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Industrie. Sale temps pour la manufacture et la construction

Les temps sont durs pour les entreprises opérant dans les secteurs des industries manufacturières et de la construction. En revanche, les signaux de la production auraient plutôt tendance à demeurer au vert dans l’industrie extractive, environnementale et énergétique. C’est ce qui ressort d’une note de conjoncture réalisée par le HCP portant sur l’évolution de l’activité au cours du troisième trimestre 2020 et les anticipations pour le dernier trimestre.

Les chefs d’entreprises opérant dans les secteurs des industries manufacturières et de la construction broient du noir.


C’est là l’un des principaux enseignements d’une note du Haut-commissariat au plan (HCP) qui vient d’être rendue publique. Portant sur l’évolution de l’activité au cours du troisième trimestre 2020 et les anticipations pour le dernier trimestre, le document renseigne sur l’estimation de la production par secteur, selon les appréciations des chefs d’entreprises. Ainsi, d’après les avis recueillis par le HCP, la production de l’industrie manufacturière aurait connu une baisse au cours du troisième trimestre.

C’est le résultat d’une diminution de la production dans les branches des «Industries alimentaires», de la «Fabrication d’équipements électriques» et de la «Fabrication de textiles», ainsi que d’une augmentation de la production dans les branches de la «Fabrication d’autres produits minéraux non métalliques» et de la «Fabrication de boissons». Dans la foulée, les carnets de commandes du secteur sont jugés d’un niveau inférieur à la normale par les chefs d’entreprises. Globalement, souligne le document, le taux d’utilisation des capacités de production (TUC) dans l’industrie manufacturière se serait établi à 76%.

L’autre secteur dans le rouge est celui de la construction. L’activité y aurait également connu une baisse. Une tendance imputable, d’une part, à la diminution de l’activité dans les branches des «Travaux de construction spécialisés» et du «Génie civil» et, d’autre part, à la hausse d’activité dans la branche de la «Construction de bâtiments». Résultat, les carnets de commandes dans la construction se seraient situés à un niveau inférieur à la normale et l’emploi aurait connu une baisse. Dans ces conditions, le TUC dans le secteur de la construction se serait établi à 62%.

Des signaux au vert contrairement aux deux secteurs sus-cités, les signaux de la production auraient plutôt tendance à demeurer au vert dans l’industrie extractive, environnementale et énergétique. Pour ce qui est de la production de l’industrie extractive, son «dynamisme» serait dû à une augmentation de la production d’«autres industries extractives», occasionnant un maintien de la commande à un niveau normal, même si l’emploi, qui aurait connu une diminution, n’a pas suivi.

Quant à la production de l’industrie énergétique, elle aurait connu une hausse due principalement à une augmentation de la «Production et distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné». S’agissant des carnets de commandes, ils sont jugés d’un niveau normal.

L’emploi, quant à lui, aurait connu une diminution. Dans ces conditions, le TUC dans l’industrie énergétique se serait établi à 92%. Pour la production de l’industrie environnementale, elle aurait enregistré une augmentation imputable à une hausse de l’activité du «captage, traitement et distribution d’eau». En ce qui concerne les carnets de commandes de ce secteur, ils se seraient établis à un niveau normal, et l’emploi aurait connu une augmentation. Dans ces conditions, le TUC dans l’industrie environnementale se serait établi à 76%.

Des perspectives mitigées dans le chapitre de la prévision de la production par secteur, selon les anticipations des chefs d’entreprises pour le quatrième trimestre 2020, le Haut-commissariat au plan souligne que les entreprises de l’industrie manufacturière s’attendent à une légère augmentation de leur production.

Ces anticipations seraient attribuables, d’une part, à une hausse de l’activité de la «Fabrication d’autres produits minéraux non métalliques» et de l’«Industrie chimique» et, d’autre part, à une diminution de la «Fabrication de produits en caoutchouc et en plastique» et des «industries alimentaires».

Concernant les anticipations de l’emploi, les industriels prévoient globalement une stabilité des effectifs employés. S’agissant de l’industrie extractive, les entreprises de ce secteur prévoient une hausse de leur production. Cette évolution serait imputable principalement à une augmentation de la production des phosphates. Au niveau des effectifs employés, les patrons de ce secteur prévoient une diminution.

La production énergétique attendue pour le dernier trimestre 2020 connaîtrait une diminution attribuable à une baisse de la «Production et distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné».

Pour ce qui est de l’emploi, il connaîtrait également une diminution, renseigne la même source. Selon cette dernière, pour le même trimestre, les entreprises de l’industrie environnementale anticipent une augmentation de la production, notamment dans les activités de «Captage, traitement et distribution d’eau», et une stabilité des effectifs employés. Enfin, dans le secteur de la construction, les anticipations avancées pour le quatrième trimestre 2020 font globalement ressortir une légère diminution de l’activité.

Cette évolution résulterait, d’une part, de la baisse d’activité prévue au niveau des branches des «Travaux de construction spécialisés» et du «Génie civil» et, d’autre part, de la hausse d’activité attendue dans la branche de la «Construction de bâtiments». La baisse dans le secteur de la construction s’accompagnerait d’une baisse des effectifs employés. 

Khadim Mbaye / Les Inspirations Éco

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