Politique

Politique de l’eau : le gouvernement liste les priorités

En plus du lancement, cette année, de la construction de cinq grands barrages, tous les projets prévus par le Plan national de l’eau devront être achevés dans les temps.

La commémoration de la Journée mondiale de l’eau, le 22 mars, a été l’occasion pour le département de tutelle, de faire le point sur les mesures programmées en 2021 afin de renforcer l’approvisionnement des zones rurales en eau potable. Lors d’un atelier tenu par le ministère chargé de l’Eau, l’accent a été mis sur l’impact de la construction des grands barrages sur l’état d’avancement du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation qui devrait prendre fin en 2027. «Le défi climatique figure parmi les contraintes majeures pour la gestion de l’eau», a indiqué le ministre de l’Équipement, Abdelkader Amara, lors de cet atelier, avant d’énumérer les principales actions prévues de sorte à assurer la sécurité de l’approvisionnement à l’ensemble du territoire national. En tête de liste des projets prioritaires pour cette année, figure le lancement des travaux de construction de cinq grands barrages, assortis d’une dotation de 4,8 MMDH. Le renforcement des infrastructures devra aussi se poursuivre au niveau des barrages de petite ou moyenne taille. Les données de la tutelle indiquent que le Maroc compte actuellement 149 grands barrages, doués d’une capacité de 19 milliards de m3, au moment où 133 petits barrages sont en cours d’exploitation. Concernant le volet de la gouvernance, le bilan du gouvernement montre que les projets contenus dans le Plan national de l’eau (2020-2050) et le Plan national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation avancent conformément au calendrier initial, «et constituent les deux principales étapes de la feuille de route du pays en matière de gestion des ressources en eau», selon Amara.


Les principales conclusions
Le programme national (2020-2027) reste un levier crucial pour la généralisation du raccordement, mais aussi pour assurer les sources d’approvisionnement en eau d’irrigation des surfaces agricoles. L’enveloppe budgétaire allouée au programme national, qui s’élève à plus de 115 MMDH, devra essentiellement servir à diversifier les sources d’alimentation en eau dans les milieux urbain et rural. «Il s’agit d’adopter un modèle de gouvernance efficient en vue d’assurer le suivi et l’évaluation de diverses composantes de ce projet», indiquent les données du Comité de pilotage de la politique de l’eau. En tête de liste des actions projetées figurent «l’établissement d’atlas des zones inondables et le renforcement des systèmes de suivi et d’alerte, ainsi que la réalisation des travaux de protection contre les inondations», souligne le plan d’action projeté. Au programme, également, plusieurs mesures destinées aux bassins ayant un déficit chronique en eau, dans l’objectif de poursuivre les programmes prioritaires, ainsi que les mesures relatives aux systèmes de détection et d’alerte de risques d’inondation mis en place. En ligne de mire, le financement durable pour les projets qui concernent 7.876 douars, ainsi que 659 centres ruraux, pour un coût dépassant les 15 MMDH, qui devra être assuré dès 2021 afin de généraliser le raccordement au réseau de l’ensemble des communes rurales ciblées. 

Le niveau de vigilance toujours élevé

Pour cette année, les agences des bassins hydrauliques ont été appelées par le gouvernement à assurer la mise en œuvre optimale du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation. La rationalisation de la consommation ainsi que les campagnes de sensibilisation restent aussi prioritaires durant cette étape, notamment pour permettre au plan national d’entamer les projets liés à la préservation des ressources en eau et d’améliorer le processus d’assainissement des eaux usées. Pour ce segment, les données montrent que les stations de traitement des eaux usées se sont multipliées durant les cinq dernières années, avec 140 stations qui assurent le traitement de près de 45% des eaux usées, sachant que l’objectif visé est de 60% en 2022. «Il s’agit d’optimiser les efforts des différents intervenants dans les secteurs de l’assainissement liquide et de la réutilisation des eaux usées traitées», selon le Programme national d’assainissement mutualisé et de réutilisation des eaux usées traitées (PNAM). L’investissement nécessaire a été estimé à 43 MMDH, couvrant 366 villes et municipalités, 72 centres à caractère urbain et plus de 1.150 centres chefs-lieux de commune.

Younes Bennajah / Les Inspirations Éco

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