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Le signal d’alarme des petits Etats insulaires

Les petits Etats insulaires en développement sont particulièrement vulnérables aux chocs et impacts négatifs des changements climatiques sur lesquels ils n’ont aucune prise. Ils ont réussi au cours des dernières années à attirer l’attention de la communauté internationale sur leur cause.


Les représentants des petits Etats insulaires en développement ont lancé un cri d’alarme lors de la COP21. Ils sont parvenus à faire entendre leur voix sur les risques climatiques dont ils souffrent : montée du niveau de la mer,  réchauffement de la surface de la mer, risque de l’augmentation de la fréquence et  de l’intensité des évènements climatiques  tels que les ouragans, les tempêtes et les inondations. Selon  un rapport de la commission de l’océan indien, la montée de la mer risque d’entrainer la disparition de plusieurs îles. «Dans l’océan Indien, les Maldives, les Chagos, certaines îles des Seychelles ou encore St Brandon sont les premières concernées», précise-t-on. Le changement climatique cause aussi le réchauffement des océans ainsi que l’acidification des mers à cause de l’augmentation des émissions des gaz à effet de serre.

Les impacts négatifs touchent aussi bien la faune que la flore. A titre d’exemple, les conséquences sur les coraux sont dramatiques. Dans l’océan Indien, c’est plus de la moitié des récifs coralliens qui sont touchés par le blanchiment. La mort des écosystèmes coralliens entraîne une baisse de l’attractivité touristique, une diminution de la vie sous-marine et, donc, de poissons à pêcher. En plus, les récifs abîmés ne sont plus en mesure de jouer leur rôle de barrière naturelle contre les fortes vagues ;  ce qui rend encore plus vulnérables les populations côtières, note la commission de l’océan indien. L’ensemble des PEID figure parmi les 35 points chauds de la biodiversité mondiale. Ainsi, les ressources et les populations sont menacées.  A cela s’ajoute la raréfaction de l’eau qui  est souvent concentrée dans une petite nappe fine souterraine très fragile. Une augmentation du niveau de la mer et une mauvaise utilisation des sols peut entraîner la dégradation de cette maigre ressource en eau.

Selon le rapport 2013 de la Stratégie internationale de prévention de catastrophes naturelles des Nations Unies (UNISDR), les PEID sont sept fois plus exposés et vulnérables aux risques de catastrophes naturelles que n’importe quel autre pays. Les conséquences économiques sont néfastes. Sur les 30 dernières années, dans les 5 Etats membres de la commission de l’océan indien, les dégâts causés directement par des catastrophes naturelles représentent près de 2,8 milliards de dollars. Isolés, ces pays ne disposent pas d’une grande capacité d’adaptation aux changements climatiques. En effet, leurs infrastructures  et réseaux de communication sont très vulnérables. Les petits Etats insulaires n’ont pas les moyens financiers et humains de relever seuls les défis du développement durable. Certes, la plupart de ces pays se dotent des moyens et d’organismes pour affronter le changement climatique. Mais, force est de constater que leur isolement géographique ainsi que les faibles possibilités d’économies d’échelle rendent leur mission on ne peut plus difficile. Depuis des années, la communauté internationale affiche son engagement en faveur de ces Etats qui plaident pour un soutien mondial. Ils considèrent l’Accord de Paris comme crucial pour  leur survie. D’ailleurs, nombre d’entre eux ont été les premiers à le signer.

Pays géographiquement isolés
Les petits États insulaires en développement constituent un groupe de pays de petite taille regroupés au sein l’Alliance internationale des Etats insulaires. Ce sont des pays  géographiquement isolés et fortement exposés aux chocs climatiques. Ces pays  sont situés au niveau de la mer et  présentent des défis semblables au niveau du développement durable. Les PEID ont été reconnus comme un groupe à part de pays en développement en juin 1992, lors de la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement. En 1994, le Barbados Programme of Action (en) est lancé afin d’aider les PEID dans leur développement. 

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