Politique

Disparités spatiales : les communes les plus déficitaires priorisées

Le programme de réduction des disparités spatiales et territoriales entame son avant-dernière année, avec un bilan qui montre une accélération de la cadence des projets programmés en 2022. 

Les politiques publiques destinées au désenclavement des habitants des zones rurales et difficiles d’accès devront entamer un nouveau cap durant la dernière ligne droite du programme de réduction des inégalités entre les régions et les communes du pays.


Selon les dernières données communiquées aux parlementaires, le nombre de communes qui ont connu un déficit grave s’élève à 280 entités, de même que les retombées de la baisse des activités sur les régions continuent de peser lourdement sur les projets destinés à atténuer les disparités spatiales et territoriales.

Plusieurs engagements gouvernementaux ont été pris sous la coupole en vue de parachever les programmes prioritaires de réduction des disparités spatiales, avec la mise en garde des élus contre tout relâchement dans la cadence des réalisations. Les prévisions tournent autour de la réalisation complète de 22.000 km de routes nouvelles qui seront ouvertes, avec la nécessité d’assurer le maintien du réseau routier qui incombe aux collectivités territoriales. Selon le dernier état des lieux établi, ce sont 44% des réalisations, soit 6.800 km, qui n’ont pas de programmes d’entretien.

De même que la carte des travaux routiers devra aussi évoluer en fonction des sources de financement disponibles. En dépit de la conjoncture difficile traversée par les finances publiques et régionales, ce sont plus de 15.000 km qui devront être construites pour achever la 2e tranche du programme national. Il faut dire que 750 MDH d’arriérés relatifs aux parts des collectivités territoriales bloquent également plusieurs projets. Des appels d’offres sont en cours de lancement en vue de remédier à cette situation qui hante actuellement l’esprit de l’ensemble des intervenants. Pour rappel, le taux d’accès actuel se situe à 79,3% et devra être amélioré à 80%, lors de la fin des travaux en 2023. Un plan d’action au niveau régional sera également préparé en vue de déterminer les opérations qui seront lancées dans le cadre de partenariats, en tenant compte des attentes des populations rurales, souligne la feuille de route du plan pour cette année, telle qu’elle a été arrêtée par la loi de Finances.

La balle est dans le camp des collectivités territoriales
Durant cette étape de mise en œuvre du programme de réduction des inégalités, il s’agit de mieux impliquer les collectivités territoriales dans les projets de désenclavement routier. Plusieurs pistes ont été identifiées pour améliorer les interventions futures des régions et des communes dans ce vaste chantier de désenclavement des zones difficiles d’accès. Le choix de l’orientation spatiale dans le développement rural et la convergence des actions au double niveau national et local seront renforcés, avec plusieurs axes qui ont été traités, et concernent la planification stratégique qui incombe au gouvernement et aux conseils élus, le pilotage et le suivi des projets, la gestion des ressources budgétaires et enfin l’exécution des projets au niveau des ministères. Plusieurs entraves se dressent cependant devant les collectivités territoriales; de même que la question du désenclavement reste du ressort de plusieurs départements. À souligner qu’en plus de l’ouverture des routes et l’accès des populations rurales au foncier agricole, d’autres projets prioritaires seront lancés et concernent essentiellement la généralisation de l’accès des populations ciblées aux services de base, l’électricité, l’eau potable, la santé et l’éducation.

Les mécanismes de financement à l’ordre du jour

Les dotations budgétaires allouées au programme seront renforcées, en vertu des orientations prises par la loi de Finances 2022. L’apport des contrats PPP sera, quant à lui, attendu, que ce soit en termes de réduction des charges ou de volet lié à l’amélioration de la qualité des ouvrages réalisés. Outre l’apport en chiffres des indicateurs relatifs aux projets achevés et ceux en cours, la base des données du programme de réduction des disparités spatiales devra mieux coordonner l’ensemble des intervenants de «manière à atteindre les objectifs définis, tout en accélérant la cadence de réalisation des projets, notamment ceux liés aux secteurs-clés comme les routes et les projets liés à l’éducation dans les zones enclavées». Pour l’éducation, et sur près de 1.600 projets relevant du programme, 800 ont été achevés et 400 sont en cours de réalisation, alors que près de 400 autres projets devraient être terminés dans les délais fixés.

Younes Bennajah / Les Inspirations ÉCO


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