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Mines : un plan décennal pour renforcer la souveraineté nationale

Le plan privilégie les retombées régionales de l’activité minière ainsi que le soutien au secteur industriel.

Le nouveau modèle compétitif du secteur des mines a été finalisé dans l’optique de sa mise en œuvre dès l’entame du prochain mandat. Le Plan Maroc Mines 2021-2030 (PMM), qui a été dévoilé par le département de tutelle le 7 septembre, devra instaurer des mécanismes adaptés en vue de la relance du secteur. Lesquels seront articulés, essentiellement, autour de «la nécessité de découvrir de nouveaux gisements ainsi que l’optimisation de la valeur ajoutée des substances minérales exploitées», indique la nouvelle feuille de route décennale, arrêtée à cet effet. Plusieurs enjeux ont été dévoilés par le PMM avec, pour finalité, de permettre de faire face «à la conjoncture internationale et à l’évolution des cours des métaux et des matières première».


Une série de piliers stratégiques
Le plan, nouvellement élaboré, s’attelle à impulser une nouvelle dynamique au secteur. Il se présente sous forme d’actualisation de la stratégie de développement du secteur minier national pour la période 2013-2025. Il vise, principalement, à «rehausser les performances de l’activité minière, avec des retombées bénéfiques escomptées, aussi bien sur le plan économique que social, tout en répondant aux enjeux intrinsèques auxquels ce secteur doit faire face», notamment en termes de développement durable ainsi que d’exigences sociales et environnementales». Le PMM, qui a capitalisé sur les acquis accomplis dans le cadre de la stratégie 2013-2025, a «apporté les ajustements nécessaires et appropriés, et ce, en tenant compte tant des impératifs conjoncturels que de la convergence des intérêts des différentes parties prenantes», expliquent ses concepteurs. Ce nouveau modèle compétitif est bâti sur quatre piliers stratégiques qui portent, successivement, sur «le développement d’un tissu d’acteurs compétitifs, la refonte de l’organisation institutionnelle du secteur, le renforcement de son impact social et de son caractère responsable et durable ainsi que l’adaptation du cadre législatif des moyens financiers et fiscaux aux nouvelles ambitions du secteur minier». Lesdits piliers sont déclinés en 21 axes de développement, traduits en 58 leviers et 127 actions, lesquelles visent à en garantir le caractère opérationnel et à en assurer l’implémentation sur les dix prochaines années. Les principaux objectifs résident dans la refonte de l’organisation institutionnelle du secteur ainsi que dans «une amélioration de son positionnement en tant que pourvoyeur d’emplois. Il s’agit aussi d’identifier les chantiers structurants impactant son développement».

Pour le volet des mesures d’accompagnement, l’implémentation du PMM devra bénéficier de l’apport de l’ONHYM, en matière de recherche et d’exploitation à l’échelle nationale, en privilégiant les minerais stratégiques et en renforçant l’infrastructure géo-scientifique. La création d’un laboratoire national minier est, également, projetée en tant que mesure d’accompagnement vitale pour la mise en œuvre du PMM. À souligner aussi que l’État compte procéder à la création d’un Fonds de développement minier et à la refonte des modalités du rôle «d’encadrement de ces opérateurs dans le développement local, avec l’instauration de la redevance minière en tant que mesure de support pour l’activation des chantiers prévus par le nouveau plan national. 

Cadence accélérée

Si l’impact économique de la pandémie a obligé l’Exécutif à accélérer le processus de mise en place du Plan minier du pays, plusieurs révisions légales et réglementaires sont, également, projetées. Il s’agira d’un dispositif administratif, de nouvelle génération, visant à instaurer des mécanismes qui permettront aux investissements réalisés d’avoir un impact effectif au niveau local. À noter que le volet social, relatif aux travailleurs exerçant dans ce secteur, focalise particulièrement l’attention. Le projet de réforme du statut des salariés des entreprises minières a été remis au Secrétariat général du gouvernement (SGG) avec, comme objectif, l’établissement «d’un cadre légal social de l’industrie minière qui respecte les conditions du travail décent», insiste la feuille de route de l’Exécutif. Toute demande de licence d’exploitation d’une mine doit être impérativement accompagnée d’une étude d’impact et d’une présentation détaillée sur l’acceptabilité environnementale, englobant l’exploitation des cavités ainsi que celle des haldes et terrils. Plusieurs études seront, quant elles, entièrement bouclées. Il s’agit, essentiellement, de l’évaluation de l’impact de la pollution minière sur la qualité de l’eau, et de celle destinée à établir un plan d’action relatif à la valorisation des déchets miniers.

Younes Bennajah / Les Inspirations ÉCO

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