Politique

Centres ruraux émergents : la stratégie nationale finalisée

Une feuille de route pour la mise en œuvre des centres émergents a été élaborée en vue de répondre aux exigences de la conjoncture actuelle. Dans un premier temps, 15% de la population sera ciblée à travers 325 centres émergents. L’objectif final est de couvrir 60% de la population rurale.

Le Programme national pour le développement intégré des centres ruraux émergents se dote enfin d’une stratégie. Cette dernière permettra de donner corps aux conclusions du comité de pilotage mis en place au sein de l’Exécutif. Annonce a en été faite par la ministre de l’Aménagement du territoire national, Nouzha Bouchareb, aux conseillers à l’occasion de son interpellation sur le bilan d’étape du programme, ce dernier devant boucler sa première phase en 2021. «La stratégie est prête», a indiqué Bouchareb, avant d’ajouter que «l’objectif des centres émergents est d’atténuer l’exode rural. La crise a obligé de nombreux actifs qui ont perdu leur travail à retourner dans les zones enclavées», montrant ainsi l’importance de ces centres pour la réintégration des couches sociales qui ont été heurtées de plein fouet par la crise. La stratégie prévoit de classer les centres émergents en deux catégories. 5,7 millions de personnes sont ainsi administrées par 325 centres, soit 15% de la population nationale, tandis que la seconde catégorie de centres englobe 214 zones, et devra cibler plus de 2,4 millions de personnes. «Une feuille de route pour la mise en œuvre des centres émergents a été finalisée afin de répondre aux exigences de la conjoncture actuelle», a noté Bouchareb. Le projet de stratégie a été réalisé sur la base du diagnostic territorial destiné à l’identification des centres ruraux, avec des propositions de localisation des centres émergents qui seront formulées.


Une carte nationale en gestation
L’État compte fédérer l’ensemble des intervenants, d’où l’intérêt majeur de la gouvernance. Dans un premier temps, une carte nationale englobant les mesures préliminaires sera établie, avec l’exigence de couvrir tous les centres créés en documents d’urbanisme. Les centres seront également indispensables à l’amélioration de l’accès à l’habitat dans le monde rural, de même que l’exigence du développement durable est le principal centre d’intérêt du projet de la stratégie. Il s’agit en effet de se focaliser sur l’intégration du développement durable dans les politiques publiques sectorielles ciblant les centres émergents, qui englobe les ressources naturelles, les écosystèmes et le patrimoine historique et culturel, et de le placer au coeur des mesures figurant dans les schémas d’aménagement projetés. Le lancement d’un système d’information géographique comprenant toutes les données inventoriées est également en cours de finalisation. Outre les sept villes qui figurent en tête de liste des agglomérations concernées de près par la nouvelle stratégie de renouvellement urbain, quinze autres enregistrent la même tendance de la croissance urbaine, recensant environ 300.000 habitants, à savoir Oujda, Kénitra, Tétouan, Témara, Safi, El Jadida et Béni Mellal. La classification des centres ruraux opérée a, quant à elle, révélé la nécessité de mener des actions conjointes avec les instances élues, chargées de la mise en œuvre des mesures contenues dans le projet de stratégie.

Les modalités du rééquilibrage

L’affectation des crédits qui seront alloués à la mise en place des centres ruraux émergents se fait sur la base de plusieurs critères, essentiellement le nombre de chômeurs, le nombre d’habitants ruraux de la région, ainsi que le produit intérieur brut par habitant. La création de centres ruraux compétitifs est une des actions prioritaires de la stratégie du gouvernement. Cependant, si des régions ont atteint un haut niveau de compétitivité, d’autres ont besoin d’un accompagnement. Les divergences constatées dans les scores des douze régions sur le volet de l’Indice d’accès aux droits fondamentaux (IADF) ont poussé l’Exécutif à opter pour une approche plus cohérente qui optimise les efforts d’investissements de l’État, de sorte que ces derniers participent à la réduction des inégalités entre les territoires. Il s’agira alors de modifier, quand il le faut, le modèle économique prévalant pour le développement régional. Par ailleurs, 76% des crédits mobilisés pour le Programme de réduction des disparités territoriales et sociales (PRDTS) sont liés aux projets de désenclavement.

Younes Bennajah / Les Inspirations Éco

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