Politique

Logistique : la gouvernance au centre du PLF 2022

C’est sur la base du  diagnostic du rapport sur le Nouveau modèle de développement que le gouvernement a finalisé un plan d’action visant à améliorer le cadre légal et renforcer la convergence des actions tracées par les principaux intervenants  dans la chaîne  logistique.

Le secteur logistique est un sujet important pour le gouvernement, qui a finalisé une feuille de route pour mettre en place une série de leviers stratégiques pour la croissance du secteur. Selon les données fournies aux députés, lors de l’examen du PLF 2022 par la Commission des finances à la Première chambre, le cadre de référence du plan d’action qui a été tracé «a été fait sur la base des conclusions du rapport relatif au Nouveau modèle de développement, qui a mis en avant la nécessité de faciliter l’émergence d’un secteur logistique moderne et compétitif», indique le plan d’action présenté aux parlementaires. C’est la question de la gouvernance du secteur qui a été hissée en tête de liste des priorités, à «travers la mise en place d’un pôle public intégré pour administrer l’ensemble des activités logistiques ainsi que le renforcement du rôle de l’agence marocaine en tant que coordonnateur des actions dans ce domaine».

À côté de ce projet, l’État compte aussi, durant l’année 2022, procéder au lancement des couloirs logistiques nationaux et intégrés, selon les engagements pris par l’Exécutif. «Il s’agit de tracer une feuille de route claire sur la base des normes internationales, spécialement à Tanger Med et Casablanca, et en arrivant aux centres de production et de consommation au niveau territorial», indique le cadre fixé par le gouvernement. Ces nouvelles zones logistiques devront «encourager le déplacement des activités logistiques actuelles à l’extérieur des villes en adoptant des solutions alternatives à moindre coût pour la location des espaces et des services», souligne l’argumentaire du gouvernement concernant le projet de création de nouveaux couloirs logistiques.

Le 3e pilier jugé stratégique porte sur «l’encouragement de l’entrée de nouveaux acteurs logistiques et le soutien d’une nouvelle génération de services, parallèlement à l’incitation des opérateurs à se regrouper dans des coopératives ou des groupements d’intérêt économique». Un important effort sera également demandé en matière de digitalisation du secteur, essentiellement à travers la mise en place de plateformes qui donnent des informations détaillées sur les prix et l’identification des produits. À noter que le transport ferroviaire est aussi considéré comme un élément crucial dans la stratégie de développement du secteur, notamment au sein de plusieurs zones qui nécessitent le renforcement des liaisons ferroviaires. À souligner que l’amélioration de la compétitivité du secteur passe nécessairement par «la mise en place d’un plan de formation national dans les métiers de la logistique». Un référentiel des emplois, métiers et compétences a été déjà finalisé par l’Agence marocaine du développement de la logistique, après le recensement de 21 activités liées au secteur, de même qu’un guide de recrutement et à la formation continue devra être finalisé. Il faut dire que le gouvernement et l’agence auront à élaborer un nouveau plan de formation à la fin du programme 2017-2020, de même qu’ils devront établir un ensemble d’outils de gestion de la formation, qui couvre les deux prochaines années, et qui a comme objectif de développer un référentiel national de normes et standards dans la formation des métiers liés au secteur logistique marocain.

Une évaluation à l’échelle régionale
En vue de délimiter les entraves qui empêchent le secteur de la logistique de renforcer ses infrastructures de liaison, le gouvernement «devra réaliser une évaluation territoriale de l’écosystème dans l’optique d’aboutir à une intégration sectorielle». Il s’agit principalement de faire le bilan d’étape de plusieurs filières du transport logistique, dans l’objectif de faire du Maroc un trait d’union entre le continent africain et l’Europe», précise la feuille de route finalisée par l’Exécutif. En ligne de mire, le lancement de nouveaux projets jugés structurants pour renforcer le positionnement du Maroc et sa vocation comme base logistique pionnière aux niveaux méditerranéen et africain. Le plan d’action validé opte pour la mise en œuvre de plusieurs programmes et projets visant à rehausser le niveau des pratiques logistiques et à instaurer un cadre propice à une dynamique logistique cohérente», selon les résolutions prises. En perspective, la finalisation des préparatifs pour le lancement de la réalisation de zones logistiques «offrant un immobilier de nouvelle génération répondant aux besoins des acteurs et contribuant au développement local». Le rôle des collectivités territoriales est central dans la réussite des prospections qui seront menées pour l’immobilier logistique. Il faut dire que la variable régionale est nettement présente dans le nouveau plan d’action, avec comme principal objectif la mise en place d’un réseau national de zones logistiques devant couvrir une superficie de près de 3.300 ha en 2030, réalisé progressivement dans le cadre de schémas régionaux mobilisant du foncier en majorité public et «conçus en concertation avec les acteurs locaux sur la base des besoins actuels et prévisionnels de ces territoires. Enfin, la conclusion de contrats d’application pour le développement des plateformes logistiques au niveau régional est également projetée, sans oublier que la commission de normalisation, qui a été créée, a pu jusqu’à présent adopter une vingtaine de normes marocaines en logistique.

Une nouvelle vague de planification logistique

En vue d’adapter la planification logistique aux besoins des régions, la généralisation des plans d’orientation au niveau des 12 régions est à l’ordre du jour. Ainsi et après la validation de 6 plans d’orientation pour les régions de Casablanca- Settat, Rabat-Salé-Kénitra, Tanger-Tétouan-Al Hoceima, la région de l’Oriental, Laâyoune et Dakhla-Oued Eddahab, ce sont actuellement les études architecturales et techniques relatives à l’aménagement de la 1ère tranche des projets logistiques régionaux qui focalisent l’attention. En plus de l’épineuse question de l’apurement du foncier, estimé à 1.089 ha, l’État et les régions devront également se pencher, de manière conjointe, sur les projets prioritaires. Dans ce registre, le gouvernement s’est engagé à adopter les premières tranches pour 7 projets de zones logistiques en vue d’un déploiement effectif de ces zones sur une surface de 163 ha. Pour leur part, les appels d’offres relatifs aux travaux d’aménagement ont été lancés, de même que les procédures administratives achevées. C’est le cas essentiellement de la zone logistique du sud de la ville d’Ait-Melloul qui s’étend sur 45 ha et qui englobera une nouvelle gamme de services logistiques. Pour d’autres projets importants, comme celui de la zone de Rass Elma, le bilan indique que les études techniques relatives au projet n’ont pas été encore terminées, après le feu vert de la commission unifiée d’investissement. Enfin, et depuis le lancement du programme de mise à niveau des PME du secteur, ce sont 226 entreprises qui ont pu accéder au financement, en attendant que les résultats de l’étude d’impact du processus de financement sur les entreprises bénéficiaires au cours des 3 dernières années soit achevée.

Younes Bennajah / Les Inspirations ÉCO

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