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Offshoring : l’APEBI et la FNCAMO amorcent la convention collective

La déclaration pour la convention collective du secteur de l’offshoring a été paraphée, vendredi dernier, par l’APEBI, la FNCAMO et le ministère du Travail et de l’insertion professionnelle. L’ambition est de permettre au secteur de monter en gamme et d’améliorer le scoring du Maroc.

Initialement programmée durant la première journée du Salon international des centres de contacts et d’appels au Maroc (SICCAM), tenue les 8 et 9 juillet, à Agadir, la déclaration pour la convention collective du secteur de l’offshoring a été, finalement, paraphée, vendredi dernier, par l’APEBI, la Fédération nationale des centres d’appel et des métiers de l’offshoring (FNCAMO), syndicat affilié à l’UMT, ainsi que par le ministère du Travail et de l’insertion professionnelle. Cette déclaration marque l’aboutissement de près d’une année de discussions et d’échanges visant à tracer un cadre général de mise en œuvre de la convention collective, mais aussi à acter l’ouverture des négociations entre les parties signataires.


«La (re) valorisation du capital humain de l’offshoring passe par l’amélioration des conditions de travail des salariés de ce secteur. Cette signature de la déclaration d’Agadir constitue un grand pas pour l’atteinte des objectifs d’amélioration des conditions collectives du travail, en respect du droit conventionnel, à travers la conclusion de conventions à cet effet», a affirmé Samira Admi, la directrice du Travail au sein du ministère de l’Emploi qui a exprimé son appui à cette déclaration et aux opérateurs signataires.

Du côté de l’APEBI, la déclaration d’Agadir pour la convention collective de l’offshoring revêt une forte symbolique, car elle permettra au secteur de monter en gamme et d’améliorer le scoring du Maroc.

Plusieurs rounds de négociation
«Au-delà de la question de la réputation pour attirer plus de donneurs d’ordre, cette déclaration permettra d’accompagner l’évolution et les mutations des différents métiers en positionnant le Maroc sur une prestation haut de gamme, à forte valeur ajoutée. Cette montée en gamme ne peut pas se réaliser sans investir dans le capital humain qui en est la pierre angulaire. Ce qui motive l’APEBI, à travers cette ouverture, est la convergence des métiers et leur cohérence, tout en accompagnant les différentes évolutions, en attirant les meilleurs profils vers notre secteur et en limitant la fuite des compétences», insiste Amine Zarrouk, président de l’APEBI.

«Grâce à cette déclaration, nous avons réussi, aujourd’hui, à installer une certaine confiance entre partenaires. Cette déclaration va être suivie par des rounds de négociation pour faire valoir cet accord. Nous restons aussi ouverts à d’autres organisations qui souhaitent s’associer avec nous dans ce cadre conventionnel, dans l’intérêt de l’offshoring et de son attractivité sur le plan de la paix sociale», renchérit de son côté Ayoub Saoud, secrétaire général de la FNCAMO.

La convention collective fait grincer des dents
En réaction à la signature de cette déclaration relative à la convention collective de l’offshoring, par l’APEBI, la FNCAMO et le ministère du Travail et de l’insertion professionnelle, la Fédération marocaine de l’externalisation des services (FMES, anciennenment AMRC) a réagi à notre précédent article en soulignant qu’elle n’en est pas signataire. Selon les représentants des acteurs de la relation clients au Maroc réunis sous la coupole de la FMES, «l’APEBI ne représente aucun centre d’appels du Maroc». La FMES grince des dents vis-à-vis de la signature de cette convention, estimant «qu’elle représente plus de 80% des emplois du secteur de l’offshoring», exception faite de l’ITO. Toutefois, ce découpage en écosystèmes n’est pas figé dans le temps, selon l’APEBI, puisque l’ensemble des métiers de l’offshoring convergent vers le même objectif.

Le détail du CA à l’export
Sur le terrain, le secteur de l’offshoring est constitué de cinq écosystèmes industriels, en l’occurrence, le CRM (la gestion de la relation client), l’ITO (l’externalisation des métiers liés aux technologies de l’information), le BPO (l’externalisation des processus de gestion), l’ESO (l’externalisation des activités d’ingénierie et de R&D) et le KPO (l’externalisation et l’analyse de données sectorielles). Les cinq secteurs ont généré, selon les chiffres de l’Office des changes, l’équivalent de plus de 13,5 MMDH de chiffre d’affaires (CA) à l’export en 2020, contre 14,1 MMDH en 2019.

Concernant l’évolution du secteur de l’offshoring durant les deux dernières années, on relève que les recettes sont principalement générées par le CRM à hauteur de plus de 7,9 MMDH de CA en 2020 et de 8,2 MMDH en 2019 et l’ITO avec un CA de l’ordre de 3,6 MMDH en 2020 et 3,7 MMDH en 2019. Ils sont suivis par l’écosystème du BPO (plus d’1,59 MMDH en 2020 et 1,52 en 2019), l’ESO (313 MDH en 2020 et 635 en 2019) et enfin le KPO (5 MDH en 2020 et 4 MDH en 2019).

Yassine Saber / Les Inspirations Éco

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