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Fret aérien : Le chantier du repositionnement est lancé

Une convention de partenariat pour la promotion du fret aérien au Maroc sur la période 2016-2020 a été signée par le ministère de l’Équipement, du transport et de la logistique, l’ONDA, la CGEM, l’AMDL et la RAM.


L’impératif de développer les activités relatives au fret aérien national fait consensus. Preuve en est qu’une convention a été signée, lundi 23 mai à Rabat, par le ministère de l’Équipement, du transport et de la logistique, l’Office national des aéroports (ONDA), la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), la Fédération du transport-CGEM, l’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL), l’Administration des douanes et impôts indirects et la Royal Air Maroc (RAM). Cette convention, couvrant la période 2016-2020, vise à repositionner le secteur du transport aérien, comme l’a expliqué le ministre de tutelle, Aziz Rabbah lors de son allocution.

Le ministre a souligné qu’«il est nécessaire de développer le transport aérien dans sa globalité à travers une approche qui assure la convergence entre les politiques et les plans sectoriels concernés par ce domaine et l’incitation du secteur privé à intégrer la dynamique que connaît le Maroc». Le ministre a également insisté sur le fait que le Maroc dispose aujourd’hui d’une stratégie et d’une batterie de programmes relatifs à la logistique, visant à développer les bases de ce secteur, et a rappelé le lancement d’une étude portant sur l’élaboration d’une plateforme aérienne pour les aéroports d’embarquement.

Cette plateforme est susceptible de faire du Maroc un hub commercial africain et régional. Le directeur général de la Direction des douanes et des impôts indirects, Zouhair Chorfi, a considéré que le fret s’inscrivait dans une problématique globale liée à la facilitation des échanges commerciaux, qui, eux, offrent de nouvelles opportunités de croissance économique et de capacité de génération de postes d’emploi, ainsi qu’en termes d’accompagnement des opérateurs économiques investis dans le secteur.  Par ailleurs, Salaheddine Kadmiri, vice-président de la CGEM, a noté, pour sa part, que l’accent devait désormais être mis sur l’activité cargo, dont l’accompagnement est appelé à tenir compte de ses spécificités afin de répondre à une demande croissante émanant principalement de secteurs à haute valeur ajoutée.

Il a regretté le faible niveau d’échanges réalisés par le Maroc en 2015, soit 0,1% comparativement à la moyenne mondiale (qui est de 2%), pour 6% de valeur à peine contre 35% mondialement. Selon lui, le royaume a le potentiel de faire beaucoup mieux. Pour ce faire, la CGEM recommande de faire en sorte que le fret soit intégré dans la globalité des processus d’importation/exportation, ce qui implique la multi-modalité du transport de marchandises. De plus, la stratégie pour le développement de l’aviation civile au Maroc a accordé un intérêt particulier au développement de l’activité du fret aérien, en fixant comme objectif stratégique quantitatif les 100.000 tonnes en volume à l’horizon 2020 et 182.000 à l’horizon 2035. Une analyse partagée par le directeur général de l’ONDA, Zouhair Mohamed El Aoufir, qui a indiqué que le mode de transport de marchandises était appelé, selon les prévisions internationales, à croître du plus du double à l’horizon 2035.

Toute une dynamique !
Dans l’hypothèse d’une croissance économique soutenue, le développement du fret aérien au Maroc constitue un élément important d’amélioration de la compétitivité. Zouhair Mohamed El Aoufir en veut pour preuve les évolutions remarquables réalisées par l’activité du fret depuis 2013. Il s’agit de hausses, en 2015, de +18,7% en volume, grâce notamment à une dynamique accrue des transporteurs aériens. «L’aéroport de Casablanca, qui a affiché une croissance de +20,7% en 2015 et de +12% sur les quatre premiers mois de 2016, a traité 90% du volume du fret aérien», a-t-il révélé, ajoutant que 75% du fret aérien national était réalisé sur les avions qui transportent des passagers, contre 25% seulement réalisés sur des vols cargos.

Sur la base d’une analyse réalisée par le Centre de compétitivité économique, quatre aéroports ont été identifiés en tant que plateformes prioritaires présentant un fort potentiel de croissance pour le développement du fret au Maroc. Par conséquent, il est prévu de créer quatre pôles de fret aérien : le pôle de la zone centre, situé à l’aéroport de Casablanca Mohammed V en complémentarité avec l’aéroport de Rabat, le pôle de la zone nord, situé à l’aéroport de Tanger, le pôle de la zone sud, à l’aéroport d’Agadir ainsi que le pôle de la zone de l’Oriental, à l’aéroport d’Oujda. Ce plan est évalué à près de 430 MDH d’investissements à court terme, et à 440 MDH à moyen et long termes, pour un investissement global prévisionnel de 870 MDH. 

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