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Orange engage les hostilités sur le terrain de la fibre optique

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­­­­­­­Bruno Mettling, DGA Orange en charge de la Zone MEA

Jusqu’ici plutôt centrée sur le dégroupage ADSL, la bataille sur le partage d’infrastructures entre opérateurs télécoms prend une nouvelle tournure. Orange Maroc entend principalement insister sur la mise en place d’un cadre réglementaire équilibré autour du Très haut débit. L’opérateur appelle à la mise en place d’un cadre réglementaire, stable, ouvert et transparent permettant l’accès aux infrastructures de l’opérateur historique.

Les Inspirations ÉCO : Six mois après le rebranding de Méditel, quel bilan en tirez-vous ?
Bruno Mettling : Le rebranding constitue toujours une opération importante où l’on se substitue à une marque qui a une histoire, un nom, une notoriété. La nouvelle marque doit être bien perçue par les usagers et doit être porteuse de changements concrets. Nous venons de tirer le bilan de ce rebranding et il est très positif pour Orange. Nous avons retrouvé des niveaux de notoriété supérieurs à ceux d’avant le rebranding. C’est-à-dire que la transition se fait plus rapidement que ce que l’on voit d’habitude dans des opérations de ce type. La marque Orange Maroc a été tellement attendue dans le pays qu’un phénomène de continuité entre les deux marques s’est opéré, un phénomène qui est à nos yeux très important. Nous avons parallèlement développé beaucoup de nouvelles offres pour favoriser la compétition et le développement de la marque. Des offres sur le marché domestique marocain en abondance et des offres aussi pour la communauté des Marocains résidents à l’étranger, notamment des offres corridor compétitives pour les appels depuis et vers des numéros Orange de l’Europe vers le Maroc. Nous avons également développé des offres compétitives en roaming.


Concernant la concurrence sur le fixe, la bataille sur l’ADSL a-t-elle laissé place à celle sur le très haut débit ?
Le Maroc est le pays qui a le cadre réglementaire le plus moderne et le plus stable de l’ensemble de la région. Notre objectif en tant qu’Orange n’est pas de contester le cadre et les règles du jeu. L’on peut dire que nous agissons comme un joueur de football qui demande à l’arbitre d’intervenir. L’arbitre est là, il fait remarquablement bien son travail et nous appliquons ses règles. Ce que nous demandons, c’est que tous les joueurs appliquent les décisions de l’arbitre. Il faut dire que nous avons toujours eu devant nous un interlocuteur extrêmement bien qualifié. Ce que nous demandons, c’est que l’attention de tous les acteurs soit portée particulièrement sur le cadre dans lequel sera exercée la concurrence sur le très haut débit fixe. Le nouvel enjeu aujourd’hui, ce n’est pas seulement le développement du mobile, c’est également le développement de la fibre optique. Il faut donc que les acteurs, le régulateur, les autorités réfléchissent à offrir à la population, aux entreprises un cadre réglementaire, stable, ouvert, transparent comme cela est le cas sur le mobile.

La France se dirige vers une politique étrangère incluant le Maghreb et l’Afrique subsaharienne comme un seul bloc régional. Des entreprises comme Orange sont-elles aujourd’hui intégrées dans cette vision ?
Nous avons très tôt eu l’intuition que le Maghreb et l’Afrique devaient être dans un ensemble commun. Ce qui a changé aujourd’hui pour nous, c’est que le Maroc a pris une place tout à fait particulière dans les relations entre l’Europe et l’Afrique. Le pays agit aujourd’hui comme une passerelle entre les deux continents. La relation entre la France et l’Afrique doit être pensée et renouvelée. Nous pensons que le Maroc, comme la France, sur des sujets aussi importants que les réseaux télécoms, que la transformation digitale, ont beaucoup de choses à faire ensemble.

Est-ce qu’aujourd’hui, au Maroc, la 4G ne peut pas représenter une alternative crédible aux réseaux fixes, contournant ainsi l’obstacle du dégroupage ?
Il est vrai que la technologie 4G, associée à des outils complémentaires, permet un accès internet de belle qualité à une grande majorité des acteurs, mais il faut rappeler que pour un certain nombre d’entreprises, notamment les grandes entreprises, je pense notamment à la future place financière de Casablanca, le volume de données qui sont concernées, la dimension des équipes qui travaillent ensemble, l’importance des échanges avec le monde entier, nécessitent une technologie fibre qui a une capacité plus importante que celle de la 4 G, mais c’est vrai qu’il ne faut pas penser seulement «fibre», il faut encore réfléchir autour de la 4G notamment via des box qui permettent de favoriser un accès de qualité à de nombreuses entreprises, notamment des PME.

Vous proposez de plus en plus d’offres en contenu. Quel est votre plan au Maroc concernant ces produits ?
Historiquement, le métier d’un opérateur télécom consiste à assurer la connectivité, le transport de la voix, puis de la data d’un point à un autre. Sans opérateur, rien ne peut se passer en termes de transformation digitale. À ce métier traditionnel s’ajoutent désormais de nouveaux métiers. Je pense notamment au paiement par mobile. En Afrique, Orange a 30 millions de personnes qui utilisent tous les jours leur mobile pour faire des transferts d’argent, pour payer en magasin, pour envoyer du liquide à la famille. On se rend compte aujourd’hui que la technologie évolue via de nouveaux kits très simples, que ce soit dans le secteur de l’énergie, de l’agriculture ou d’autres…Des applications simples permettent de donner des informations importantes aux agriculteurs, de fournir des recommandations et des conseils sur la gestion de l’énergie ou sur les périodes de récoltes. Nous comptons bien évidemment développer ces produits au Maroc. Une réflexion est notamment menée concernant le mobile banking par exemple. Toutefois, il faut dire que le Maroc dispose aujourd’hui d’un niveau de développement tel que certains de ces usages n’auront pas le même impact que celui qu’il peut avoir dans d’autres pays d’Afrique subsaharienne.

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