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Inflation : les Bourses dévissent, une récession en Europe de plus en plus réelle

Le scénario noir d’une récession plombe le moral des Bourses européennes. Le 5 juillet, elles ont perdu près de 3% en réaction à une série d’indicateurs négatifs.

Au mois de juin, les entreprises ont eu du mal à remplir leurs carnets de commandes d’après les données publiées le 5 juillet. C’est l’indice le plus significatif annonçant une récession. Pour les investisseurs, la contraction des économies européennes avant la fin de l’année paraît aujourd’hui inévitable. L’euro en a fait les frais. La monnaie unique est tombée hier à son plus bas niveau face au dollar.

Du jamais vu depuis 20 ans. À ce rythme, elle sera bientôt à parité avec le billet vert. Cet accès de faiblesse a été déclenché par les nouvelles menaces sur l’approvisionnement en gaz. À cause de la grève à Equinor, le géant norvégien du pétrole et du gaz, les exportations du principal fournisseur des Vingt-sept auraient pu s’arrêter dans les prochains jours. Finalement, l’alerte a été en partie levée tard hier soir.

Oslo a imposé de fait l’arrêt de la mobilisation. La pression sur le gaz devrait retomber aujourd’hui, mais cet événement rappelle aux Européens à quel point leur situation énergétique est devenue précaire. La Russie, le premier fournisseur de gaz en temps de paix, pourrait intégralement fermer les robinets des gazoducs dans les prochains jours.

Cette crise énergétique pousse-t-elle l’Europe vers la récession ?
Le déficit de l’offre en gaz et la hausse stratosphérique des cours est effectivement le principal frein à l’activité. En Europe, les marchés de l’électricité sont corrélés à ceux du gaz. C’est pourquoi le prix de l’électricité lui aussi culmine à des sommets. Hier, il est reparti à la hausse avec les craintes sur la Norvège. La facture énergétique grimpe et cela va progressivement gripper la machine. En 1973, on parlait d’un choc pétrolier.

On est aujourd’hui au bord du choc gazier. Une conséquence directe de la guerre menée par la Russie en Ukraine. Il faudra plusieurs mois, voire plus d’une année, pour résorber cette crise énergétique. L’Agence internationale à l’énergie anticipe d’ailleurs une légère baisse de la demande en gaz cette année du fait de la récession qui pointe son nez. En revanche, du côté du pétrole, les acheteurs anticipent déjà la crise économique. Le baril de Brent coté à Londres a perdu hier près de 10%.

L’inflation se renforce de jour en jour en Europe
Elle a continué à grimper en juin, pour atteindre 8,6% en zone euro. Bien plus que ce qui était attendu. La hausse généralisée des prix alimente bien sûr le ralentissement de l’activité. Quand tout devient plus cher, cela décourage la consommation, à moins que les salaires n’augmentent aussi. Cette revendication émerge un peu partout en Europe. Dans le secteur très privilégié des hydrocarbures en Norvège comme parmi les cheminots français. La circulation des trains sera très perturbée aujourd’hui avec l’appel à la grève à la SNCF pour les augmentations des salaires.

Cette revendication est légitime, mais la hausse des salaires a un revers : elle nourrit l’inflation. Face à cette spirale hausse des prix-hausse des salaires, la Banque centrale européenne a promis d’agir en relevant ses taux d’intérêt. Elle passera à l’action dans 15 jours, lors de sa prochaine réunion. En sachant que ce remède lui aussi est récessif. Quand emprunter devient plus cher, cela décourage l’activité et la consommation.

La récession, c’est aussi le prix à payer pour sortir de l’inflation avant qu’elle ne s’installe durablement comme dans les années 1970. Ce mercredi matin, les bourses européennes devraient rebondir, sous l’influence de Wall Street où le Nasdaq, la bourse des valeurs technologiques, a regagné 1,75%.

Sami Nemli avec agences / Les Inspirations ÉCO

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