Monde

Céréales : l’UE rétablit des droits de douane sur l’avoine importée d’Ukraine

L’UE a annoncé mardi rétablir ses droits de douane sur les importations d’avoine ukrainien, qui ont dépassé le plafond prévu pour l’exemption de tarifs. Des organisations agricoles réclament aussi le retour de tarifs douaniers pour le sucre et les œufs d’Ukraine.

L’UE avait reconduit pour un an, à partir du 6 juin, l’exemption de droits de douane sur les importations agricoles venant d’Ukraine, adoptée en 2022 pour soutenir Kiev face à l’invasion russe. Mais face à la colère des agriculteurs européens, qui accusent l’afflux de produits ukrainiens de plomber les prix locaux et de relever d’une concurrence «déloyale», Bruxelles dispose d’un «frein d’urgence». Les importations dédouanées de volailles, œufs, sucre, maïs, miel, avoine et gruaux (grains dégermés) sont désormais plafonnées aux volumes moyens importés entre mi-2021 et fin 2023, niveaux au-dessus desquels des tarifs sont réimposés automatiquement, sous 14 jours –le blé tendre et l’orge ne sont pas concernés. La Commission européenne a annoncé mardi l’activation, pour la première fois, de ce «frein d’urgence» pour soumettre, jusqu’au 5 juin 2025, les nouvelles importations d’avoine ukrainien aux conditions de l’accord commercial en vigueur depuis 2016.

Pour l’avoine, la moyenne annuelle importée entre mi-2021 et fin 2023 était d’environ 2.440 tonnes, et «une fois ce volume atteint, la Commission a réintroduit le contingent tarifaire correspondant», précise un communiqué. Au total, l’Ukraine a exporté quelque 7.000 tonnes d’avoine dans le monde en 2022, puis 11.173 tonnes de juillet 2023 à mai 2024 – à destination, outre l’UE, de l’Inde, de l’Irak, de la Libye, du Maroc, de la Turquie ou encore du Vietnam, souligne Bruxelles.

Selon des organisations agricoles, d’autres importations de produits ukrainiens ont déjà atteint le plafond au-dessus duquel des droits de douane devraient normalement être réactivés par l’UE: le sucre, mais également les oeufs – selon l’interprofession française de l’oeuf (CNPO).

«On est arrivé au quota d’importation (…) à la fin de la semaine dernière. Normalement, devraient se mettre en place sous une quinzaine de jours la clause de sauvegarde du marché intra-européen et la taxation des produits à l’entrée», a expliqué mardi Loïc Coulombel, vice-président du CNPO.

L’organisation ne se dit cependant «pas sûre» que le rétablissement de tarifs douaniers soient suffisant pour limiter les importations en provenance d’Ukraine, compte tenu du différentiel de coûts de production entre l’Ukraine et l’UE, selon le CNPO.

Sami Nemli avec agences / Les Inspirations ÉCO


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