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Fake news : l’UE muscle son arsenal de guerre

Les plateformes numériques s’engagent à muscler leur lutte contre la désinformation. Dans un nouveau code européen de bonnes pratiques, présenté jeudi, ces opérateurs ont promis de priver de publicité les sites diffusant des infox, de mieux coopérer avec les fact-checkers et d’assurer plus de transparence.

Cette version révisée du code lancé en 2018 a été dévoilée jeudi, lors d’une conférence de presse de la vice-présidente de la Commission chargée de la Transparence, Vera Jourova et du commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton. Une trentaine de plateformes se sont ainsi engagées, à l’image de Meta, Google, Twitter, Microsoft, TikTok ainsi que des professionnels de la publicité qui participaient déjà au précédent code. Ces derniers ont été rejoints par des fact-checkers et des ONG comme Reporters sans frontières (RSF) et Avaaz, selon une source européenne citée par l’AFP.


Les signataires ont eux-mêmes participé à la rédaction du texte, qui contient une quarantaine d’engagements -soit le double du précédent code- et des indicateurs permettant d’en mesurer le respect. Le code précédent ne reposait que sur l’autorégulation, pour des résultats jugés insuffisants par la Commission.

Aujourd’hui, l’un des engagements principaux consiste à assécher les revenus de la désinformation. Ainsi, le nouveau code permet de répondre aux obligations fixées par le règlement sur les services numériques (Digital services act, DSA). Il prévoit des amendes pouvant aller jusqu’à 6% de leur chiffre d’affaires mondial.

Dans ce code, les plateformes qui font du placement publicitaire, comme Google, s’engagent à éviter de diffuser ces annonces près de contenus conspirationnistes et à vérifier les sites sur lesquels elles s’affichent. Elles s’engagent aussi à s’attaquer aux publicités contenant des infox et à être plus transparentes sur les publicités politiques, en les identifiant clairement comme telles, et en permettant à l’utilisateur de savoir pourquoi il en est destinataire.

Les signataires promettent de mieux lutter contre les faux comptes, l’amplification de la désinformation par des «bots» -programmes informatiques qui envoient automatiquement des messages-, les usurpations d’identité et les «deepfakes» malveillants.

Pour rappel, le «deepfake» ou «hypertrucage» est une technologie d’intelligence artificielle consistant à remplacer un visage par un autre. Une task force sera chargée d’évaluer les engagements pris.

Sami Nemli avec agences / Les Inspirations ÉCO


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