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Covid-19 : débordée par Omicron, la Chine confine Shanghai

La métropole chinoise, où se trouve le premier port de transport de marchandises par voie maritime au monde, est devenue ces derniers jours l’épicentre d’une nouvelle vague de contaminations au Covid-19, dans sa version Omicron, qui accélère dans toute la Chine depuis début mars. Pour éviter que ce rouage essentiel du commerce international ne se grippe, les autorités sanitaires ont privilégié un confinement par secteurs. Explications.

La Commission nationale de la santé a fait état dimanche de plus de 4.500 nouvelles contaminations, un chiffre inférieur de plus de 1.000 à ceux enregistrés au cours des jours précédents, mais bien supérieur à ceux des deux dernières années. Face à cette mise en échec de la stratégie «Zéro covid» qui, jusque-là, semblait satisfaire pleinement les autorités chinoises, celles-ci ont décidé, après avoir longuement hésité, de prendre des mesures de confinement pour la ville la plus peuplée de Chine – Shanghai compte 14,4 millions d’habitants, devançant Pékin (12,7) et Canton (11,8).


Les intérêts économiques vitaux du pays et du monde sont en jeu

Des millions d’habitants des régions touchées dans l’ensemble du pays ont déjà été soumis à des confinements décrétés dans de grandes villes comme, par exemple, Shenzhen le 14 mars dernier, ou Shenyang, dans le nord-est, le 22 mars dernier.

Dans cette cité industrielle de 9 millions d’habitants où sont implantées de nombreuses usines dont celle du constructeur allemand BMW, les autorités sanitaires ont décrété un confinement total afin de lancer un nouveau dépistage général de la population et de contrôler l’expansion de l’épidémie dans cette région du Liaoning qui jouxte celle du Jilin (actuellement la plus touchée par cette nouvelle vague de Covid).

Mais Shanghai, avec ses 14,4 millions d’habitants (26,8 millions pour l’agglomération), va éviter la sanction d’un confinement général. Eu égard aux intérêts économiques vitaux du pays mais aussi mondiaux, les responsables ont jugé indispensable de préserver au maximum l’activité portuaire mais aussi celle du pôle financier de la ville.

«Si Shanghai, notre ville, s’arrêtait complètement, de nombreux cargos internationaux se retrouveraient [à attendre] en mer de Chine orientale », avait ainsi déclaré samedi Wu Fan, expert médical au sein du groupe de travail sur la pandémie de la ville, lors d’une conférence de presse dans la mégapole portuaire; avant d’ajouter : «Cela aurait un impact sur l’ensemble de l’économie nationale et sur l’économie mondiale».

Pour mémoire, le trafic annuel du terminal conteneurs de Yangshan, qui sert d’avant-port à Shanghai, premier port de commerce du monde pour le trafic conteneurs comme pour le tonnage, a atteint 43,3 millions d’EVP (ou «équivalent vingt-pieds», soit 6 m de long, une des dimensions de conteneurs choisie comme référence).

Un confinement total, mais par secteurs, et en deux temps

Ceci étant, la ville n’échappera pas à ce confinement total que les autorités avaient jusqu’au dernier moment cherché à éviter, après avoir essayé de minimiser les perturbations sur l’activité économique par une approche plus ciblée, marquée par des confinements de 48 heures de certains quartiers.

Avec la poussée des cas, les autorités ont donc expliqué dimanche avoir décidé un confinement par secteurs, en deux temps. La partie Est de la ville, l’immense district de Pudong, sera confinée en premier : elle comprend l’aéroport international, le quartier financier de Shanghai, et toutes les principales zones portuaires. La partie Ouest, Puxi, sera confinée à compter du 1er avril : c’est là que se trouve notamment la célèbre artère historique du Bund, en bordure du fleuve Huangpu qui traverse la ville.

Les habitants sont invités à rester chez eux et tous les employés, aussi bien dans le secteur public que privé, qui ne sont pas impliqués dans des services de première nécessité sont priés de faire de même. Les exceptions concernent les personnels hospitaliers, ceux en charge des transports, de la fourniture d’électricité, de gaz ou de produits alimentaires.

Les bus, les taxis et le métro cesseront leurs activités, mais faut-il noter, aucune mention précise n’est faite des activités portuaires,  de l’impact sur les trains ou les avions desservant Shanghai.

Avec Agence / Les Inspirations ÉCO


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