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Programme de rachat d’actions : trois émetteurs actifs à fin décembre

Trois des quatre sociétés cotées disposant d’un programme de rachat de leurs propres actions ont pu déclencher celui-ci en décembre 2020. Il s’agit de BCP, Maroc Telecom et Stokvis Nord Afrique. Addoha n’a, quant à elle, effectué aucun mouvement.

L’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) a fait état des transactions effectuées, au titre du mois de décembre 2020, par les sociétés cotées ayant mis en place un programme de rachat de leurs propres actions. Quatre programmes de rachat étaient recensés au terme du mois de décembre. À commencer par Maroc Telecom, qui a acquis 98.124 actions sur le marché casablancais, dont 54.320 dans le cadre du contrat de liquidité, au cours de 144,51 DH. En parallèle, l’opérateur téléphonique a cédé 97.124 actions, dont 55.820 dans le cadre du contrat de liquidité, au cours de 144,89 DH. Sur le marché français, Maroc Telecom a acheté 27.556 actions au cours de 13,35 euros et en a cédées 26.061 au cours de 13,31 euros. Au final, l’opérateur détenait 56.187 actions (contre 53.692 en début du mois), soit l’équivalent de 0,006% de son capital. Il faut dire que Maroc Telecom n’en est pas à son coup d’essai. En effet, Maroc Telecom en est à sa 13e année consécutive de programme de rachat d’actions en vue de réguler son cours. Le dernier en date s’étendait du 13 mai 2020 au 12 novembre 2021. Il vise un nombre d’actions à détenir de 1,5 million, soit 0,17% du capital. Le prix maximum d’achat est fixé à 198 DH, et le prix minimum de vente à 92 DH.


Parallèlement, Maroc Telecom adosse son programme de rachat mis en place sur la Bourse de Casablanca, à un contrat de liquidité sur la Bourse de Paris. Il porte sur un maximum de 300.000 actions, soit 20% du nombre total d’actions visées par le programme de rachat. Cette pratique n’est pas exclusive à l’opérateur téléphonique, mais certaines entreprises sont habituées à déclencher cet instrument pratiquement tous les 18 mois. Il s’agit notamment d’Addoha, de Stokvis Nord Afrique ou de encore la Banque Centrale Populaire (BCP). La banque, dont le programme arrive à échéance ce mois-ci, s’est portée acquéreuse d’un maximum de 5% de son propre capital, soit l’équivalent de 9,11 millions d’actions. Le montant maximal de l’opération devrait avoisiner les 3,2 MMDH puisque la fourchette des prix va d’un minimum de vente de 189 DH à un maximum d’achat de 351 DH. Le programme avait démarré en juillet 2019. Un contrat de liquidité est adossé au programme de rachat et porte sur 1% du capital. À fin décembre, la banque a fini par acheter 137.197 actions au cours moyen de 250,94 DH. La banque en a cédées 102.338 au cours de 251,83 DH. Fin décembre, la banque détenait 69.336 actions, équivalant à 0,03% de son capital. La société Stokvis Nord Afrique, quant à elle, a renouvelé son programme en 19 mars dernier, et il devrait s’étaler jusqu’au 17 septembre 2021. Ce dernier porter sur un nombre maximum de 459.758 actions (soit 5% du capital), pour un prix maximum d’achat de 35 DH et un prix minimum de vente de 20 DH par action contre un prix minimum de vente arrêté à 10 DH. Stokvis Afrique Nord détenait ainsi, à fin décembre, 376.078 actions (4,09% du capital) après avoir racheté 1.230 actions à un cours moyen pondéré de 10,97 DH. Addoha, qui avait également renouvelé son programme de rachat en 2020 (du 17 août dernier au 10 mars 2022), n’a en revanche pas souhaité le déclencher en décembre. Son programme table sur un peu plus de 4,02 millions d’actions (soit 1% du capital) avec une fourchette de prix comprise entre un maximum de 12 DH à l’achat et un minimum de 6 DH à la vente. Par ailleurs, le promoteur immobilier détient actuellement pas moins de 2,72 millions d’actions, soit 0,68% du capital. Pour rappel, le programme de rachat de titres est une opération permettant aux sociétés cotées de réduire et corriger les variations excessives du cours de leurs actions. Cela se fait par le rachat d’une entreprise cotée de ses propres actions, dans le but de réduire son capital par annulation ou de régulariser le marché, sans que cela entrave le bon fonctionnement de ce dernier. L’objectif principalement recherché par cette pratique s’inscrit en général dans une logique de gestion financière du capital qui vise l’amélioration de la rentabilité du capital. La faculté de rachat aux fins de gestion financière du capital ouvre ainsi aux sociétés cotées des perspectives nouvelles sur le plan économique, notamment à travers la résorption de leur excédent de trésorerie en procédant à un rachat en vue de la réduction du capital. En règle générale, le rachat d’actions est bien vu par le marché puisqu’il permet de valoriser le cours boursier de la société surtout pendant les périodes de baisse des taux d’intérêt et de marché favorable. Cela permet de contrecarrer une volatilité excessive du marché ou une carence de liquidité momentanée empêchant la formation normale des cours de Bourse. L’entreprise peut ainsi investir dans ses propres titres, utiliser les liquidités disponibles et augmenter le cours de leurs titres. Après un rachat, le nombre de titres en circulation sur le marché baisse et le bénéfice net par action (BPA) augmente mécaniquement. Cet indicateur est pris en compte par les investisseurs et les analystes dans leur évaluation des performances financières de la société.

Aïda Lo / Les Inspirations Éco

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