée d’une station de traitement tertiaire aux UV de capacité 30.000 m3 /jour. À cela s’ajoutent trois réservoirs d’une capacité respective de 2.500 m3, 3.500 m3 et 7.000 m3 en plus d’un réseau d’adduction et de distribution sur un linéaire de 84 Km de conduites de différents diamètres et deux stations de relevage d’une capacité, respectivement, de 245 l/s et 195 l/s. Par ailleurs, la qualité de l’eau épurée répond à la catégorie A des normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la réutilisation sans restriction en irrigation, outre que ces eaux permettent de générer un gain économique conséquent en termes d’éléments nutritifs fertilisants, azote (N), phosphore et potasse (K2O).

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO

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